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LES PROMESSES DU ROI DE FRANCE

Le 14, Cybo mande à Martelli que N. S. s'est beaucoup réjoui en apprenant que S. M. a été contente que l'empereur ait déclaré qu'il était disposé à conclure une liu^ue défensive, tout au moins avec la Pologne contre les Turcs; que non seulement Bonvisi l'a écrit, mais aussi le duc de Radziwiil au roi. La peste et le manque de pouvoirs suffisants de l'ambassadeur en ont empêché la conclusion. Toutefois, ce qui n'a pu être décidé au Congrès à Vienne pourra être repris par le grand Conseil qui va se réunir en Pologne, et l'on pourra obtenir que Vienne envoie un ambassadeur impérial et, de même, des Moscovites. « V. S. doit parler à ce sujet au roi et j'implore pour V. S. III. me, les grâces de Dieu Tout-Puissant. »

Le 15, Bonvisi envoie à C\i)0 la copie d'une lettre que, le 8 septembre, lui expédiait de Paris le grand-Ti-ésoi-ier de Pologne, pour lui annoncer qu'il est satisfait car on lui a promis un secours digne du roi, mais de quelle importance? On y met deux conditions: 1° que la guerre soit déclarée et que la Pologne pense sérieusement à la faire, car il ne serait pas raisonnable de rompre avec les Turcs et de jeter la perturbation dans les relations commerciales ave le Levant sans aucun avantage. 2*" De proportionner le secours qu'on enverra à celui qu'enverront les autres princes, mais on ne nomme pas notre Cour, sur laquelle on eut dû se modeler. Il dit qu'en France on est irrité de ce que l'empereur veuille être rassuré du côté de la France. Le 22, Bonvisi écrit qu'il a vraiment bien fait de ne pas aller à Prague et de rester loin de la Cour, car il y a beaucoup d'intrigues et de grandes divisions. « Quelques-uns veulent Neubourg, et d'autres non. » Et, le 27, il informe que Montecuccoli vient de lui écrire, par ordre de l'empereur, qu'après lui avoir lu sa lettre, S. M. l'avait chargé de lui répondre que l'on n'avait rien conclu touchant la trêve avec les Turcs et, qu'au contraire, on avait fait des propo-

sitions que ceux-ci n'acceptèrent pas. « Ainsi, écrit-il, elle ne pourra être soupçonnée de ne pas être de bonne foi vis-à-vis des Polonais et surtout en ce qui regarde l'alliance, que l'on a retardée et au sujet de laquelle on traite avec cette Couronne. »

Le 28, Cybo informe Martelli que le duc de Radziwill, qui se trouve aux frontières du territoire de Venise, a demandé d'être admis, pour purger le voyage, à faire la quarantaine à Ancône ou dans une autre localité des Etats pontificaux; mais comme les Vénitiens ont refusé au duc la quarantaine chez eux, N. S. ne veut pas agir différemment qu'eux. Mgr Litta, qui se trouve à Goritz avec une suite restreinte, a fait la même demande inutilement, tandis que le duc a eu déjà un mort dans sa famille et que Mgr Bevilacqua est resté avec seulement deux des siens en bonne santé (1).

Le 29, Cybo écrit à Mellini en lui faisant observer que depuis longtemps il n'a envoyé à Rome aucune somme des « Spoglii » de la nonciature. La prochaine arrivée de la mission Radziwill, qui doit venir pour demander des secours à la chrétienté en faveur de la Pologne, pousse N. S., dit-il, à chercher tous les moyens de réunir de l'argent, vu la disette dans laquelle se trouve le trésor pontifical; et, entre â,utres, il a pensé à se servir des «Spoglii» d'Espagne, par conséquent il l'invite à réunir tout ce qu'il peut et à l'envoyer

(1) Et, le 4 novembre, il lui répète qu'il est impossible de recevoir le duc, même après avoir fait la quarantaine, car s'il arrivait quelque chose, tout l'Etat ecclésiastique- se trouverait menacé; mais pour faciliter toute libre communication avec le duc il lui a envoyé un chiffraire. Et, le même jour, il ajoute qu'il a conseillé au gentilhomme que le duc tient ici, de recevoir les lettres et, après les avoir bien parfumées, d'en faire la remise.

