L'ESPAGNE PERSISTE À VOULOIR "LA LIGUE
Le 24, MelJini annonce à Cybo qu'à la rentrée de don Juan il lui parla du Golfe; que 8. A. en fut étonnée parce que del Carpio lui avait écrit que tout était fini; etqu'ensuite le duc lui laissa espérer qu'il en parlerait au roi et qu'ensemble ils chercheraient à en obtenir un bon résultat.
Le 8 juillet, Airoldi mande à Cybo que l'ambassadeur d'Espag-ne, marquis de laFuente, (1) qui quittait Venise pour
qu'il fallait la faire maintenant ou pas du tout. Le nonce écrit que le duc lui a parlé durant une heure à ce sujet; que^plusieurs fois il l'a interrompu, le priant de ne pas continuer, alléguant que c'était une affaire à ne pas traiter, pour lui enlever tout espoir; mais qu'il retourna toujours sur ce sujet, concluant que si N. S. ne le prenait pas en considération, c'était signe qu'il n'affectionnait pas la monarchie et ne voulait pas lui faire du bien. Mellini assura qu'il lui avait répondu comme il convenait et qu'il soumettait tout cela à S. Em. pour sa gouverne et pour qu'elle jugeât s'il faut en rendre compte à S. S., car il sait combien il déplaît à N. S. d'entendre ces plaintes, mais il ajoute qu'il se trouve en devoir de tout raconter. Le nonce écrit aussi que, l'autre jour, le père Montorson est venu le voir pour lui dire que don Juan lui avait confié en grand secret, que le roi de France, l'empereur et l'Espagne traiteraient ensemble pour une ligue afin de détruire les Hollandais^ la Chambre basse d'Angleterre et les autres pays hérétiques de l'empire, pour affermir partout la religion catholique, car le roi d'Angleterre étant déjà bon catholique voudrait convertir tout le royaume et, par conséquent, entrer lui aussi dans la ligue. « J'ai paru douter de tout cela, conclut le nonce, mais le Père s'emporta et répéta que tout était très vrai et voulait m'engager à l'écrire à V. Em. ».
(1) A propos du marquis, le 29 mai, Airoldi avait mandé à Cybo: dimanche dernier l'ambassadeur d'Espagne s'aboucha dans l'église des Capucins avec Frédéric Cornaro, qui va représenter la république à Madrid, lequel aurait dit au consul espagnol qu'il n'est pas avantageux pour la république de laisser cette question
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se rendre comme plénipotentiaire à Nimègue, dans sa visite au Collège il manifesta à un des secrétaires ses regrets de partir sans avoir obtenu la solution de l'affaire du Golfe, ajoutant qu'il eut suffi que Venise exprimât ses regrets pour ce qui a eu lieu au passage des troupes, mais qu'on n'a pas voulu changer, en quoi que ce soit, ce qui a toujours été pratiqué en d'autres cas analogues. Et le secrétaire, ayant demandé à l'ambassadeur de lui donner tout cela par écrit, celui-ci lui répondit que sur le moment même il ne pouvait le faire, ayant parlé sans préparation, mais qu'après être rentré chez lui, il le lui enverrait. L'ambassadeur a répété le même discours à Giustiniani, ajoutant que si on chargeait Nani de la négociation, tout s'arrangerait et, de cette manière, il gagnerait la faveur du roi et pourrait se rendre à Nimègue; mais cela l'ambassadeur ne l'a pas mis par écrit, toutefois il n'y a pas de doute que Giustiniani en aura fait un rapport aux Savji du Collège.
Le 26, Mellini écrit qu'ayant demandé à don Juan l'explication de ce que disent les Vénitiens selon les informations données par le ministre de S. M., le duc répondit que le ministre n'avait reçu aucun ordre à ce propos, que toutefois on avait chargé l'ambassadeur espagnol à Venise de
ouverte à cause des secours que l'empereur ou d'autres princes pourraient lui donner. Les deux ambassadeurs sont restés ensemble plus d'une heure, on agita la question des satisfactions et l'ambassadeur manifesta un grand désir de contribuer à une solution. Et comme ces messieurs croient que l'ambassadeur a plutôt contribué à envenimer l'incident qu'à l'aplanir, il fit voir à Cornaro des dépêches qu'il avait reçues et auxquelles il n'avait pas donné suite précisément dans l'intérêt de l'aifaire. Barbaro écrit, de E.ome, que chez le marquis de Licce il ne trouve plus les bonnes dispositions de jadis.