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LE PAPE REFUSE LA LIGUE

médiateur entre les Couronnes catholiques, c'est pourquoi mettre la conclusion d'une li^ueen Italie, comme condition pour en finir au sujet du Golfe, ce serait la même chose que déclarer ne pas en vouloir, et qu'il ne faut point, par conséquent, faire d'autres démarches, d'autant plus que l'ambassadeur de Venise n'en parle plus (1). Mais, le 15 mai. il lui annonce que celui-ci, reçu en audience par S. S., a fait instance pour obtenir l'arrangement avec l'Espagne au sujet du Golfe. Que N. S. a répondu qu'il n'avait pu obtenir beaucoup. « En effet, dans l'audience accordée à l'ambassadeur d'Espagne, le pape l'interrogea à ce sujet, et il répondit que le roi était prêt à tout arranger pourvu qu'on fît une ligue italienne. A cela N. S. répliqua que ce n'était pas le moment, parce que cela le rendrait impuissant à la médiation, mais Carpio répondit qu'il s'agissait d'une ligue contre les Turcs; alors le pape ajouta, il faut d'abord conclure la paix entre les chrétiens. On voit qu'il n'y a plus d'espoir en une médiation vénitienne, tandis que la république la désire, et il peut se faire, ayant dit déjà qu'elle veut envoyer son plénipotentiaire à Nimègue, qu'elle accepte la mé diation de celui qui la demanderait, et, par vengeance, il pourra en résulter dans les négociations du mal pour l'Espagne ou le détachement de quelque prince allemand de la maison d'Autriche. Et, à la même date, Cybo répète à Airoldi les mêmes informations sur les audiences du pape et conclut: « de tout cela S. B. en a informé Barbaro, ajoutant que malgré tout, elle n'abandonne pas l'affaire du Golfe et que dans ce sens on a écrit au nonce à Madrid. »

(1) Et, le même jour, Airoldi mande à Cybo qu'il vient d'apprendre que Barbaro, ayant écrit au sujet des trois points demandés par les Espagnols, le Sénat lui répondit de laisser tomber l'affaire. « Ici, écrit-il, on croit que don Juan d'Autriche est d'opinion de s'en remettre pour toute satisfaction à l'arbitrage du pape. »

638 l'impartialité d'innocent

.Le 8 juin, Mellini à son tour mande à Cybo qu'ayant demandé au duc la réponse touchant le Golfe, S. A. répondit que, si le pape désirait un accommodement, rien n'aurait été plus propice pour l'obtenir facilement qu'une ligue, par laquelle S. M. aurait tout oublié, mais qu'autrement il était impossible de laisser impuni un tel affront. « J'ai répliqué, écrit le nonce que: si S. M. avait pris en considération les prières plusieurs fois répétées de N. S., — qui s'intéresse tant à cette affaire pour l'avantage de S. M. afin d'avoir la république de Yenise pour son associée dans la médiation — et qu'elle ne devait avoir en vue que de plaire à S. S. et de faire un acte généreux, d'autant plus que, malgé toute sa bonne volonté, S. M. ne pouvait pas se venger. Don Juan sembla en convenir, mais on n^aboutit qu'à cette seule conclusion, savoir : qu'il était nécessaire que les Yénitiens fissent quelque démarche en reconnaissant le dommage causé et demandassent grâce, attendu qu'il ne peut convenir qu'ils restent tranquilles sans faire des rétractations; qu'ils avaient déjà triomphé pour faire pire dans la suite... et le duc finit par dire que plus tard il lui enverrait par écrit les décisions du roi » (1).

(1) A la même date, il ajoute, que dans la dernière audience don Juan s'est plaint vivement du refus opposé par le pape à la ligue avec les autres princes, affirmant que ni S. M. ni lui ne s'étaient attendus aux réponses négatives de S. S. Son Altesse ajouta que la ligue devait se faire actuellement^ qu'il ne s'agissait pas d'entrer en action tout de suite mais seulement de s'unir, et, que, pour ce qui touche à la médiation, il n'y avait aucune opposition, car, comme étant une ligue contre les Turcs, personne ne pouvait se plaindre, qu'il pouvait aussi se présenter le cas de n'avoir jamais à s'armer, et que, pour ce. qui touche à l'idée de conclure d'abord la paix entre les chrétiens et faire la ligue ensuite, tout cela serait raisonnable s'il s'agissait d'une ligue offensive mais elle ne devait qu'être offensive contre les Turcs, et pour cela

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