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L'ESPAGNE DEMANDE LA PUNITION "DÛ CAPITAINE

secrète et la mettra dans ses archives. Le nonce promit d'en écrire à S. B.

Le 22 janvier 1678, Cybo écrit à Airoldi:

Mons. Nnnzio Mellini ha dato avviso che rientrato in discorso col sig. D. Giovanni délie difPerenze del Golfo, liavea S. A. confermato ciô che havea dette altre vol te, che 8. M. coudonerebbe il tutto in gratia di S. S. rimettondo all'arbitrio délia S. S. qualche sodisfatione da darsi dalla Hopublica. senza far istanza che la sodisfatione sia corrispondente all'offesa. S. S.benché sia aliéna dal prender sopra di se questi arbitri et habbia perciô ricusato lino ad liera di entrarvi, vedendo finalmente che non possono indursi ne la Spagna, ne la Republica a propor la sodisfatione per i rispetti altre volte accennati, e desiderando dall'altro canto che \^ Republica si habiliti alla gloria di dare il Mediatore al Congresso délia Pace. hora massimamente che le dichiaratîoni dell'Inghilterra possono privare il Congresso medesimo del Mediator fra Principi Eretici, e render perciô inutile anche la mediatione Pontiè venuta in pensiero che la Republica potesse scrivere iina lettera a N. S. espressiva del dispiacere délia Republica istessa per l'accidente seguito, con incolparne la ])oca priidenza e la minore attenzione del comandante Veneto, e con far perciô qaalche publica dimostratione contro di lui, dichiarando di poi nell'istessa lettera d'haverla fatta. Ha pensato S. S. a questo ripiego perché Fanno passato fu motiva to da questo Ambasciatore di N'enetia, e V. S. ancora già lo propose corne facile ad essere ammesso dalla Republica. E dall'altra parte attese le dichiarationi del Re cattolico di rimettersi all'arbitrio di S. S., si potrel:»be sperare che fusse ammesso anche dalla Spagna.

L'ha perô la S. S. significato al Sig. Ambasciatore Barbare, e S. E. non si è mostrata lontana dal riconoscerlo per conveniente opn prom.essa di scriverne costà questa sera. E dà motive di sperarne buon successo, attese che S. E. afferma essersi rimosso dalla carica il Comandante suddetto moite tempo fa a titole di essersi portato maie in quella medesima occerrenza e che la Republica non avrà difficoltà di esprimerle nella lettera che si propone. li che sia dette a V. S. per sua informazione.

654 • l'impartialité d'innocent

Le 25, Airoldi informe Cybo que, ayant dit au Saint- Office que les Espaj^nols voulaient des satisfactions, on lui répondit que c'était à eux à y penser, d'autant plus qu'ils n'ont pas été heureux ces temps-ci. Et, le 29, il remercie de la commuuicaticm des nouvelles de Madrid et dit qu'il ne croit pas que Venise fera des difficultés pour écrire au pape, en lui exprimant des regrets pour ce qui est arrivé, notifiant en même temps le retrait du capitaine du Golfe. Et il ajoute que le Savio^ qui dans cette semaine doit rapporter l'afïaire au Sénat, est Nani, et il exprime la crainte qu'il la défende faiblement s'il sait qu'il est refusé à Nimè^ue(l). Et, le même jour, il annonce que l'ambassadeur d'Espagne fit des ouvertures en vue d'une li^^ue offensive avec l'Italie contre les Turcs ou tout autre nation qui voudrait troubler l'ordre; mais on lui répondit par des généralités ; que l'on voulait voir d'abord ce que ferait l'Angleterre et décider ensuite à propos des dispositions à prendre.

Le 6 mais, Cybo, mande à Mellini que, voyant que Venise n'a plus parlé touchant la combinaison proposée dernièrement, le pape lui ordonne de laisser tomber l'afïaire (2).

(1) Et, le 5 février, il informe que Barbaro a mandé au Sénat: que Mgr Favoriti est venu chez lui pour lui annoncer que l'Espagne a tout remis à l'arbitrage du pape et demande si la république voudrait écrire à S. S. une lettre exprimant des regrets pour la dispersion des troupes au passage du Golfe, qu'il lui a annoncé aussi que l'on avait pris des mesures contre le capitaine; et l'ambassadeur ajouta, qu'ayant répondu en faisant des réserves au sujet de da punition, il demanda au prélat si, au cas où la république écrivait cette lettre, on avait l'assurance que les Espagnols s'en contenteraient; que Mgr Favoriti répliqua qu'il le croyait, ■et Barbaro conclut en disant que, sous peu devant parler au pape, il se réservait d'en écrire plus au long au Sénat; ce que le prélat approuva en ajoutant qu'il attendait d'autres communications.

