‹ Innocent XIChapitre 281 sur 290 · CYBO REPOUSSE CETTE INVENTION G8*J · texte numérisé non relu

CYBO REPOUSSE CETTE INVENTION G8*J

manière S. S. eu était avertie, mais si l'eu parle de nouveau de cette imposture, Y. S. fera bien de faire connaître à S. M. avec quelle malignité et quelle astuce agit ici le ministre d'Espagne, pour cacher la vérité et rendre suspecte la volonté de N. S. Elle doit, par conséquent, encourager S. M. à continuer en Espagne ses bons oliices, afin qu'on porte remède à ces désoi'dres. »

La république de Raguse

Depuis des siècles, la république de Raguse se maintenait indépendante; elle avait été souvent aidée par le Saint- Siège comme boulevard contre les Turcs, étant toujours menacée par ceux-ci, qui voulaient avoir un port sur l'Adriatique. Innocent lui fut large de secours, et, fréquemment, il cita cette république comme exemple de valeur et d'énergie contre les Turcs.

Le 27 février 1677, Airoldi mande à Cybo qu'il y a quelques jours, le Sénat ordonna au commandant du Golfe de bien surveiller les navires de Raguse. On a cru que c'est parce que le nonce a appris cet ordre qu'il a parlé au Collège, pour que la navigation au port d'Ancône soit libre, alléguant que depuis longtemps il n'y a pas eu de faits pour justifier une telle réclamation. Et on allait même jusqu'à accuser des prélats de l'avoir informé de ce qui s'était passé au Sénat. «A celui qui m'en parla, écrit-il, je répondis de mon ignorance de l'ordre du Sénat, mais que la plus grande explication est plutôt la cessation' de tout commerce dans le port d'Ancône: les navires de Raguse n'y viennent plus, à cause des menaces du capitaine du Golfe. On n'a jamais voulu accepter les satisfactions données par le ministre de Raguse à propos du manque du salut à ce commandant. Pour les Vénitiens, il n'y a rien de mieux que de savoir que le commerce des draps (Pannina) est

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en souffrance dans les Etats de l'Eglise, dans l'espoir qu'on poussera jusqu'à Yenise pour acheter Jes laines et autres marchandises; en effet, les navires qui arrivent directement à Venise sont très bien accueillis, mais ceux qui se rendent à Ancône sont maltraités. »

Mais, le même jour, Airoldi informait le cardinal que la manière dure, avec laquelle la république traite les habitants de Raguse, leur empêchant la navigation et le commerce, dont ils vivent, laisse douter que, poussés à la vengeance, ils profitent des rapports avec les Turcs pour les exciter contre Venise. On dit que le grand-Vizir prépare une flotte; V. 8. peut le dire à ces messieurs et y faire réfléchir les assistants du Saint-Otîice ; mais V. S. doit en parler comme si c'était son idée et non celle de Rome. Et, le 27 mars, Airoldi lui répond : que ces messieurs ne font pas beaucoup de cas du bruit que les Turcs veulent Raguse (1) pour en faire une place d'armes; ils croient plutôt que c'est un bruit que les Bagusei font circuler lorsqu'ils ont besoin de quelque chose de la république vénitienne; et on les assimile au duc de Mantoue, qui, lorsqu'il veut de l'argent des Espagnols, parle de Casai; et, à Venise, on est habitué au jeu des habitants de Raguse.

Le 10 avril, Airoldi informe Cybo que le représentant de Raguse a été reçu au Sénat, mais qu'on ne l'a pas fait

(1) Le 25 novembre, Mellini informait Cybo d'avoir entretenu S. A. des armements maritimes du grand-Vizir et de son idée de faire de Raguse sa place d'armes, ajoutant que pour cela il est nécessaire de conclure la paix pour s'unir ensuite contre les Turcs: que le duc a beaucoup apprécié ses paroles et lui a répondu qu'il désirait la paix, que si à Nimègue on travaillait, la France faisait de l'opposition soit pour le duc de Lorraine, soit pour l'évêque de Strasbourg ; et que, quant à la guerre contre le Turc, S. A. fit comprendre qu'il était difficile que l'Espagne pût y prendre part, se trouvant trop épuisée.

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