CYBO FÉLICITE MARTELLI 595

lie suite h Rome, afia qu'avec les autres sommes recueillies on puisse donner un subside considérable à cette nation .. . V. S. peut aussi saisir cette occasion pour i)arier de l'exemption des dîmes, S. S. ne pouvant admettre ni l'exequatur, ni la cession d'une partie; et faire remarquer comme tout cela met en péril la Hongrie, et que Dieu pourrait faire sentir à cette Cour l'effet de sa dureté si elle n'obéissait pas à S. S. dans une matière de pure justice, et qu'à présent on a lieu de se repentir de n'avoir pas accepté la suspension d'armes demandée au commencement du pontificat.

Le 1 1 novembre, Cybo envoyé deux dépêches à Martelli. Dans la première, il lui répond que N. S. est content d'apprendre que le secrétaire du résident impérial a déclaré de la part de l'empereur à Prague, au sujet des bons rapports entre l'empire et la Pologne, que l'on prend en considération les désirs du pape; qu'on conclura la ligue sans attendre les assurances de la France^ et qu'il n'y a aucune crainte que les Moscovites fassent la paix avec les Turcs. Et, par la seconde, il lui signifie:

Oltre i fortissimi e necessarii rispetti accennati à V. S. Ill.ma colla posta passatadi non poter ammettere al commercio il Sig. Duca Hadzivil : cioè per non cagionare un irreparabile e grave sconcerto allô Stato Ecclesiastico, non caminando d'accordo coi Principi confinant!, e perché infermandosi alcuno délia famiglia del Sig. Duca, com'è seguito di quasi tutti i familiari di Mons. Bevilacqua de' quali anco ne sono morti alcuni, sarebbe subito bandito il commercio. Oltre di ciô a queste considerationi per le quali si negô parimente la pratica a Mons Litta Nunzio Apostolico benchè meno sospetto, si aggiunge presentemente che la E-epublica Veneta non permette che alcuno s'imbarchi nel porto di Trieste o in altri Porti di Lidi sospetti nel mare Adriatico, onde quando anche Sua Santità volesse dar ricetto in Ancona o altrove al Sig. Duca, non potrebbe egli portarvisi per questo nuovo inevitabile impedimento.

V. S. Ill.ma prenda occasione di parlarne seriamente a Sua Maestà, accioccLè resti persuaso, che di quà non si poteva procedere in altra orma ; e che la colpa non è di E-oma, benchè cio segua con grandissimo rammarico di Sua Santità (1).

Et, le même joui^ ifrépond à Bonvisi que S. S. approuve ses soins pour maintenir les bons rapports entre César et ]a Pologne, particulièrement contre les Turcs... «Comme Y. S. m. me doit négocier, écrit-il, par lettres, avec des ministres de Cours laïques, il faudra de grandes précautions et beaucoup de circonspection pour ne pas parler des Français ou d'autres princes, de telle manière que, si cela arrivait à leurs oreilles, si sensibles, ils y trouvent un prétexte pour se plaindre.» Le 18, il lui ajoute, qu'il espère qu'on reprendra les négociations pour une union à trois . . . Les grands obstacles sont toujours le peu de sûreté à l'égard des intentions des Moscovites, et la tranquillité de l'empire (2).

Et, à la même date, Cybo mande à Martelli « qu'il vient d'apprendre que les gardes et les serviteurs du roi, ainsi que des sénateurs, sont habillés à la tartare et à la turque ce que N. S. trouve contraire au décorum et inconséquent; et V. S. avec prudence peut en faire l'observation. »

(1) Déjà Cybo avait répété à Martelli: qu'il était impossible de recevoir le duc, même s'il se soumettait à la quarantaine, car s'il survenait le moindre fait de contagion, tout l'Etat ecclésiastique en serait bouleversé. Bevilacqua également, ajoutait-il, qui a été confiné au Lazaret est resté seulement avec deux serfs; il est bien malade et ne peut rentrer. Mais puisque le duc dit avoir des choses importantes à dire à S. S., on lui a envoyé un chiffraire.

(2) Et, le 25, il le félicite de la conclusion de la ligue entre l'empire et la Pologne, dont le prince Montecuccolijfut l'instrument principal ... « S. S. veut qu'il soit remercié en son nom. »

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