LA RÉCONCILIATION ENTRE LITHUANIENS
moscovite aux exilés, on avait délibéré que deux tiers de la somme seraient employés à la défense de la République. Et, encore à la même date, il informe qu'à la Diète tout Je monde continue à vouloir la guerre; que les évêques de Posnanie et de Premysilia ont offert chacun la moitié de leur revenu. « S'il n'y avait pas la crainte de quelque vote contraire, la g-uerre semblerait déclarée, et je répète toujours que ditïicilement la Polo^^ne pourrait trouver une occasion plus favorable. »
Le 10, Cybo se montre content de l'ordre donné par rempereur à son ambassadeur de déclarer au roi qu'aussitôt la paix conclue, il aidera la Polog^ne contre les Turcs, de cette manière tombe toute supposition contraire, d'autant plus que l'empereur cherchera d'allier la Moscovie à la Pologne. « V. S. doit se valoir du bref qu'elle possède touchant la contribution capitale de la part du clergé pour la somme de 300,000 florins, et on lui enverra un autre bref pour le surpkis qui sera imposé. Par le passé on n'a jamais donné de brefs pour des sommes illimitées.
Finalement la réconciliation se fait entre les Lithuaniens; le 13, Martelli écrit à Cybo: jeudi, ils se sont embrassés en la présence du roi et de la reine. La base de l'accord a été: que le grand-général puisse tenir son armée jusqu'à ce que soit résolue la paix ou la guerre; on prendra cette décision en juillet prochain et, si l'on n'a pas la paix, l'armée sera réformée; en cas de guerre, elle doit être augmentée... En attendant, on discute sur les contributions pour une armée de 30,000 hommes dans le royaume et 10,000 en Lithuanie. Les conférences avec les Moscovites continuent; jusqu'à présent, ceux-ci off'rent 20,000 soldats, c'està-dire 15,000 fantassins et 5000 chevaux, tous à leur solde avec la concession de venir se ranger sous les drapeaux de cette Couronne ; en outre autant de Cosaques qu'il y en a dans l'armée du grand-duc. « Ici, on préférerait plus d'ar-
gent que d'hommes, comme me Fa dit la reine, et ron espère qu'il sera accordé un million de florins par an à l'ambassadeur polonais qui est allé en Moscovie, seulement on en voudrait deux et demi. Je fais mon possible pour maintenir les discussions, dans la crainte d'accords entre les Moscovites et les Khans. Beaucoup de gens ici ont une mauvaise opinion des milices moscovites, mais on juge l'infanterie très bonne. Le palatin de Kulm m'a dit qu'il y a espoir que les Turcs améliorent les conditions de la paix en restituant aux catholiques le Saint-Sépulcre... et en permettant aussi aux Polonais la réintégration dans leurs terres, dans les pays cédés aux Turcs et en leur payant les dîmes. J'ai répondu que c'était trop peu pour ratifier uue paix aussi ignominieuse et aussi périlleuse, et lui ayant demandé s'il pouvait en conscience assurer à la République que le Turc maintiendrait sa foi, et que sachant que la Pologne est désarmée il ne romprait pas la paix, le Palatin me répondit qu'il ne pouvait pas donner dételles assurances; alors V.Exc, ai-je conclu, doit parler clairement et conseiller au roi d'armer et de se préparer à la guerre.»
Le 18, Cybo écrit à Martelli:
Ha lodato molto S. S. il modo tenutosi da V. S. Illma per levar la maschera a quelli che per fini contrarii alla salute di ootesto Regno, et alla Causa publica, si afFaticavano con mendicati pretesti di dissuader l'unione dell'Armi col Moscovita. Bisogna gridare altamente e svelar gl' inganni con far sperar le assistenze de' Principi che erano in guerra, e particolarmente dell'Imperatore^ al quale comple troppo, che la Polonia si conservi» e si riscatti col Turco. Hor che S. M. Cesarea ha fatto la Pace colla Prancia, e composte le cose delP Ungheria, potrà con facilita rompere da quella parte, inviandovi l'esercito veterano^ e non cessera di stimolarvela eiïicacemente.
