‹ Innocent XIChapitre 275 sur 290 · PLAINTES DE CYBO AU SUJET DES GALÈRES · texte numérisé non relu

PLAINTES DE CYBO AU SUJET DES GALÈRES

Le 16 juin, Cybo informe Yarese: «que depuis longtemps, huit galères françaises mouillent dans le port de Civitavecchia, afin de s'unir à celles de Messine qu'on attend. Leur séjour donna l'occasion à l'ambassadeur d'Espagne de se plaindre et d'adresser, sur ce sujet, un mémoire à S. S. parce qu'on trouve que par ces galères restent presque bloquées les plages de la rivière de Toscane, et elles empêchent le commerce entre Rome et Naples. Il ne manque pas de motifs pour se plaindre d'une aussi longue demeure dans les ports d'une armée étrangère. S. S. jugea nécessaire de donner à l'ambassadeur quelque satisfaction, car réclamaient avec lui le vice-roi de Naples et le gouverneur de Milan; il envoya le secrétaire du chiffre chez l'ambassadeur de France pour s'informer de ce qui se passait, le priant de trouver un moyen pour que les Espagnols n'aient pas à se plaindre et que S. S. ne soit pas molestata. L'ambassadeur doit s'être aperçu de la manière circospetta et soave avec laquelle le secrétaire du chiffre exécuta sa mission; et je crois, qu'en ces termes, il en aura informé S. M. Mais, afin qu'aucun ombrage ne puisse donner lieu à des malentendus, et altérer l'excellente correspondance qui court et qui je l'espère deviendra toujours plus intime et confiante entre S. B. et S. M., j'ai voulu en avertir Y. S. lU.me » (1).

accorda la remise à condition qu'il ne fût pas mis à mort. Rendu à la prison du Saint Office, il fit dans l'église de la Minerva une rétractation. Le duc d'Estrées, ambassadeur de France, étant malade, obtint d'être soigné par Borri et guérit ; il pria le pape Innocent de faire changer Borri de prison, le reléguant au Castel Sant'Angelo où il put jouir d'un peu plus de liberté. (Voir la Chiave del Gabinetto del Cav. Borri, Colonia MDCLXXXI).

(1) Le 25, Varese lui répond: « qu'il s'est rendu à Versailles pour parler des désordres commis par les navires messinois et

Le 8 juillet, MelliDi répète au cardinal que le duc d'Alva, après avoir parlé des navires etc. s'est plaint aussi que, sur la demande de l'ambassadeur de France, le Saint- Siège ait nommé chanoines à Messine, deux frères, qui sont connus en cette ville comme contraires à l'Espagne; et que dans sa réponse il n'a fait que suivre les instructions de S. Eminence. Et, le 23, il ajoute que le duc d'Alva lui ayant reparlé des trois questions: le transport de blé pour les Messinois, le séjour des navires à Civitavecchia et la capture de la barque à Nettuno, il déplora que les Français fussent aidés en tout cela et que le pape ne fasse rien pour s'y opposer. «A ces plaintes j'ai répondu, écrit-il, qu'on cherche à accumuler une foule de difficultés qui n'ont pas de fondement; que de cette manière on ne donne pas de preuves de confiance; que ce n'était pas le moyen de se procurer la bienveillance du pape, mais au contraire de provoquer en lui de la méfiance. » Le 1 7, Cybo lui mande, qu'ayant voulu vérifier le bien-fondé de ce que dit del Carpio à propos de l'accueil qu'auraient reçu les navires français à Livourne avant d'arriver à Civitavecchia, il a appris qu'ils y restèrent tant qu'il leur plut Toutefois, à la suite des réclamations, N. S. a cherché à leur faire quitter Civitavecchia, mais il n'a pas voulu les éloigner par la force, car il aurait fallu faire des actes d'hostilité qui ne conviennent pas, en tant que préjudiciables à la médiation pour la paix entre les deux Couronnes. Le 24, il ajoute:

Questo per verità è infallibile, che N. Sigûore abbraccia con pienezza di paterno, tenerissimo affetto la persona, la monarchia

français; et que Pomponne l'assure d'en avoir parlé au roi; que S. M. avait désapprouvé tout ce qui était arrivé et envoyé des ordres à ses comnaandants de se maintenir dans le respect des côtes ecclésiastiques et de restituer tout ce qui avait été capturé sur les côtes. »

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