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LES DÉSIRS DU ROI DE POLOGNE

lot^ne, le roi répliqua qu'il était coDvaincu de cela et savait que la guerre tenait à cœur plus que toute autre chose à N. S. S. M. ajouta, qu'il faudrait envoyer quelqu'un en France pour décider le roi à une action dans l'Archipel, et demanda s'il y avait déjà un nouveau nonce à Paris ; car, comme le comte Morstein le grand-Trésorier devait y aller, il serait à désirer qu'ils pussent agir de concert. Parlant ensuite des dispositions favorables de l'empereur, le roi déclara que le projet de Montecuccoli pour la Hongrie était une bonne <3hose; et il ajouta que l'on devait beaucoup estimer ce général, mais que si le P. capucin qui aujourd'hui jouit de tant de crédit près de S. M. césarienne, partageait les mêmes sentiments, il pourrait lui aussi' être de secours, surtout s'il y était encouragé par N. S. J'ai répondu que Bonvisi est diligent et ne négligera rien, et que, aujourd'hui même, il avait écrit en confirmant les bonnes dispositions de l'empereur et qu'il s'est rendu aux explications données touchant l'amnistie, mais j'ai ajouté que le résident césarien ici était un peu inquiet à cause de l'arrivée à Yarsovie de quelques hongrois. Le roi répondit qu'il ignorait la chose, mais que l'empereur peut rester tranquille, parce que désormais les Français ont abandonné toute prétention en Hongrie, rappelé leurs soldats et que les révoltés n'auront à l'avenir aucun secours de ce côté. »

Le 20, Cybo donne à Bonvisi la nouvelle de l'arrivée de la réponse du roi de France concernant la Pologne, mais vu sa teneur et les déclarations de l'ambassadeur, il y a bien peu à espérer. « Y. S. 111. me peut même annoncer que Bevilacqua restera à Nimègue pour l'exécution du traité de paix. »

Le 21, Bonvisi lui écrivait que le Conseil d'Etat s'était réuni avec la participation de plusieurs hongrois. Il y en a eu un qui a déclaré que la révolte en Hongrie ne pouvait être domptée que par la déclaration de guerre aux" Turcs ; mais d'autres ont dit que cette guerre devenait difficile de-

vant l'attitude incertaine des Polonais, et parce que l'on ignorait ce que fera le roi de France; alors on a proposé d'attendre les ambassadeurs de Pologne et de Moscovie pour entendre ce qu'ils diront. « Tout cela est très mauvais, ajoute le nonce, parce que, en attendant, l'empereur fait diminuer le nombre de ses troupes. Je prie N. S. de vouloir bien offrir ce qu'il croit pouvoir donner, et de faire des démarches auprès du roi très-chrétien et du roi d'Espagne afin de savoir ce qu'ils comptent faire pour assurer la tranquillité. Il faut aussi enlever à ces ministres tout moyen de prétextes et réveiller la somnolence de l'empereur, qui finira par se perdre dans l'oisiveté et dans les divertissements de chasses et de comédies, qui lui prennent le temps le plus précieux. Ici on ne prépare rien en vue de l'arrivée des ambassadeurs; on les coDgédiera et on précipitera la paix avec les Turcs. » « Le même jour, il ajoute que le roi de Pologne est allé en Russie pour quelque temps et qu'à Vienne on croit toujours davantage qu'il ne pense pas à la guerre. Et, le 22, il écrit à Martelli, de fort mauvaise humeur parce que le roi se retire à Jaworowa où il ne peut ni recevoir ni négocier. Et après l'avoir informé de la réunion du Conseil des Hongrois, que peut-on faire, ajoute-t-il, si les Moscovites ne continuent pas leur voyage à cause du manque d'instructions et si le duc de Radziwill cherche de l'argent à Dantzig pour remplir grandement ses fonctions, et si le roi ne réunit pas les Conseils, alors qu'il faudrait se hâter pour ne pas laisser l'armée oisive et dans l'incertitude? Et Bonvisi conclut en assurant Martelli que si l'ambassadeur de Pologne va à Tienne il y trouvera un excellent accueil ».

Le 27, Cybo mande à Bonvisi que S. S. s'emploie de toute manière auprès du roi de France pour obtenir qu'il prenne part à la guerre avec de forts secours, tant par terre que par mer; et que N. S. tâchera de faire en sorte

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