BREF POUR l'union DE LA POLOGNE ET LA MOSCOVIE 513
Le 20, Martelli avait écrit à Cybo « ici on perd du temps en discussions » tandisque bon nombre de sénateurs sont partis, car les vivres deviennent trop chers et les fourrages manquent pour les chevaux; on craint des maladies car les logements sont très mauvais. »
Le 25, Cybo annonce à Bonvisi, que S. S. a écrit un bref au roi de Pologne pour l'encourager à l'union avec les Moscovites et à faire la guerre aux Turcs, surtout parce que Mgr Martelli écrit que des individus en Pologne, qui ont des attaches à l'étranger, inventent toute sorte de fausses nouvelles et intriguent pour détourner les Polonais d'une entreprise si opportunément demandée par Rome et par Vienne... V. S. Illme. en aura eu déjà connaissance... Je lui envoie une copie du bref qui, je l'espère, éclairera toutes choses » Et il engage le nonce à en parler à l'empereur, sans toutefois lui laisser cette copie ... et à le conseiller à la guerre, maintenant que la paix est conclue et qu'il est libre du côté de la France...
Et le 27, Martelli écrit à Cybo:
Restera servita 1' E. V. di vedere dalFannessa memoria fatta a mia requisizione da questo Signor présidente dell' Imperatore ciô che gli Ambasciatori di Moscovia per mezzo suo volsero far intendere tanto a me, quanto al Sig. Ambasciatore Cesareo in ordine aile loro negoziazioni con questa Republica, e le risposte che si stimô di far loro havere per animarli a persistere nel buon proposito délia Congiunzione deirArmi contro il Turco, insieme con le loro repliche havute di poi. Ne ho fatto consapevole il Sig. Gran Cancelliere di Lituania, acciô lo faccia anco sapere a Sua Maestà, parendomi che tal notizia potesse complire al buon servizio délia Maestà Sua, di questa Republica e di tutta la Christianità, affinchè procurassero che i sudetti Ambasciatori partissero di quà ben sodisfatti. Mi disse il Sig. Gran Cancelliere esser vero che da principio s'erano fatte domande un poco alte, ma che poi la Republica s'era ridotta aile cose giuste, e se bene i Mo-
scoviti dicono d'haver offert! solamente qnindicimila huomini, tuttavia si sono lasciati intendere che ne daranno fino a ventimila e condescenderanno che altretanti Cosacchi a loro fedeli venghino a militare sotto le insegne di questa Corona. Non haver essi facoltà di prometter denaro, haver pero data speranza che mandandosi di quà un Inviato al Gran Duca si possa ottenère un Millione di fiorini. Che non s'è potuto stabilir qui con essi loro la congiunzione dell'Armi, perché non havevano le facoltà di dar le sicurezze necessarie per il mantenimento de' trattati, ne instruzione bastante per stabilire il modo, il quale si dovrà tenere per combattere nell' istesso tempo col nemico, o insieme o separatamente, e che qui si vuole da' i Moscoviti oltre a' i loro soldati anco qualche somma di danaro, e la sicurezza che impegnandosi la Polonia alla guerra, quelli non stieno oziosi di la dal Boristena corne hanno fatto ne' i tempi passati. Nel resto si mandera quanto prima in Moscovia un Ablegato prudent e et esperto, e con buone instruzioni per vedere di concludere se sarà possibile questo trattato. Et all'E. V. profondamente mi inchino, etc. (1).
«Je suis heureux, écrit le même jour Bonvisi à Martelli, des dispositions du roi et de la République à faire la guerre aux Turcs pourvu que concourrent trois choses nécessaires : une véritable union intérieure, des accords avec les Moscovites, des secours du dehors et particulièrement celui de l'empereur, moins encore en soldats ou en argent, que par une diversion en Hongrie, ainsi que l'a fait pressentir le roi à la Diète... Pour le premier point la réconciliation avec les Lithuaniens a été chose excellente. Il faut que le
(1) Dans un avis de Grodno du 27 mars on lit : « que la Diète qui est à la veille de finir ces travaux, a tenu séance aussi samedi malgré que ce fût la fête de l'Annonciation. Les Palatins du royaume acceptèrent de payer les nouvelles contributions. ■ Et les ambassadeurs moscovites eurent du roi l'audience de congé. Ils se rendent à Vienne ; mais deux jours après l'audience ils en demandèrent une autre secrète. »