‹ Innocent XIChapitre 195 sur 290 · LE ROI BLAME LES EXCÈS DE DANTZIG · texte numérisé non relu

LE ROI BLAME LES EXCÈS DE DANTZIG

qu'il n'y avait qu'à s'unir avec l'empire... J'ai répété la même chose aux sénateurs avec lesquels je me suis trouvé en allant à l'église, leur donnant comme exemple l'énergie de la république de Raguse et ajoutant que c'est à l'empereur qu'on doit si l'électeur de Brandebourg ne moleste pas davantage la Pologne, car, jaloux des troupes qui se trouvent dans la Prusse ducale, il menaçait presque de la guerre, de sorte que son attitude peut faire craindre l'entrée en campagne des ïartares. L'électeur a envoyé ici des lettres menaçantes, mais le roi refusa de les recevoir.

Le 25, Cybo écrit à Martelli : on ne peut pas imaginer d'excès plus graves que ceux commis par les hérétiques à Dantzig contre les catholiques, et le pape ne doute pas des véritables sentiments de regrets de S. M. mais il engage le nonce à faire punir les scélérats coupables de ces actes cruels et barbares (1). Et le 26, le nonce mande à Cybo: « malgré les antipathies et les protestations contre la paix, les dis-

(1) Le 3 juillet, Cybo lui écrit encore pour le louer de ses démarches au sujet des atrocités commises à Dantzig dans le couvant des Carmes; et le 19, il se dit content de la déclaration du roi. En effet S. M. avait écrit au nonce :

« Griovanni Re di Polonia Gran Duca di Lituania etc. Ail' Rndmo Signore Arcivescovo di Coryntho Noncio Aplico

« R-ndmo Signore

« Non potemo anche noi contener le lacrime havendo inteso et detestato, con ogni più vivo sentimento l'horribile et essecrando eccesso commesso dalli Eretici di Danziga. E benche per la reparatione del gravissimo oltraggio, che è stato fatto alla Maestà Divina non si possino trovar i mezzi proportionati, c'ingeniaremo perô senza dubitar che tutti sudditti nostri vorrano ancora concurrere col dovuto zelo, che cosi grande et sagrilego attentato sia rigorosamente punito.

« Con che pregammo da Dio a V. S. Rma longa e bona sainte con ogni bramata félicita.

« De Taworova agli 27 Maggio 1678. Giovanni Re. »

cordes augmentent; le royaume ne peut pas se préparer à la guerre, et le roi, qui serait disposé à la recommencer, veut d'abord une ligue des princes chrétiens.»

« Finalement, écrit Bonvisi à Cybo, le 30, on a publié le décret pour la Hongrie; mais on ne croit pas que cet acte aura un grand effet car on a trop attendu. Les magnats sont méfiants et les révoltés ont remporté de nouveaux succès. Toekoli a publié une proclamation en réponse au décret impérial mais sans beaucoup de succès. »

Le 3 juillet, Martelli annonce que le roi l'a informé que ses ambassadeurs en Moscovie ont eu déjà des conférences, mais seulement pour vérifier les pouvoirs et que l'on a élevé des difficultés touchant les sceaux et le texte des pouvoirs. « Je lui ai remis le bref, bien que rédigé avant la ratification de la paix; mais S. M. interrompit mon discours, disant que cette paix ne peut pas durer, car les Turcs ne sont pas sincères envers la Pologne ; que le secrétaire du prince de Yalachie, dévoué à la Pologne, écrit qu'arrivé au camp turc, il s'était aperçu qu'à la suite du congrès des sénateurs à Lublin ou avait congédié tout le régiment; que le Palatin de Culm avait été mis sous garde dans une localité au delà du Danube ; et que l'armée turque, au lieu de marcher vers Czehryn, avait pris le chemin de Caminetz pour se rendre aux frontières de la Pologne; que par conséquent on n'était pas sans crainte. J'ai répondu à S. M. que le pape avait raison lorsqu'il disait que les Turcs feraient la paix pour gagner du temps, et j'ai insinué au roi de réunir la Diète et ne pas laisser que l'ennemi puisse s'établir en Ukraine et en Podolie; que la nation polonaise, tout éprouvée qu'elle fût, était toujours vaillante. S. M. se rendit à mes observations et convint que, bien que pauvre, la Pologne avait plusieurs familles riches et puissantes ; que si tout le monde avait du cœur, on pourrait bien faire la guerre. *

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