MÉDIATION ENTRE L'ESPAGNE ET LA TOSCANE
L^Espagne et la Toscane
Le 18 avril 1677, Cybo écrivait à Mellini que le pape était fort peiné des différends qui existent, depuis des années, entre le grand-duc de Toscane et la Couronne d'Espagne au sujet des saints aux Capitaines des escadres maritimes de S. M. ; qu'il était temps que les armées chrétiennes s'unissent pour la défense de l'Europe contre lès armements de la Porte ottomane, et que S. S. ne pouvait souffrir que, pour des différends de cette nature, on empêchât la conclusion d'une union si nécessaire. En outre de la paternelle affection envers toute la chrétienté, il y a aussi l'intérêt particulier de l'Espagne pour ses possessions d'Italie, qui méritent l'attention de S. B. Et, à cette fin, N. S. a entrepris d'arranger les différends qui ont surgi pour des raisons semblables entre la république de Gênes et l'Ordre de Malte; de même il désire détruire toute racine de difficultés entre le grand-duc et l'Espagne, du moment que le commerce maritime entre les deux puissances est libre et amical.. . V. S. 111. me, conclut le cardinal, doit exprimer à S. M. et à don Juan le juste désir de S. S. de voir terminée en peu de temps cette discussion et offrir la médiation du pape... Et, le 27 mai, Mellini lui répond qu'il a parlé de la volonté de S. S. et offert la médiation papale; qu'un secrétaire de don Juan est venu le voir pour dire d'attendre de faire l'offre otfîcielle, parce qu'on doit recevoir des documents. Et, le 23, il transmet à Cybo un billet qu'il a reçu du duc d'Alva, « dans lequel on ne voit pas trop bien l'opinion de ces ministres au sujet de la médiation avec la Toscane; mais, continue-t-il, S. A. m'a dit qu'on avait discuté au Conseil d'Etat et que, comme
la paix, à toutes ses dignités, et cela ne convient pas à cause du voisinage des Français. L'impératrice, fille de S. Altesse, n'est pas de l'avis du duc.
628 l'impartialité d'innocent
il s'agit d'une affaire de peu de gravité, on avait trouvé inutile la médiation. J'ai répondu que quoique la chose ne fût pas grave, pourtant elle était une source de troubles; et S. A. répliqua que je devais d'abord écrire à Y. Em. la décision du Conseil, et qu'on verra ensuite.» Le 5 août, le nonce écrit à Cybo: que le chevalier Castiglioni, gentilhomme du grand-duc de Toscane, résident à Madrid, est venu le remercier et lui exprimer sa reconnaissance de ce que l'affaire des saints maritimes avait bien fini. 11 déclara qu'on n'avait pas accepté la médiation pontificale, parce qu'il s'agissait d'une question sans gravité; mais que l'offre de la médiation a contribué à ce résultat car on ne faisait, auparavant, que donner des paroles et rien autre.
Venise et TEspagne
Le 17 octobre 76, Cybo écrit à Airoldi, nonce à Venise, que N. S. désire avoir la république comme collègue dans la médiation pour la paix générale et, par conséquent, il faut que soient assouvies les conséquences des questions pour le Golfe, qui ont mis mal la république auprès des Cours autrichiennes. Déjà sous Clément X l'ambassadeur de Venise exprima à Mgr Bonvisi, nonce à Vienne, le désir qu'il s'interposât auprès de l'empereur, et le nonce y adhéra. N. S. serait disposé à ce que ses offices soient continués, mais il faut voir s'ils seront acceptés à Venise^ car ils ne réussiront qu'autant que celui qui les remplit a la confiance des intéressés. Et, le 31, il le félicite d'avoir bien répondu à l'interrogation: si le pape accepterait d'être arbitre de la question avec Madrid, et qu'il faut d'abord que l'arbitrage soit demandé. Jadis le projet Bonvisi ne fut pas agréé, par conséquent on a fermé la bouche à S. S. Et N. S. regrette de voir lui manquer à Nimègue un aide qui aurait pu lui être utile; car, peut-être, étant ensemble on aurait pu obtenir d'abord le