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TÉMOIGNAGES DE RECONNAISSANCE AU PAPE

Le 16 jarivier 1677, Cybo écrit à Martelli qu'on lit dans l'extrait des Instructions royales pour la Diète du royaume: «la gcDéreuse disposition de S. M. à donner quelque témoignage mémorable de reconnaissance envers S. S. pour la paternelle affection montrée envers le roi, fait craindre au pape que cette manifestation puisse occasionner des dépenses, et cela lui déplairait beaucoup; et il veut que V. S. veille attentivement à ce qu'on pense faire, et si elle voit que la chose puisse être une occasion de dépenses pour le royaume, Y. S. doit faire en sorte de l'empêcher, à moins qu'il ne s'agisse d'envoyer à Rome un prélat ou une autre personne pour l'obédience, N. S. toutefois apprécie plus le désir de l'honorer que l'honneur lui-même. »

Le 20 mars, Cybo répète que le pape agrée volontiers l'envoi à Rome d'une ambassade, d'autant plus que depuis longtemps la nation polonaise n'en a pas envoyé ; mais il lui rappelle qu'il a reçu l'ordre de veiller à ce que les manifestations n'occasionnent pas de dépenses, et que, facilitant la dite mission, il démontrera qu'il n'est ni nécessaire, ni convenable si un évêque ou un prélat vient à Rome, comme ambassadeur, qu'il ait à s'engager dans une forte dépense et fasse grand luxe par sa suite et son train de maison, car S. S. en toutes choses donne l'exemple de la simplicité.

Et le nonce lui répond:

Di Varsavia 21 aprile 1677 (Dec.^^ 19 maggio).

Sperando il Re che Sabbato passato si potesse terminare la Dieta, tenne il venerdi antécédente discorso con alcuni Senatori

premiers moments de son règne, car, bien qu'il ait trouvé le trésor apostolique entièrement épuisé, le pape a voulu prélever 50,000 ducats sur sa propre fortune patrimoniale pour les envoyer de suite en Pologne, comme il le fit par une remise à Mgr Martelli, ofîrant en même temps une somme plus considérable que l'on pouvait obtenir du trésor. »

circa il modo di dare qualche publica testimonianza dell'ossequio e gratitudine dovuta a Nostro Signore conforme fu proposto nel princii^io délia Dieta. L'istesso giorno di venerdi fu da me per altri aifari l'Abbate Vituischi, e mi significo quello si era trattato in questo particolare accennandomi che me n'havrebbe parlato anche Mons. Vescovo di Cracovia, corne segui Domenica, et hier mattina fu anche da me il Grran Tesoriere del E-egno, il quale dopo altre materie, entrô parimente a parlarmi del medesimo affare. Sono stati uniformi li discorsi di tutti, dicendo, che si pensava all'ambasciata d'obbedienza, ma che ricercando questa gran spesa, non corrispondevano le facoltà nelle presenti angustie del Regno, onde era stato proposto, non potendo fare maggiori dimostrazioni, di dare la Nobiltà et l'indigenato di Polonia alla Casa di Sua Santità coll'esempio délia Republica di Venetia. Questi discorsi mi diedero opportunamente la congiuntura di suggerire che mandandosi Ambasciatore qualche Pi'elato non sarebbe stato necessario anzi ne meno conveniente che facesse la funtione con molta spesa, ne con lusse aborrito da Nostro Signore il quale dimostra in tanti modi il suo desiderio che in cotesta Corte e particolarmente negli Ecclesiastici risplenda la frugalità, e l'humiltà. Et aggiunsi doversi considerare che assai più d'ogni altra dimostratione sarebbe gradito da Sua Santità quel rispetto che si rendesse alla Santità 8ua corne Vicario di Christo, e taie appunto essere propriamente Tatto di obbedienza solita prestarsi al Sommo Pontefice da Principi e Nationi Cattoliche. Mi è parso che questi Signori abbiano fatta riflessione al modo di render più moderata e più pratticabile la spesa colla missione di un Prelato, e sento che anche il Re vi habbia dato orecchie, ma fin hora non so che sia stata fatta alcuna deliberatione. Non ho lasciato anche di rappresentare che già sono passati quattro Pontificati ne quali la Polonia non ha mandata taie Ambasceria d'obbedienza dopo un corso di tanti anni, e tutti hanno mostrato buona dispositione.

