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LES CONDITIONS DE LA PAIX

leur solde, la Hépuhliqiie n'étant pas en mesure de les payer et il est probable qu'on les laissera tenter un coup de main sur le Brandebourg-, ou marcher au secours des révoltés hongrois... Il peut se faire, que tous ces racontars n'émanent que des gens qui ne sont pas contents de voir le roi lié avec les Français, car il ne communique pas avec ses conseillers sans avoir près de lui l'ambassadeur de France. «Je répète tout cela, parce que, dit-il, c'est mon devoir de renseigner; toutefois, ce soir, sont arrivées d'autres nouvelles de l'armée qui montrent combien la paix est plus désavantageuse pour la Pologne que ce qu'on dit, car il pal'aît que toute la Podolie est perdue. . . Les articles continuent à demeurer secrets; et l'on aurait été forcé de conclure la paix » (1).

Mais le 13 janvier 1677, Martelli lui annonce que le roi^ parlant de la paix signée avec les Turcs, lui a dit qu'il a toujours en main des raisons pour rompre la paix, même après l'avoir ratifiée. « S. M. me charge d'en informer Y. Em. en l'avertissant qu'il faut garder un secret scrupuleux. Et le 17, il ajoute que, quoique S. M. dise qu'elle veut la guerre contre

(1) Mais Cybo, le 23, avait déjà écrit à Martelli : « Durant la guerre de la Pologne contre les Turcs, la Moscovie resta simple spectatrice, d'où il arriva que, après la conclusion de* la paix, les Turcs se tournèrent contre la Moscovie et la tinrent serrée comme dans un étau. Si les Polonais se contentent d'observer les pertes des Moscovites sans leur venir en aide, ils peuvent s'attendre au même sort, car le Turc défait un à un ceux qui, unis, pourraient le défaire... V. S. Ill.me pourra, suivant l'opportunité insinuer cela au roi et à quelque sage sénateur, comme venant d'elle-même et sous forme de conversation plutôt que de conseil. » Et le 28 novembre il mande : « quoique le pape soit persuadé de la nécessité en ce moment de faire la paix, il espère que rien ne viendra altérer les rapports entre la Pologne et l'empire ; et il engage le nonce à veiller à ce que cette entente se fasse. »

]es Turcs, les bruits contraires et les jalousies ne cessent pas. Ainsi, il en est qui affirment qu'on veut plutôt, poussés par les intrigues françaises, marcher contre le Brandebourg et €e soupçon agite les esprits, les divise, et partage la République en factions.» Et le 20 février, Cybo lui répond que le pape a été satisfait d'entendre les déclarations du roi à propos de la guerre et de ses sentiments envers S. S., qui fera son possible pour l'aider. Et, le même jour, il ajoute que N. S. ne croit pas que l'empereur veuille exciter les Moscovites à inquiéter les Cosaques de l'Ukraine afin qu'ils s'unissent à eux contre la Pologne. « V. S. doit dissiper tout soupçon à ce sujet. »

■ Alors qu'il n'était encore que cardinal. Innocent avait envoyé en Pologne 50,000 écus; il fut nommé protecteur de la nation polonaise. Dès son élévation au trône pontifical, il y envoya une égale somme prise sur sa fortune personnelle. Une de ses premières préoccupations, ainsi qu'on le verra dans sa correspondance avec le gouvernement espagnol, fut d'obtenir pour la Pologne la levée des Dîmes sur le clergé des possessions espagnoles en Italie (1), ce qu'avait déjà demandé son prédécesseur.

La Pologne voulut montrer sans retard à Innocent XI sa reconnaissance.

(1) Et, le 31 octobre 1676, il avait écrit à Bonvisi nonce à Vienne pour l'approuver de ce qu'il avait dit à l'empereur au sujet des Dîmes dans les possessions du roi d'Espagne en Italie, « Dîmes qui ont été accordées par Alexandre VII pour la guerre de Hongrie, espérant que cette conversation portera des fruits pour les intérêts de S. M. Ces. Il l'engage aussi à faire connaître à l'empereur la sollicitude paternelle dont est animé S. S. pour la sûreté et le bonheur de l'Allemagne et de la Pologne. N. S. a contribué à les secourir avec une munificence généreuse non seulement avant son élection au pontificat, mais bien plus encore dans les

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