‹ Innocent XIChapitre 256 sur 290 · OFFRE DE MÉDIATION ENTRE L' ESPAGNE ET VENISE · texte numérisé non relu

OFFRE DE MÉDIATION ENTRE L' ESPAGNE ET VENISE

choix d'une autre ville catholique, au lieu de Nimègue. Et, le 7 novembre, Airoldi informe Cybo que l'ambassadeur d'Espagne se trouvant dans la secrétairerie du Sénat pour participer au Collège les fiançailles de son roi, il parla à un des secrétaires de la convenance de la république d'offrir quelque satisfaction à l'Espagne, et il se déclara prêt à donner son appui, si ou le demande, à la définition de tout, avouant aussi qu'il n'a pas donné suite à des ordres reçus de Madrid, toujours plus énergiques pour obtenir une satisfaction, et cela pour ne pas envenimer la question (1).

Le 28, Airoldi écrit: « un personnage très bien renseigné m'a dit que si N. S. était averti que le roi d'Espagne remet €n lui la médiation sur ce sujet et que si l'on m'en donnait la participation, il prendrait lui-même l'occasion d'en parler à quelque assistant du Saint-Office, et cela servirait comme ouverture des négociations, et un des Savij serait chargé de l'aff'aire. J'ai répondu, que déjà l'ambassadeur d'Espagne avait laissé comprendre que^ si la république s'en remet au pape, le roi suivrait l'exemple, comme on en a donné avis au cardinal Nithard ; mais mon ami répliqua qu'on n'a pas une grande confiance en ce que disent les Espagnols et on désire que le pape confirme la nouvelle. Et le nonce conclut qu'il ne croit pas que la république s'en remettra à l'arbi-

(1) Et, le même jour, il répond à Cybo qu'il écrira aux nonces à Vienne; mais, qu'en attendant, il informe que son collègue d'Espagne lui a lu une lettre de Spinola, de Vienne, annonçant que l'ambassadeur vénitien a demandé à l'empereur le passeport pour le procureur Nani pour Nimègue; que S. M. avait répondu qu'on ne pouvait pas le donner, et l'ambassadeur répliqua de manière à laisser comprendre que la république remettait au pape le règlement de la question du Golfe. « On craint, écrit-il, que cette demande pour Nani ne paralyse la solution des questions du Golfe. *

680 l'impartialité d'innocent

trage du pape, mais voudra négocier au moins secrètement (1). Et, le même jour, Cybo lui répond qu'il a été bien content d'apprendre que sont nombreux ceux qui manifestent le désir que finissent les dissentiments avec l'Espagne et qu'on arrive à un accommodement pour pouvoir participer à la médiation. «Y. S. ne doit pas se lasser de tenir vive cette idée. Au sujet de la lettre que Y. S. trouve que la république pourrait écrire à S. S., avouant l'excès de ses ministres qui ont occasionné les dissentiments avec les maisons Autrichiennes, Y. S. doit donner la certitude qu'elle pourra être acceptée, et aussi tout autre démonstration qu'on aurait décidé de faire. »

Et, à la même date, Cybo mande à Melliui: que en ces jours-ci S. S. a pris des accords avec le cardinal Nitliard afin qu'il écrive, comme il s'est engagé à le faire aujourd'hui même, au roi, pour le prier de donner à la république de Yenise la possibilité d'aider S. B. dans la médiation pour la paix générale, faisant disparaître les amertumes qui exis-

(1) Le 5 décembre^ il ajoute qu'il n'a plus eu l'occasion de parler avec Grimani, le seul à qui on peut se fier, car l'ayant rencontré au Saint-Office il n'a pas dit un mot au sujet du Golfe. Toutefois de Vienne arrivent des nouvelles que les Autrichiens ont tout remis au pape. Mais le grand écueil c'est l'exclusion de Nani. car l'ambassadeur d'Espagne trouve aussi que, s'il réussit à savoir qu'il est exclu du Congrès, il pourrait tout déranger ; il eut été mieux de séparer la question et de renvoyer celle de Nani à plus tard. Les Autrichiens sont aussi de l'avis de ne pas toucher à la question de la juridiction sur le Golfe, ni de la liberté de navigation, laissant tout cela sans le préjuger et comme c'était auparavant; mais ici, du moment que tout a été mis en doute, on ne se contente pas du silence, on voudrait une décision parce que l'offense à l'empereur a été grave, car on a dispersé ses troupes; par conséquent, il est difficile de trouver un arrangement.

Page 1