Et le 2S, il écrit encore que l'archevêque de Gnesen lui confia qu'il pense s'offrir au roi pour l'ambassade ; que même lui en ayant dit un mot, S. M. en a été contente; que Monseigneur voudrait savoir si sa personne est agréée par le pape,

l'ambassade d'obédience 417

ajoutant que, quoique sa cliarg-e lui défendit de sortir du royaume et qu'il n'irait en réalité nulle part, mais seulement chez le pape qui est sou prince spirituel. Il cite même l'exemple d'un de &es prédécesseurs qui se rendit à Rome auprès de Léon X. « Je ne sais pas la raison pour laquelle on veut savoir la volonté du pape — peut-être est-ce à cause du procès de l'Abbaye d'Andreovia. — Le prélat ajouta qu'il pensait déjà aller à Rome d'une manière privée, mais qu'à présent il espère faire cette ambassade d'autant plus qu'il sait que S. S. a horreur du luxe... On dit que, pour cette mission, le trésor donnera de 5 à 6 mille ungheri et, pour le reste, l'envoyé doit se servir de sa propre fortune. »

Le 19 mai, Martelli annonce à Cybo que le roi lui a parlé aussi de l'ambassade d'obédience à Rome et qu'on n'avait pas encore décidé entre le choix de Mgr de Gnesen et du duc de Radziwill (1). « J'ai affecté l'indifférence, l'un aussi bien que l'autre étant agréé par N. S. » Le 22, Cybo lui écrit: « On dit qu'on a choisi l'évêque de Premisilia comme ambassadeur et S. S. attendra son arrivée en son temps. Si cependant le roi et la Diète croient bon d'accorder à Don Livio, neveu du pape, Vindigénat polonais comme on l'appelle, que V, S. ne s'y oppose pas, mais laisse plutôt prévoir l'agrément de S. B. ». Et, le 29, il lui répond que N. S. s'est bien étonné du bruit d'après lequel il n'aurait pas agréé comme ambassadeur l'archevêque de Gnesen, un des évêques les plus distingués de la Pologne. S. S. le verra volontiers t lui fera rendre les honneurs comme il convient à sa pe. • "lie et à celui dont il sera le représentant. Plus la dépense sera modeste, plus cela conviendra au caractère

(1) Un avis du 2, de Varsovie, disait que Radziwill se préparait à i»artir pour l'Italie pour se rendre aux bains de Padoue et ensuite à Lorette avec toute probabilité de passer l'automne à Rome et à Naples.

d'un ecclésiastique et à la fortune actuelle de la Pologne. * V. S. doit pnrler de manière qu'on ne puisse pas croire que S. S. désire cette ambassade, si, non en ce sens: qu'elle est un hommage au Saint-Siège et que depuis plus de 40 ans on n'en a plus envoyé». Le 26 juin, le nonce lui répond qu'il n'est pas possible que l'évêque de Premisilia soit choisi et qu'il paraît plutôt que l'archevêque de Gnesen est le personnage préféré, mais que rien n'est encore décidé parce qu'on croit qu'il veut obtenir d'abord des grâces du roi et des secours du trésor. Pour ce qui touche à la concession de l'indigénat polonais à Don Livio, lorsqu'on en a parlé il fe'est borné à ce qu'il a écrit, et, comme le roi s'est décidé pour l'ambassade d'obédience, on n'en a plus parlé. Il doit pourtant ajouter que, en d'autres temps, c'était une concession de valeur, mais par suite des abus que l'on en a fait, il est mieux qu'il n'en soit plus question.

Le 3 septembre, Martelli annonce: «que les domestiques de Radziwill écrivent que, avant son départ, il s'est excusé auprès du roi de ne pas pouvoir accepter l'ambassade. On dit la même chose de Mgr de Gnesen, qui se trouve à Dantzig malade de fièvre tierce. Quelques palatins désapprouvent le Primat de ce qu'il sorte du royaume, et on prétend aussi que des amis lui ont écrit de Rome, que l'ambassade coûtera beaucoup. Les partisans de l'évêque de Marseille (1) sont jaloux, comme si le Primat cherchait à obtenir

(1) Ce prélat, qui devint ensuite évêque de Beauvais, ne put jamais obtenir la bienveillance du pape ni celle de l'empereur Léopold, surtout à cause de sa campagne trop française en Pologne et en même temps favorable aux Turcs. Cependant Louis XIV et Sobieski lui-même, peut-être pour plaire au parti français, demandèrent souvent pour lui à Innocent le chapeau de cardinal, mais Cybo répondait toujours d'une manière évasive. Ainsi, entre autres, le 18 février 1679, il répondit à Martelli : « Quant aux

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le chapeau de cardinal». Et le 15, il lui aunonce la mort de rarclievêque.

