PRÉTENTIONS DU DUC DE RADZIWILL
puter entre Polonais (1); et le Turc sait très bien qu'il peut s'en rendre maître quand il voudra. »
Le 18, Cybo engage de nouveau le nonce à redoubler ses instances auprès du roi pour empêcher la ratification de la paix ; S. M. ne doit pas attendre l'occasion pour rompre, mais plutôt la faire naître; car il s'agit de l'intérêt de Dieu, et de ne point consommer la ruine du pays par la cession de ces places, ce qui équivaudrait à livrera l'ennemi tout le royaume et ainsi la gloire du roi en serait ternie, du moment que le Moscovite refuse de restituer Czehryn.
Le 19, Bonvisi informe Cybo que Martelli l'assure toujours qu'il travaille à maintenir l'union entre les deux Cours ; que le roi a ordonné au palatin de Russie, général-champêtre du royaume, de repousser les Cosaques et de veiller aux frontières, que l'empereur en a été satisfait et l'impératrice a accepté d'être marraine de l'enfant du roi; que Radziwill a été bien accueilli à Vienne mais n'a pu négocier à cause de ses prétentions qui auraient aussi embarrassé César. « Le duc m'ayant fait annoncer son arrivée, je lui ai demandé si je pouvais lui faire visite, mais il m'a fait savoir qu'il me recevrait, à condition que je lui donnerais le titre d'Altesse. J'ai répondu que, l'ayant toujours traité d'Excellence, je ne pouvais pas changer, afin de ne
(1) Comme preuve de la discorde qui régnait entre les familles polonaises, le 2 mai, le nonce écrivait de Lublin à Cybo que le grand chancelier de Lithuanie, après lui avoir recommandé Mgr Pazzi pour l'évêché de Vilna, est venu se plaindre de son frère parce qu'il paraît qu'il intrigue contre lui et son cousin ; qu'ils le pressent d'écrire à N. S. que Pazzi est indigne d'être évêque. Le nonce ajoute que la semaine dernière le roi, par contre, lui recommanda ce prélat; et il fait observer que, pour la tranquillité de la Pologne et de la Lithuanie, l'union du roi avec la Maison Pazzi serait à désirer.
pas me créer un précédent par rapport aux princes de l'empire. Il se serait contenté que je lui parlasse à la troisième personne, mais ce moyen terme me créait également un précédent à l'égard des princes avec lesquels je dois traiter constamment. L'ambassadeur de Venise refusa de son côté pour cette même raison; mais avec les princes Schwarzenberg et Dietrestein, on a employé la troisième personne, et cela pouvait se faire, parce que l'on donne souvent de la Celsitudine (Hautesse). » Le même jour, il ajoutait qu'il croyait avoir réussi dans ses efforts pour un arrangement touchant la Hongrie, car, malgré de grands obstacles venant de l'obstination des Allemands et des Hongrois, S. M. s'est décidée.. L'archevêque de Strigonie lui même a été content ainsi que plusieurs magnats. « J'ai en main la copie du décret, poursuit le nonce, mais j'en attends la publication au cas où l'on y apporterait des modifications. On ignore l'effet que produira ce décret, parce que les révoltés n'ont pas donné de pouvoirs; toutefois les nobles sont contents de reprendre possession de leurs terres, et les révoltés pourront rentrer au service de S. M., qui est bien disposée malgré la pauvreté du Trésor; toutefois ils ne pourront pas renoncer au mousquet pour reprendre la bêche. »
Le lendemain, Martelli écrit de Léopole à Cybo, qu'à l'audience, le roi lui a dit que tous les sénateurs sont unanimes à déplorer la paix signée avec les Turcs . . . qu'il fallait trouver le moyen d'y porter remède; que l'on priait S. S. d'unir les princes chrétiens et que, dans ce but, un courrier partirait pour Rome. S. M. ajouta qu'on abandonnerait les places, mais sans en faire la remise aux Turcs laissant voir qu'elles n'étaient pas cédées volontairement. « J'ai exclu, continue le nonce, l'éventualité d'une ligue avec les Turcs. S. M. se déclara du même avis, mais justifia la ligue avec les Tartares, car il y a d'anciens accords qui les obligent à venir au secours de la République... J'ai répliqué