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LE PAPE REFUSE LA PROPOSITION DE LA LIGUE

aient à contribuer à la conclusion de la paix; tout cela, conclut Cybo, S. S. l'a dit au cardinal Portocarrero, et Y. S. doit le répéter à S. M. et à don Juan » (1).

(1) Le même jour, Cybo engage Mellini à répondre au roi et à don Juan, s'ils disent qu'aussitôt la médiation finie il faudra demander aux Italiens d'entrer dans la ligue: qu'en général les ligues ne sont pas nécessaires, mais plutôt dangereuses, à cause des intérêts opposés des coalisés ; que ces ligues agissent lentement, tandis que si chacun travaille pour son compte on obtient plus vite un résultat. « Et V. S. peut ajouter, que l'Espagne ne s'étant pas accordée avec la république de Venise, toute ligue sans celle ci est inutile et que, comme le pape ne peut donner d'autres secours que des prières, on donnerait occasion à d'autres de s'en mêler et de chercher des prétextes pour troubler la tranquillité de l'Italie. »

Précisément, de Venise venait la confirmation de ce que disait Cybo, par la rivalité qui existait alors entre le duc de Mantoue et celui de Modène à propos de la succession de Guastalle.

En efïet, le 5 mars 1678, Airoldi informe Cybo que la présence à Venise du duc de Mantoue est le sujet de bien des conversations. On dit qu'il traite avec la république pour l'affaire de Guastalle, mécontent que les Espagnols s'en soient occupés; d'autres, au contraire, prétendent qu'il négocie avec la France pour qu'elle mette une garnison à Casai et que déjà un courrier du duc serait parti pour Paris. . . On m'assure, écrit-il, que le duc a demandé au Sénat de lui accorder un Ministre pour traiter avec lui, on lui députa un Savio de terre ferme, auquel il exposa les différends qu'il a avec le duc de Modène pour la succession de Guastalle et priant le Sénat de lui accorder aide, comme voisin, en cas d'une rupture; et le Sénat, dans les Pregadi de jeudi dernier, lui répondit d'une manière vague. Un arrangement avec la Erance est à craindre. . . On ignore s'il est vrai que les Espagnols aient dit au duc que la garnison de Casai doit être composée d'Allemands; et même de son côté l'Impératrice Eléonore a des droits sur Casai comme dot... Le duc a besoin d'argent; ses ministres sont favorables à la France, mais il ne paraît pas qu'il soit de leur avis de traiter avec cette nation. « Le 12, il écrit que les Espagnols sont peu satisfaits de savoir le duc de

658 l'impartialité d'innocent

Le P'^ avril 1679, l'auditeur Jacobelli, mande à Cybo:

La risposta précisa che il sig. Gard. Basadonna scrisse in Senato liaver dato à mous. Favoriti, fù che la republica nel desiderio e nella volontà sempre sarebbe stata la prima ad incontrare il zelante fine di N/^ S*''^; ma che nell'esecutione anche sempre sarebbe stata l'ultima : qiiale risposta hà incontrato il genio publico, perché non solo hanno considerato non possa effettuarsi questa unione per la positura nella quale si trovano gli aifari di tutti li principi cattolici; ma anche perché non vi sarà mai ragione sufficiente à poter persuadere questi sig." di romperla col Turco, tanto più che hora la republica si trova in stato assai debole et affatto sprovista per intraprender guerra, essendo che non hà né capi, né soldati agguerriti ; e stima anche difficile il po terli trovare con oiï'erta ancora di soldo avantaggioso per la poca

Mantoue à Venise, tandis que leur ministre l'attend à Mantoue. Le duc de Modène se plaint aussi qu'il ne veuille pas négocier pour Guastalle. On dit que la France, dans cette affaire, soutient Modéne et qu'il est probable que le duc de Mantoue, de son côté, prête l'oreille - au trés-chrétien, afin qu'il ne soutienne pas son rival. Et, le 19, il ajoute que le duc de Mantoue est toujours inquiet parce que les Français et aussi les Espagnols veulent mettre une garnison à Casai. Ici on lui conseille d'aller s'installer en cette ville et il parait qu'il y ira pour Pâques. Mais, le 9 avril, il annonce que le duc persiste à ne pas vouloir négocier l'affaire de Guastalle ; et on croit qu'il a envoyé en France son ministre Valardi et que Modéne, pareillement, s'entend avec le trés-chrétien. L'ambassadeur de France dit au nonce qu'à Paris on est content de cette discorde et de voir, qu'au sujet de Guastalle, les Espagnols travaillent contre Mantoue, dépendant de Vienne ; que celui-ci pourrait, s'il voulait, avoir un appui en France et il croit même que des négociations sont déjà entamées. Le roi cherche à tenir en suspens les deux ducs, mais il est très-probable qu'il finira par favoriser Mantoue, afin de détacher tout-à-fait le duc de la maison d'Autriche. Et, le 16, il assure que Valardi est à Mantoue et que l'empereur a écrit aux deux ducs de rester en paix.

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