RÉPONSES DE CYBO À DEL CARPIO
parce qu'elle avait déjà été accordée. S. S., durant la guerre entre l'Espagne et le Portugal, en Catalogne, retarda toujours la nomination aux évêehés vacants de patronage royal qu'alors on se disputait les armes à la main, mais conféra, néanmoins, toujours les Prébendes vacantes dans les églises de ce royaume, lorsqu'elles appartenaient en pleine liberté au pape qui, se prévalant de ce qui est à lui, ne fait de tort à personne. « Del Carpio se plaint, continue Cybo, qu'on n'accorde pas les dîmes; mais il ne se plaindrait pas s'il connaissait les ditficultés qui s'y opposent; car il faut se rappeler que cette instance fut déjà présentée sous le pontificat précédent, qu'elle trouva opposition dans les protestations des évêques de Castille et de Léon, qui, par l'entremise du nonce Marescotti, envoyèrent ici un rapport justificatif de la misère de leur clergé et de tout ce qu ils ont payé durant de longues années. 8. S. a déjà chargé une Commission d'examiner encore une fois les rapports des prélats, et c'est l'absence du cardinal Carpegna qui retarde la réunion de cette Commission. » Toute Rome déplore les désordres et le mal dont souffre la ville par l'abus des Quartiers. Dans celui d'Espagne, plus de trente voleurs trouvent refuge. L'ambassadeur semblait ignorer le véritable état des choses, et, aussitôt arrivé, il parut décidé à vouloir obliger tous les mauvais sujets de quitter ses quartiers, mais il s'y prit d'une manière autoritaire, car il voulait faire partir les habitants de 700 maisons, exceptant seulement le cardinal Maldacchini. Cybo, l'ayant su, dit à l'ambassadeur que le pape ne pourrait tolérer un ordre semblable, et, comme son ami et serviteur du roi, il conseille à l'ambassadeur de renoncer à ses projets; car le pape, père de Rome, n'oblige personne à quitter sa maison sans une raison satisfaisante,^ qu'il s'agisse d'un propriétaire ou d'un locataire; Carpio se serait montré irrité de ce conseil car il répondit qu'il renoncerait à ses projets, mais qu'il n'entendait pas recevoir
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de conseils; et Cybo se borna à répliquer que, ministre de S. S., il devait obéir aux ordres du pape. S. S. regrette beaucoup d'apprendre que Carpio se plaigne de l'élection au généralat des Barnabites, du Père Fautif religieux plein de piété, qui durant trois ans avait bien administré l'Ordre. L'ambassadeur, poussé par des religieux milanais turbulents, a fait instance auprès de 8. B. pour que plusieurs électeurs fussent changés afin d'empêcher l'élection de Fanti, mais le pape répondit à cette demande, qu'ils étaient tous dignes d'estime et qu'il ne les changerait pas; et l'ambassadeur en fut fâché. Le marquis del Carpio se plaint aussi que S. S., à la supplication de l'ambassadeur de France, ait permis que Borri (1), né en pays soumis à la domination du roi catholique, fût transféré des chambres du Saint-Office dans le château Saint-Ange, où, disait Carpio, il aurait eu un meilleur air tout en étant traité avec plus de rigueur. N. S. s'est laissé attendrir par l'ambassadeur de France qui doit la vie à Borri, considérant d'ailleurs, que ce transfert ne portait pas le moindre préjudice à la justice.
(1) F. M. Borri. milanais, fut envoyé à Rome pour faire ses études au Séminaire, et pendant quelque temps il fut attaché à la Cour. Mais il montra de suite une forte intelligence, et s'adonnant à des études de chimie et d'une prétendue philosophie, il chercha de couvrir sa vie licencieuse et d'intriguer par des idées d'une nouvelle religion; s'étant aperçu que l'Inquisition s'accupait de lui, il s'enfuit, mais, en attendant, l'Inquisition de Rome l'avait condamné en contumace et brûlé son effigie au Campo dei Fiori. Borri se réfugia à Strasbourg et ensuite en Danemark, y exerçant une prétendue médecine. Mais passant par l'Allemagne pour se rendre à Constantinople, dans le doute qu'il pût être un des conspirateurs hongrois, recherchés par l'autorité impériale, on l'arrêta et on en donna avis à l'empereur, qui ouvrit la lettre annonçant l'arrestation, en la présence du nonce, lequel réclama Borri par ordre de l'Inquisition. L'empereur en