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MELLINI DÉMONTRE LE NON FONDÉ DES ACCUSATIONS

N. S. s'était plaint à plusieurs reprises à la France et que la restitution de la barque était déjà accordée. Le nonce ajoute qu'après l'audience du roi, il a exprimé son étonneinent à don Gerolamo d'Eguja, de ce que S. M. ait écrit au pape sur des affaires si peu importantes et après qu'on avait déjà donné des explications; que Don Gerolamo se montra très-étonné, n'ayant aucune connaissance des lettres, lesquelle-^, en tout cas, n'étaient pas passées par ses mains; mais qu'il dit pourtant que, tandis qu'ici on ne doutait pas de l'affection paternelle de S. S. pour rF]spagne, on n'était pas aussi sûr de la conduite de ses ministres, car le gardien de la Tour de Corneto ne bombarda point le corsaire française qui a capturé la barque; mais, au contraire, l'invita dans la Tour et que la punition de ce gardien ayant été demandée, rien n'avait été fait. Et plus tard, poursuit-il, ayant dit à S. A. que tout cela faisait beaucoup de peine à S. S., don Juan lui lépondit qu'il ignorait absolument les lettres ou que, du moins, il ne s'en souvenait pas, et qu'il se proposait de voir comment elles étaient parties; mais que, du reste, le Saint-Père peut comprendre la justesse de ses plaintes, parce que l'Espagne y est intéressée... «J'ai répondu qu'il aurait raison si le gouvernement avait refusé . d'y porter remède tant que cela lui était possible, mais que ce n'était pas en son pouvoir dans le cas actuel, car le gouvernement n'avait ni prêté son concours à l'exportation du blé, ni pu l'empêcher à cause de l'étendue de la mer, ni refuser les traites à ceux qui, étant en règle avec la Chambre apostolique, y avaient droit par contrat; et S. A. sembla se convaincre et m'assura de nouveau de vouloir chercher la vérité sur les lettres » (1).

(1) Le 18, Cybo lui répète qu'il n'a été question que d'un seul canonicat à Messine et non de deux, et qu'on y a pourvu sur la demande de l'ambassadeur de France, et cette collation fut anté-

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Mi>r Muzio, nonce à Turin, écrit à Oybo le 6 octobre:

Ricevuta, ch'io hebbi la lettera di V. E. con ogni solecitudine mi portai dal Marchese di S. Tomaso, et ottenni lettera di M. régente diretta al présidente Castelli in Nizza, acciô trattenesse la galeotta Messinese, quale haveva depredata in quelle spiagge romane il bergantino livornese, che non si potè ottenere, che con la conditione, salva la franchiggia del porto di Villafranca, et incontinente fù spedita la detta lettera per huomo apposta al soccolettore de spoglij di detta città, che in mancanza degl' interessati, facesse lui le instanze, con ordine di non tralasciare veruna di quelle parti, che erano necessarie per conseguirne l' intento, doppo il che arrivé un inviato dal S.^^ présidente Castelli, con avviso, che il padrone délia Galeotta asseriva esser quelle robbe di ragione del S/ ambasciatore di Spagna costi résidente, e che ne haveva salvocondotto dal governatore di Villafranca. Su ciô mi, fanno credere ha ver scritto risentitamente al detto governatore et haver ordinatO; che si amministri giustitia a depredati, quali già sona in Nizza, et hanno qui spedito ad un tal canonico Rossetti con

rieure à la demande de celui d'Espagne pour un autre candidat. « Il est vrai, toutefois, que si la demande du marquis était arrivée à. temps, il n'était pas convenable que le pape l'acceptât, car il était certain que ce candidat n'aurait pas été mis en possession du canonicat et, par conséquent, l'église et le chœur de Messine seraient restés dépourvus du service d'un chanoine. L'Espagne, ne doit pas trouver étrange ce procédé, car on n'a pas oublié ce qui fut pratiqué en Portugal pendant tout le temps que dura la guerre entre les Castillans et cette nation, et ce fut pour 20 ans. Pendant ce temps on n'a jamais pourvu aux églises cathédrales, mais on donna toujours les canonicats et les bénéfices majeurs aux Portugais, qui n'avaient pas d'empêchement à tenir l'autel, et non pas à des Espagnols ou à des dépendants de l'Espagne en faveur desquels n'auraient pas eu de valeur les balles apostoliques. Par ces considérations, V. S. fermera la bouche aux plaintes, » Et, le 3 octobre, il répète qu'un seul canonicat a été donné dans la Métropolitaine de Messine, et que, si l'ambassadeur dit le contraire, cela n'est pas exact.

