LE TROISIÈME MARIAGE DE LÉOPOLD I
Une fois ce mariage célébré (que Dieu nous l'évite!) l'épouse impériale conserverait des sentiments peu favorables pour le Saint-Siège, et comme l'empereur se laisse facilement gagner, il ne serait point extraordinaire que la princesse réussît à avoir un grand ascendant sur S. M., d'autant plus que la renommée la dit d'une rare beauté et d'un esprit viril ». Le cardinal insiste pour recommander au nonce d'user de grandes précautions dans ses démarches, de s'en tenir aux généralités, et de ne pas parler aux ministres du projet de la princesse de Neubourg, parce qu'on sait qu'ils la voient de mauvais œil, craignant pour leurs propres intérêts; et, dans le cas où l'on arrêterait un mariage avec une autre princesse catholique, on trouverait un juste motif de plaintes envers le pape... Il pourrait se faire que l'empereur s'excusât de ce que les négociations au sujet de la princesse danoise soient poussées très avant; «dans cette éventualité, écrit le cardinal, V. S. présentera à S. M. un bref dans lequel le pape l'exhortera etïicacement et même s'il le fallait, en employant des phrases d'indignation paternelle qui obligeraient l'empereur à rompre toute négociation. S. M. pourrait se valoir de ce bref pour se libérer de n'importe quel engagement, puisque, en toute question touchant la religion catholique, le Souverain-Pontife est arbitre absolu et que tout engagement, bien que contracté par un prince souverain, contient la condition tacite et nécessaire du consentement apostolique. Mais il ne convient de recourir à ce remède que dans le cas d'une nécessité absolue, afin de ne pas aliéner à S. S. les sentiments du roi de Danemark ».
A ces dépêches Bonvisi répond, le 22 novembre, que du jour où l'on proposa le mariage avec la princesse danoise il a considéré les dangers que courait la religion... qu'il en a écrit à la secrétairerie d'Etat; et à la recommandation qu'on lui faisait de s'intéresser fortement à la princesse de
Neubourg, il répondit que c'était très dangereux, parce que plusieurs hommes d'Etat concouraient au mariage impérial..^ pourtant j'ai travaillé en sous-main jusqu'à ce que le bon Dieu l'ait portée sur le trône... ». Le même jour, il remercie le cardinal de la lettre Hiirnanissima par laquelle S. E. approuve sa combinaison d'aller à Passau avec la restriction de ne pas l'exécuter pour différentes raisons. « ... Toutefois, ajoute le nonce, j'ai voulu faire voir que j'étais tout disposé à servir S. M. et à maintenir les droits de la nonciature. Le Baron Hocher est malade, et il n'a pas pu me donner acte de mon offre, mais j'en ai pris note sur les registres de la nonciature ». Le P"" décembre 1676, Innocent envoie un bref à l'empereur pour le féliciter de son mariage avec Eléonore Madeleine Thérèse, fllle du duc de Neubourg. La question du cérémonial occupe bien des fois encore le nonce. Il s'agissait du traitement que dans les cérémonies publiques devaient avoir les ambassadeurs et le nonce qui était considéré le premier de ceux-ci; mais les princes électeurs de l'empire et le duc de Lorraine prétendaient avoir le pas sur les ambassadeurs, qui à leur tour ne voulaient pas l'admettre. Aussi est-il curieux de voir les moyens termes qu'on adoptait.
Durant cette période, à la Cour de Vienne il y eut deux mariages: celui de l'empereur avec la princesse de Neubourg, celui du duc de Lorraine avec la sœur de l'empereur, veuve du roi Michel de Pologne, sans compter les ftancailles de la fille de Léopold avec le roi d'Espagne, union, du reste, à laquelle bien vite on renonça.
Em:"^<^ e RevJ^o SigJ^ SigS^ e Padrone mio Col.'*^^
Il giorno che si scopri il matrimonio (1) del Rè Cattolico con l'Arciduchessa figliola delP Imperatore, che per tal causa "doveva cenare S. M.*^ in publico con l' Impératrice Eleonora, mi fece dire
(1) Il ue s'a,:^issait que de la promesse de fiançailles.