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LE ROI EST OBLIGÉ DE SIGNER LA PAIX

Jean III dut combattre encore deux ans contre les Tartares et les Turcs; il reprit Cliocim qu'ils avaient occupé de nouveau durant l'interrègne, mit en fuite Ibrahim qui assiégeait Léopole (Lemberg) et refoula les Musulmans au delà du Dnieper, du Pruth et du Danube. Enfin, cédant aux vœux populaires, il consentit à être couronné avec la reine sa femme, le 2 février 1676.

Le 26 septembre, Cybo, annonçant à Mgr Martel li à Varsovie l'élection d'Innocent, lui dit que le nouveau pape fera tous ses efforts pour obtenir la tranquillité publique, mais que ses pensées tendront aussi à venir en aide à la Pologne: ce boulevard de la chrétienté, pourra être secouru par les princes réconciliés à Nimègue.

Mais le roi Jean ressentit bientôt les effets de la discorde et des jalousies qui existaient entre les partis de la Pologne. L'armée parut l'abandonner, et les Lithuaniens firent défection devant les Turcs en Ukraine; de plus, on n'appliqua pas entièrement les décrets sur la conscription militaire, si bien que, malgré des faits d'armes d'un grand héroïsme, il dut accepter, le 17 octobre 1676, la paix de Zuranow par laquelle la Pologne ne conservait que deux tiers del'Ukraine^ l'autre tiers étant laissé aux Cosaques, qui vivaient sous le joug ottoman. . . Une ambassade polonaise devait se rendre à Constantinople et la ratification avoir lieu dans le délai d'un an (1).

(1) Le 10 octobre, Cybo avait écrit à Martelli: le pape ayant appris que le roi prête l'oreille à la proposition d'un traité de paix avec le Turc, bien que Ton espérait qu'il y aurait renoncé, à la suite de l'élection de S. S., V. S. Ill.me doit bien se renseigner s'il est vrai que le roi est disposé à la paix, car S. S. entend qu'en ce cas V. S. garde les 50,000 ducats envoyés dernièrement pour continuer la guerre; et lorsqu'elle se sera assurée

La correspondaDce d'Innocent avec ses nonces à Varsovie et à Vienne nons montre l'irritation du pape à propos de cette paix, et ses efforts pour en empêcher Ja ratification. Le 28 octobre 1676, Martelli informe Cybo que la reine, dans les lettres de sa main à l'arclievêque de Gnesen et à d'autres sénateurs, qualifie cette paix d'heureuse. Et le nonce ajoute, qu'on attend le détail des articles touchant la Podolie et de ceux où il est stipulé que la Pologne doit soumettre tout ce qui concerne les relations avec les ffuissances à l'approbation de la Porte; on désire également savoir quelle est la partie de l'Ukraine qui reste au roi et en quoi consiste l'alliance des Tartares et des Tures avec la République. La clause, prétend Martelli, qui se trouverait dans le traité, de s'aider réciproquement n'est jamais oubliée par les Turcs dans les traités qu'ils signent. Sur cette paix on tient ici, continue-t-il. difïerents commentaires: on dit que le roi ayant toujours eu des relations avec les Tartares, espère, avec leur aide, battre les Moscovites, lorsqu'en 1680 expirera la trêve qu'ils ont signée avec la Pologne, parce qu'ils n'ont pas secouru la République; du reste, la Pologne en concluant la paix avec la Porte, a déjà violé cette tiève. .. On a dit encore que les Suédois se tourneront également contre la Moscovie, car ils sont jaloux de ce qu'elle possède la Livonie. Il y a aussi les soldats qui n'ont pu recevoir une partie de

qu'on veut la paix, malgré ses conseils, elle ne devra pas se laisser soutirer cette somme; et le cardinal l'engage à agir avec prudence. Et, le même jour, il ajoute qu'une grande partie de l'argent envoyé par N. S., de sa fortune personnelle, doit déjà être arrivée et que le restant ne tardera pas. S. S. désire qu'il soit employé utilement, et reste un peu inquiète après ce qu'on a dit de la manière qu'a été employé celui envoyé par Clément X. Mais, le 8 novembre, il ajoute que du moment que l'argent ne sera plus employé pour la guerre, il restera à disposition à Vienne.

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