CÏBO KAl'l'ELI.E A VARESE LA BUl.LE « IN ((KNA DOMIXI » (ud

lettere del Console Fraiicese ressideiite in Livorno dirette a questo S*"^ ambasciatore di Francia, qualô ha dato l'annessa sii])plica, e ha ottenuto la lettera, che pure qui ingionta invio à V. E ; fù perô i)ersuaso detto cancelliere a non presentarla, perche potendo servire di pretesto a giudici del Consolato di Villafranca, di lasciarla partira, e portandosi detta galeotta su porti di Francia, quando anche non se ne difficoltasse la restitutione, si accrescerebbono al maggior segno le spese a dannificati, e percio io non hô mancato di far scrivere al detto présidente Castelli, acciô in questo cas© favorisca i derobbati. Hô perô qualche giusto motivo di dubitare délia sincerità de gli ordini dati, perche quando ne parlai col Marchese S. Tomaso, questo mostrô non haver scienza alcuna di questo fatto, e pure doppo io hô penetrato, che antecedentemente aile mie instanze era stato qui uno de gl' interessati. E detto Marchese in oltre hà spedito uno a posta, acciô ponga prima dell'ordine da me inviato et ha procurato che detto spedito con sue letere prevenga quello, che porta l'ordine ottenuto dal S^" ambasciatore di Francia. Intanto io ho fatto sapere per mezzo dal predetto cancelliere Rossetti à marinari depredati, che mi ragguaglino quanto li occorrerà, acciô io possi assisterli. corne farô, con ogni premura in questo fatto. Che è quanto intorno à ciô tengo da significare all'E. V. alla quale per fine bacio humilissimamente le mani.

Le 3 novembre, Cybo écrit à Varese, qu'à propos des armateurs messinois, il doit faire lire au Père confesseur la bulle In Cœna Domini^ qui impose, à ceux qui favorisent ou défendent les corsaires de la mer de l'Etat ecclésiastique, particulièrement de Terracina à Monte Argentaro, l'excommunication réservée au pape, afin que les ministres soient avertis de ne plus se mêler de ces choses, et de laisser courir la punition. Mais, le 10, il ajoute qu'il ne doit plus parler des armateurs faits prisonniers par les galères pontificales à l'île du Giglio, parce que tout a été arrangé avec l'ambassadeur tant pour ce qui touche aux prisonniers qu'au commandant des galères. Le cardinal croit que le roi aura

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été content de cette grâce, et il engage le nonce à saisir cette occasion pour montrer à Pomponne et à S. M. combien est grand le désir de S. S. de satisfaire le roi, même en des choses ditficiles comme celle-ci, en laquelle la réputation de N. S. aurait pu être en jeu, car le vulgaire pourrait douter de la connivence du Saint-Siège avec les corsaires, ainsi qu'on se doutait d'une dissimulation lorsque les Espagnols enrôlaient par force. »

Le 23 décembre, Mellini informe Cybo « qu'ayant parlé à S. M. de l'idée du pape de proposer une suspension d'armes, au moins pour ce qui touchait l'Italie, le roi se borna à répéter qu'il réfléchirait à ce sujet; mais que don Juan lui demanda si Messine y serait comprise et que, dans ce cas, il était inutile d'en parler, car il serait impossible ensuite d'enlever cette ville aux Français; et que S. A. ajouta que tout faisait comprendre que ces peuples se soumettraient de nouveau à la domination espagnole, fatigués de supporter les charges des Français. J'ai fait observer, écrit le nonce, que si les Turcs venaient en Italie, l'Espagne y perdrait beaucoup et les Français rien. » Mais, le 23 janvier 1678, Cybo Jui répondait que la suspension d'armes avait été demandée en cas de succès des Turcs; et que ces craintes étaient dissipées par la fameuse déroute de Cechrino et parce que la guerre continue avec les Moscovites; par conséquent il n'est plus nécessaire d'insister pour la suspension... Et, toutefois, Cybo lui annonce que l'ambassadeur de France ayant écrit sur ce sujet à son roi, S. M. lui répondit qu'il louait beaucoup la pensée de S. S., mais qu'ayant à s'occuper de tant de choses graves, il ne pouvait y concourir que par le désir; mais que N. S. répliqua à l'ambassadeur qu'il avait confiance en la piété royale, si le besoin s'en faisait sentir — que pour le moment il n'existe pas, la divine providence ayant permis que les Turcs soient occupés ailleurs, — S. M. passera alors par dessus toute difficulté