(2) Et, le 2 avril, Mellini lui répond qu'il se conformera à cette instruction, mais qu'il doit dire que don Juan attend avec anxiété

LE CARDINAL PORïOCARRERO SE REND À ROME 655

Dès ce moment, c'est la proposition de la constitution d'une ligue qui intéresse exclusivement la Cour d'Espagne, et, pour réussir auprès du pape, on envoie à Rome le cardinal Portocarrero (1) comme ambassadeur extraordinaire et porteur de lettres royales pour S. S. Et, le 29 mai, Cybo transmet à Mellini un bref pour le roi en réponse des lettres royales remises à N. S. par Portocarrero.

une décision, qu'à cliaque audience S. A. lui demande si la république a répondu au pape. « Voulant découvrir la pensée du duc, j'ai demandé, comme de mon propre mouvement, si l'affaire du Golfe arrangée, la république serait médiatrice, S. A. se montra d'abord hésitante, disant qu-e de cela on en parlerait ensuite, mais finit par avouer que S. M. l'admettrait et que les auties l'auraient suivie. Don Juan exprima le désir que ce fut un autre que Nani à représenter Venise à Nimégue, mais même sur ce point j'ai fini, écrit le nonce, par le gagner, car S. A, conclut en disant qu'il fallait faire vite l'accommodement pour avoir la médiation vénitienne. Et, le 13 mai. il ajoute que dans l'audience qu'il eut de don Juan à Harranguez, S. A. lui demanda encore s'il pouvait lui donner des réponses touchant le Golfe, et qu'il lai répondit que la répjublique opposait toujours des difficultés à écrire la lettre demandée. Le duc en montra du regret, trouvant que rien ne s'arrangera^ surtout à cause des mauvaises humeurs entre S. jS. et Venise à propos de la nomination du Patriarche, mais qu'il lui répliqua d'ignorer tout cela; et duc l'ayant interpellé, à son tour, s'il croyait que. composé les différends, Venise pourrait être médiatrice, il répondit affirmativement et que l'empereur aussi en serait content. Et, en effet, le lendemain a3^ant vu le résident césarien et lui parlant de la médiation du Portugal, à défaut de Venise, il répondit qu'elle ne serait pas agréée par tout le monde* (1) E giunto quà il Cardinale Portocarrero che si va mettendo in assetto per fare la sua ambasciata straordinaria ; terminata la quale fermera fino à nuovo ordine la sua dimora in questa Corte, accrescendo il numéro del S. Collegio, che va dirainuendo con scarsezza de sogettisi nelle funzioni di Palazzo, come nelle Congregazioni. {Avvlso du 30 avril 1678. Arch. A'at. vol. 43).

65(i l/iMPARTIALITÉ p'iNNOCENT

« Dans ce bref N. S., écrit Cybo, s'en remet à ce que dira V. S. touchant la li^ue contre les Turcs dont on a parlé plusieurs fois. V. S. dira que S. S. ne veut pas tolérer qu'on s'occupe de ligue en Italie dans la crainte de donner des soupçons à la France en des moments oii il est nécessaire qu'on conclue la paix entre les princes chrétiens à Nimègue, et alors que, pour la négocier, il ne reste que la médiation papale... On ne peut pas dire que Messine ayant été abandonnée, et que ne possédant plus rien en Italie, la France n'a pas de raison de craindre cette ligue, car elle est libre d'envoyer des soldats dans d'autres provinces. Du reste, les Français peuvent demander pourquoi l'Espagne n'a pas porté secours aux Polonais lorsque ceux-ci étaient en guerre avec les Turcs. Les Espagnols doivent se rappeler que lorsqu'on leur prédisait que les Turcs viendraient en Hongrie et en Italie et que Clément les priait instamment de concéder au moins les dîmes dans leurs possessions italiennes, ils s'y refusèrent. Pour toutes ces raisons les Français pourraient bien croire que, négociant une ligue, on n'a pas seulement en vue de combattre les Turcs, et, par conséquent, ils auraient de la méfiance envers le pape. D'autre part il est impossible de faire une ligue sans les Vénitiens, mais ils ne veulent plus faire de guerre, ayant été épuisés par celle de Candie. Les autres princes d'Italie ou sont très faibles, ou sont retenus par de puissantes raisons. S. S. croit aussi que le véritable moyen de résister aux Turcs ce ne sont pas les ligues. Il est très difficile de maintenir l'union des coalisés à cause des lenteurs qui la rendent souvent infructueuse, ainsi que l'enseigne rex[)érience de la ligue du B. Pie contre Sélim. Clément IX, dans les dangers extrêmes de la guerre de Caiidie, n'a pas entrepris de ligue, mais a conseillé à chacun de faire par soi-même. S. S. ne manquera pas d'exciter les autres princes et de faire remarquer que, comme les plus puissants sont l'empereur et l'Espagne, il est nécessaire, qu'en attendant, ils

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