LE PAPE DÉPLORE LA RATIFICATION DE LA PAIX
grois, mais que la paix générale dépendait des résolutions de l'Angleterre, car les demandes des Français sont exorbitantes, à ce que l'on dit, à moins que les Anglais, par la pression de la force, ne réussissent à les faire modérer. L'empereur ajouta aussi qu'il n'y avait pas à espérer une union des Moscovites avec les Polonais, parce que son résident à Constantinople (1) avait envoyé un exprès pour l'aviser que l'ambassadeur de Moscovie à Lublin n'avait pas de pouvoirs. Le 7, dans une lettre à Bonvisi, Cybo déplore qu'entre la Pologne et les Turcs ait été signée une paix si désavantageuse pour les chrétiens. «Dieu veuille, qu'on n'en fasse pas autant avec les Moscovites!» Il charge le nonce de prier l'empereur de prendre bien en considération la situation de la Hongrie, et l'urgence de conclure la paix générale. Et, le 14^ il l'assure que N. S. est satisfait des bonnes dispositions des Moscovites; mais que, toutefois, il n'est pas utile qu'à présent on discute de questions reli-
(1) Un avis du l^r mai, de Constantinople, dit qu'à la suite du bruit qu'on avait fait courir que les Turcs avaient conclu la paix avec les Moscovites, l'ambassadeur de Pologne s'était empressé de signer la paix. A présent on attend la remise des quatre forteresses ... et, après, de nouveau la guerre. L'ambassadeur de Pologne ayant parlé au grand vizir de la restitution du Saint- Sépulcre et de l'Eglise de Bethléem aux catholiques, celui-ci a répondu que les clauses de la paix ayant été rédigées en langue turque et non en langue latine, on devait s'en remettre à Tinterprétation que voulaient lui donner les Turcs, et que ce n'était pas peu de chose qu'ils permissent aux catholiques de séjourner à Jérusalem et d'y faire leurs dévotions. Et il ajouta que puisqu'il y avait deux chiens qui prétendaient ronger ces os, il valait mieux les donner aux chiens de la maison, qui sont les Grecs, qu'aux étrangers, qui sont les catholiques. On affirme que le mépris pour les chrétiens augmente après la paix avec la Pologne, et les offres des Moscovites . . .
gieuses, afin de ne pas donner de soupçons à une nation aussi méfiante (1).
Le 20, Martelli raconte à Cybo que le roi lui ayant dit que le traité avec les Turcs était intolérable, et qu'on ne lui faisait pas les concessions promises, il lui répondit que la protestation qu'il fit jadis contre cette paix au sujet des églises qui iraient sous la domination des Turcs, serait une occasion pour l'invalider; et que «S. M. lui dit à son tour qu'elle avait annexé ma protestation au traité ». Et il lui écrit encore le 20:
Martedi 17 del corrente mi portai a lavarova, et il giorno seguente aile cinque hore doppo rnezzogiorno fui all'Audienza di queste Maestà per rendere aile medesime i miei ossequi doppo il mio arrivo in queste parti : m'accolsero le Maestà loro con straordinarie dimostrazioni di benignità e speditomi dalle audienze vollero le medesime che io vedessi quel loro nobile, e delizioso giardino per il quale mi trattenero tutto quel giorno, e nel principiar délia notte si andô in una stanza vaghissima con fontane, e per la quale scorrono diversi rivi d'acqua, riccamente adobbata con lumière e torcieri d'argento, dove era preparata corne mi dissero le Maestà loro un poca di Collazione che poi fu una nobilissima Cena che durô fino alla mezzanotte con musica. Sedevano alla medesima Tavola Regia il Prencipe loro figliuolo, la Marchesa d'Arquin sorella délia Regina, la Palatina di Kyovia, la Palatina di Pussia, il Castellano di Woyniez, et il principe Cavalière Lubomirski. Io bebbi il luogo solito tenersi dal Nunzio in simili fun-
(1) Le 14, Cybo répond à Martelli au sujet de la place que doit avoir son carrosse dans les cortèges, « qu'il lui semble que le moyen est facile, car le nonce allant toujours pour le service de LLo MM., comme tout autre représentant de prince, dans le carrosse du maréchal de la Cour, V. S. peut envoyer le sien l'attendre à l'endroit où les souverains doivent se trouver et elle verra si elle peut se régler de cette manière ainsi que l'ont fait les autres nonces. »