LES FRANÇAIS AHANDOîs'NENT iME.SSlNE G8i

et fera jouir la Chrétienté du fruit de ses armes qu'elle a plus d'une fois expérimenté. « Et le Saint-Père, écrit-il, chart^ea l'amb'assadeur de transmettre au roi très-chrétien ces expressions de sa confiance paternelle. »

Le 23 février, Cybo écrit à Varese que les navires français ne cessent de produire des désordres en ces mers et de capturer les barques qui pourvoient Rome de vivres, nuisant ainsi à son commerce avec les autres nations. Récemment ils ont capturé à Nettuno une barque qui portait du vin de Naples, et une autre, sous une tour de l'Etat ecclésiastique dans le territoire du duc Gaetani, par conséquent les marchands toujours plus craintifs commencent à abandonner le commerce avec Rome, laquelle sera bientôt réduite à la misère. S. S. veut que Y. S. III. me en présente des plaintes à S. M. et à Pomponne afin de délivrer le pape de tant d'amertumes. »

Le 3 avril, Cybo informe Mellini que l'ambassadeur a rapporté de source sûre que Messine (1) et autres localités de la Sicile ont été évacuées par les Français et sont rentrées

(1) Muratori dans les Annall d'italia aux pages 6(5, 68 du Vol. LU décrit la situation de Messine à ce moment:

. . . Perô volendo risparmiare (il re di Francia) le tante spese che gli costava il mantenimento di Messina, città che già si avea d'abbandonare, non voile aspettare il tempo délia pace, ed improvvisamente spedi ordine al maresciallo délia FogliaoJa, il quale era stato spedito cola con richiamarne il duca dl Vivona, che immediatamente con tutti i suoi se ne tornasse in Francia. Dopo avère il maresciallo imbarcata tutta la sua gente col pretesto di voler tare una impresa, porto questa dolorosa nuova al Senato, e rimise ai Messinesi le guardie di tutte le fortezze. Indarno fu pregato di sospendere per un po di tempo la sua partenza. Rispose, essere cosi pressanti gli ordini suoi, che gli conveniva far vêla in quel giorno, offerendo nondimeno di ricevere nelle navi chiunque dei

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SOUS l'obéissance de la Couronne catliolique; que N. S. apprit tout cela avec une grande satisfaction, vu sa tendre affection envers la Couronne, espérant aussi que cela facilitera

Messinesi volesse far partenza con hai. Uscito ch'egli fu di quel luogo, furono molti di parère che bisognava tracidar quanti Francesi ivi erano, e voltare il caniione contro le lor navi, e mandarle a fondo. Ma a si bestial consiglio prevalse quello dei timidi e saggi. Pero ad altro non pensarono i nobili e popolari, ch'erana stati più caldi nella ribellione, che di sottrarsi alPira e vendetta degli Spagnuoli da loro riguardati corne gente implacabile. Che terribile scena, che compassionevole spettacolo fu mai quello ! che urli che singhiozzi che lagrime ! Ben settemila persone andarona per imbarcarsi con somma fretta, perché non più di quattro ore fu dato loro di tempo. Chi lasciava moglie e figliuoli indietro, chi seco menava la famiglia tutta, portando quel poco di megiio che poteva ed al tri nuUa pretendendo: tanta era la loro ansietà d' imbarcarsi. Infatti duemila, gridando invano misericordia, ne restarono in terra, perché il maresciallo per timoré di troppo carico fece sciogliere le vêle e se ne ando.

Ciô fatto, quella città che prima a^ ea da sessantamila abitanti, a cagion dei già morti nella difesa, o allora fuggitivi verso la Francia, o precedentemente ricoveratisi altrove, ridotta a sole uudicimila persone trovando sprovvedute di ogni munizion le fortezze e se stessa impotente a poter resistere: spedi deputati al governator di Reggio, pregandolo di venire a prenderne il possesso. Vi andô egli, ne molto stettero a giungere cola da Melazzo i duchi di Bornoville e di Conzano colle régie milizie ai q-ùali furono consegnate le fortezze. Sopraggiunse dipoi anche il nuovo vicere don Vincenzo Gonzaga, che rallegrô Pinfelice popolo con publicare un perdon générale finchè venissero gli ordini délia corte di Madrid. Vennero questi e pieni di fierezza. Cioe furono confiscati i béni di chiunque era fuggito; privata di ogni previlegio la citta ; distrutte case piantate memorie infami délia ribellione ; bandito chiunque avea cariche dai Francesi con altri rigori che io tralascio ; tali certamente che quella illustre citta per gran

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