LE TROISIÈME MARIAGE DE LÉOPOLD I
mariage il n'y eut pas d'héritier mâle. Elle mourut en 1672. L'empereur conclut bientôt son second mariage avec la princesse Claudie Félicité, tille de l'archiduc Charles d'Innsbruck. Elle avait été déjà fiancée au duc d'York et elle mourut au mars 1676.
Le 17 octobre 1676, le cardinal Cybo, par une lettre chiffrée, écrit à Bonvisi : que, sachant que l'empereur veuf, n'ayant eu qu'une fille de ses deux mariages, désirait vivement un héritier et voulait contracter une troisième union, il l'invite à parler à S. M. en faveur de la princesse de Neubourg, s'il est d'avis que ses paroles auront de l'efïet, avec la réserve toutefois de ne pas accomplir cette démarche au cas où il la croirait infructueuse.
Et Bonvisi, le 18 écrivait à Cybo: «Au milieu du contentement général on a aunoncé le mariage de l'empereur avec la fille du duc de Neul)Ourg et à présent on discute pour savoir si, après avoir obtenu la dispense de N. S. on peut célébrer le mariage en novembre, afin de n'avoir pas à le différer au delà de Noël. Mais le temps est très court... On croit que le mariage se fera à Lintz... ».
Et le 25: «Il paraît que l'empereur voulait faire le mariage à Lintz le 4 janvier prochain ; mais, considérant qu'en ce cas les ambassadeurs devront y assister et qu'ils prétendront aussi prendre part au dîner impérial le premier jour, comme on l'a pratiqué aux noces des deux autres impératrices, et qu'à cause de la préséance que veut avoir le duc de Neubourg, ils finiront par n'y pas assister, l'empereur aurait décidé d'aller d'abord à Lintz aux premiers jours de novembre et ensuite à Passau en pèlerinage au sanctuaire de la Madone, et d'y célébrer, presque incognito, le mariage... Mes collègues sont contents d'être dispensés, de cette manière, de ce voyage surtout en la mauvaise saison; mais je prends en considération le précédent que subira la nonciature, parce que, ainsi, c'est l'évêque de Passau
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OU un autre qui fera le mariage. J'ai trouvé dans les archives de la chamcellerie qu'au mariage de l'impératrice Marguerite, le cardinal Arrach prétendit faire la cérémonie, mais que le cardinal Spinola, nonce en ce moment, fit de l'opposition, et qu'à Rome on ne voulut pas envoyer le bref ordinaire pour la bénédiction pontificale, parce que le nonce dans toutes les cérémonies du palais, fait l'office d'ordinaire à l'exclusion de l'évêque du diocèse. Considérant ces précédents, j'ai réfléchi d'autre part, qu'allant à Passau sans mes autres collègues, j'aurais eu plus de difficulté pour être admis à la table, et aussi dans les questions de préséance avec le duc de Neubourg et les princes ses flls, j'ai adopté un moyen terme pour maintenir le droit au mariage : à savoir d'aller à Passau, me trouver dans l'église par hasard, célébrer le mariage et partir de suite, considérant surtout que S. M. désire que tout se fasse incognito... ».
Mais Cybo, ignorant ces nouvelles, craignait que l'empereur eut choisi une princesse danoise, et le 31 il engage le nonce à manifester à S. M. la douleur de N. S. en apprenant la probabilité d'un mariage avec une hérétique, alliance contraire aux traditions de la Maison d'Autriche. Il s'étend sur les dangers que courrait la religion catholique si une hérétique était sur le trône impérial, car l'éducation des enfants bien que catholiques, serait incertaine et douteuse aussi la sincérité de la princesse si elle se convertissait. S. S. ne croit pas que le roi de Danemark, dans le cas de la rupture des négociations, sévirait contre les catholiqueS; du moment qu'ils ont déjà la liberté dans ce royaume... « En tout cas, ajoute-t-il, connaissant la facilité de S. M. à ne pas se soucier du secret, V. S. Illme se gardera d'entrer dans les détails en ce qui concerne la princesse danoise, soit pour ne pas nous aliéner son père, soit pour ne pas irriter les ministres impériaux, qui, d'après ce qu'on nous dit, seraient très portés en faveur de la princesse...