LE PAPE SE PLAINT DES AGISSEMENTS DE DEL CARPIO
des blés sur Jes côtes de sou état. Tandis que S. S. s'attendait à ce que ces ministres si sages se seraient rendus à révidence des raisons de Y. S., voilà qu'il arrive à S. B. ]a nouvelle que quelques uns d'eux auraient prononcé des paroles clairement défavorables pour la paternelle et immuable impartialité de N. S. à l'égard des Cours catholiques. Le pape en a été tellement affligé, qu'il me manquait presque le courage de l'avertir à ce sujet... S. S., après tout, ne comprend pas comment on peut joindre aux remercîments des plaintes de manque d'affection lorsqu'elle tolère l'individu qui cherche à insinuer une conception défavorable de la particulière affection de S. B. pour la Cour; et celui-ci a poussé si loin sa témérité qu'il a perdu le respect envers le ministre principal du pape, et qu'il a élargi ses Quartiers dont le pape a toujours nié la prétention et fait voir combien il les détestait. 11 avait déjà écrit à sa Cour qu'il s'était presque retiré du quartier, et dans des termes si clairs que don Girolamo de Eguja ne pouvait pas admettre le contraire. Carpio non-seulement n'a pas restreint le quartier, mais il en étend toujours les limites. Mais, le 7 août, Cybo informe Mellini d'avoir reçu deux lettres royales touchant, l'une, la prétendue exportation des blés des ports des Etats de l'Eglise et, l'autre, la capture de la barque à Corneto par des corsaires français, comme si S. S. y avait contribué de connivence avec les rebelles. « Le pape a été étonné, écrit-il, parce que S. M. ferait douter que N. S. se montre incliné plutôt vers la France que vers elle, craignant aussi que les ministres aient cette idée. Toutefois N. S. a une grande affection pour le roi ainsi que pour le bien de la Couronne, et il croit en avoir donné des preuves; par conséquent, si S. B. éprouva de l'horreur en apprenant que les ministres doutaient, elle en fut doublement troublée, c'est pourquoi elle répond par des brefs, pour enlever à S. M. tout doute et l'assurer
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aussi de son affeotion. Dans le bref on se remet aux déclarations que V. S. fera de vive voix, afin de ne pas répéter la confutation de plaintes mal fondées, car il pourrait se faire qu'on y introduise quelques phrases qui puissent troubler Vâme tendre de S. M — V. S. doit, conclut Cybo, répéter les raisons qui touchent la justice des traites pour les blés, et qu'on a écrit déjà à propos de la barque capturée par les corsaires...».
Le 20, Mellini informe que dans une conveisatiou qu'il a eue avec S. A. touchant les canonicats de Messine et la nomination de l'archçvêque et archimandrite proposée par l'Espagne, il a expliqué que l'archevêque étant le chef spirituel non-seulement de la ville, mais aussi des localités environnant Messine et qui sont encore à l'Espagne, il aurait fallu pour contenter les deux Couronnes en nommer deux; tandis que pour les canonicats, les nominations étaient déjà à la Daterie, lorsque l'ambassadeur del Carpio fit sa demande; qu'à ce moment, don Juan s'est plaint qu'on ne fasse rien pour la Couronne; et qu'il lui répondit: « S. Em. ayant lu à S. S. les périodes des dépêches contenant les plaintes qu'on élève ici contre S. B. en l'accusant de peu de bienvei-llance, le pape en fut affligé; j'ai ajouté, écrit-il, qu'on a défendu la sortie du blé de l'Etat, parce que la récolte a été mauvaise; et qu'on avait protesté de nouveau à Paris au sujet des barques. Et j'écris, conclut-il, tout cela à Y. Em., et elle verra si c'est le cas d'en faire lecture à S. S.... » Le 2 septembre, il ajoute, que le duc d'Alva lui fit voir les dépêches de Carpio où il se plaint que S. B. lui ait fait des réponses plus mauvaises que celles qu'on fait ici à S. A. touchant les canonicats de Messine; mais j'ai protesté, écrit le nonce, car en altérant toujours tout, on finirait par donner occasion à S. S. de impiedirsi réellement. « Et, le jour suivant, il l'informe qu'en remettant au roi le bref en réponse à la lettre royale au sujet des blés, il a déclaré que