, Le 9 octobre, Cybo lui répond que la mort de l'archevêque de Gnesen doit être considérée comme l'effet de la providence divine, car il ava^t encouru les censures de l'Eglise — bien qu'elles n'aient pas été publiées — pour violation de l'immunité ecclésiastique et manque de respect envers l'autorité pontificale, dans l'afïaire de l'Abbaye de Cronorna et d'Andreovia (1). Y. S. 111. me ne doit pas manquer d'émettre à l'occasion ces réflexions, d'autant plus qu'il a été dit que le roi veut nommer à cette Abbaye l'évêque de Leopole (Lemberg); il faut avertir celui-ci de la situation dans laquelle il se mettrait en l'acceptant, et Y. S. doit aussi en informer le roi, parce qu'autrement le pape ne saurait par quel moyen atténuer son déplaisir. Quant à l'am.bassade Y. S. ne doit pas en souffler mot; et, si on lui en parle, elle peut répondre que N. S. d'un côté en rst reconnaissant mais que, de l'autre, il en a du regret à cause des dérangements et de la dépense qu'elle occasionnera à l'envoyé. Dans les affaires publiques et privées, S. S. a toujours eu en vue le bien de la Pologne (2).

propos tenus à la Diète par le vice-chancelier, et sur ce que d'autres ont dit, touchant la proclamation de l'évêque de Marseille au cardinalat. V. S. Ill.me doit éviter d'aborder ce sujet, et en tout cas paraître ignorer la chose. Tout au plus, pourra-t-elle répondre qu'il n'y a pas lieu de se plaindre, attendu que le pape malgré les instances des princes n'a pas encore créé de cardinaux et cela en ayant l'air de ne point tenir compte des invectives du chancelier. » Mgr Forbin Janson ne devint cardinal que sous Alexandre YIII.

(1) Yoir le chapitre: Droits de rJEglise (Pologne).

(2) Le 15 juillet 1679, Cybo loue Martelli de n'avoir pas continué à conseiller la mission de Kadziwill sous la forme d'ambassade d'obédience, car^ tout au moins, on en retirera la recon-

Jean III Sobieski ne fut pas heureux en famille. Yail- Jant capitaine à la guerre, aimant beaucoup la reine, iî se laissa dominer par elle et finit par être yictime de ses intrigues, lesquelles lui rendirent encore plus difficile le gouvernement du royaume.

Il eut, entre autres enfants, deux fils: Jacob, né avant son élection à la Couronne et Alexandre, né depuis à Dantzig. Celui-ci fut baptisé à Jarowa le 15 août 1678, et eut le pape pour parrain et l'impératrice, représentée par la duchessede Radziwill, pour marraine.

La reine Marie Casimire était née en France à Nevers, de Henri de la Grange d'Arquien et de Françoise de la Chastre; devenue veuve de Jean Zamoyski, elle épousa Sobieski lorsqu'il n'était que porte-enseigne de la Couronne. Elle avait deux sœurs, dont une, Marie Louise, épousa le marquis de Béthune qui devint ambassadeur de 1^'rance à Varsovie, et l'autre plus tard fut la femme du vice-chancelier Yielpolsky. Un des deux frères de la reine, le comte de Malligny, se fit naturaliser polonais et alla à Constantinople pour la ratification de la paix.

Marie Casimire fut d'abord d'un grand appui près du roi pour l'influence française, représentée par l'évêque de Marseille, Forbin-Janson, et ensuite par Béthune ; mais bientôt ses sympathies tournèrent d'un autre côté et elle se fit alliée de l'empereur. On a prétendu que ce revirement fat dû en grande partie à des mobiles d'intérêt de famille. La reine avait demandé à Louis XIV le titre de duc pour son père,, le roi répondit qu'il devait d'abord posséder une fortune convenable, ce qu'il ne put avoir parce que la marquise de Béthune réclama sa dot.

naissance due au Saint-Siège, et interrompue depuis tant d'annéespar la nation polonaise.

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