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LE PAPE PLAIDE EN FAVEUR DE RAGUSE

asseoir. Il justifia la conduite de sa république envers Venise, disant que Raguse, depuis des siècles, n'avait pas éprouvé deux malheurs aussi grands: le tremblement de terre qui dévasta la ville en causant la mort de beaucoup d'habitants, et la perte de l'amitié de Venise; et il ajouta que jamais on n'avait voulu offenser le capitaine du Golfe lorsqu'il s'est rendu à Raguse, mais qu'au contraire on a fait le possible pour le bien accueillir. Le Sénat en fut satisfait, rappela les navires qui faisaient la garde dans le Golfe et ordonna la restitution des marchandises séquestrées aux commerçants de Raguse.

Le 9 janvier 1678, Cybo écrit à Mellini que les nouvelles de Raguse sont de plus en plus graves, car on craint que les Turcs ne veuillent envahir l'Italie. V. S. ferait bien de parler à don Juan sur l'opportunité qu'il y aurait de hâter la conclusion de la paix à Nimègue, car le médiateur tâche de faire son possible pour la faciliter, négligeant d'intervenir dans les discussions des articles qui retardent, à vrai dire, la procédure; mais, si le médiateur y prenait part, peut-être qu'il perdrait la confiance des parties. Au reste, du moment que la guerre continue, on ne peut pas parler d'une ligue sacrée entre les princes, sans le concours de ceux qui ont le plus de possessions en danger d'être envahies, et il paraît que cette Couronne se retire à cause des autres affaires que la monarchie a sur les bras, tandis que Venise se montre réfractaire à prendre aucune initiative et à donner son assistance au pape pour aider la conclusion de la paix entre les Cours catholiques... De Constantinople arrive aussi la nouvelle qu'il règne une grande consternation à la Porte, à la suite de la victoire des Moscovites, et N. S. ne laisse pas échapper cette occasion pour insister à Varsovie et à Vienne afin qu'on ne perde pas de temps à prendre des mesures pour la sûreté des Etats, conseillant aussi à la Pologne à ne pas ratifier la paix.

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Le 21 mars, il lui écrit encore que la situation de Rag-use ne fait qu'empirer et que le pape, malgré le mauvais état du Trésor, vient de faire remettre à cette république une quantité d'armes qui se trouvent à Ancône, se réservant de voir ce qu'il pourra faire dans la suite. Et Cyba engage le nonce « à en parler à S. M. et à don Juan afin de les intéresser à faire aussi quelque chose pour cette malheuruese ville. » Et, le 15 mai, il lui annonce que le ministre de Raguse, qui est à Naples, a reçu un courrier l'informant que le pacha de Bosnie se trouve à quatre jours de la ville; qu'il y a envoyé un trompette pour avoir deux millions, et qu'autrement il irait lui-même les prendre ; qu'à la suite de cela, N. S. nota à del Carpio le mal qui frapperait l'Italie et les possessions de la Couronne de Naples; en conséquence, il demandait que les soldats libres de Messine, fussent envoyés à Raguse, ajoutant qu'il en parlerait aussi à Venise; mais qu'en attendant, S. B. les prévienne tous, en donnant de la poudre et des balles à la république. Et, le 29, il lui mande que le cardinal Portocarrero ayant demandé au pape, dans une audience, des secours pour Raguse et ayant affirmé que le vice-roi de Naples était prêt à donner son assistance, S. S. aurait répondu qu'il fallait récrire au roi à Madrid; que Son Eminence, déclarant qu'on avait déjà répondu qu'on se serait réglé sur la conduite de Venise et du pape^ N. S. lui répliqua que Venise ne voulait pas se compromettre, parce que son territoire est limitrophe de celui des Turcs, tandis que l'Espagne, après l'abandon de Messine de la part des Français, n'avait plus besoin de se défendre contre ceux-ci ; que S. S. n'avait pas manqué d'envoyer à Raguse des secours, lesquels, bien qu'inférieurs aux besoins, ont été cependant importants, si on considère la pénurie de la chambre apostolique, et l'intention qu'elle avait d'y envoyer le duc de Guadagno, avignonnais, soldat de bonne renommée, mais que, comme il avait été

CYBO DÉMENT LA VENTE DE BRACCIANO À LA FRANCE (iOB

élevé en France et se trouve dans l'armée de ce royaume, il n'aurait pas été bien reçu par les otïiciers espagnols; que si toutefois le vice- roi considérait ce duc comme bon oiiicier, il devrait en faire la demande. Le pape a conclu: «qu'il ne manque pas de penser en quelles manières il pourra encore aider Raguse, convaincu, du reste, que la plus sûre est la conclusion de la paix générale et que l'Espagne, même au sujet de Raguse, doit trouver une forte raison pour conclure cette paix. »

Le duché de Bracciano

Parmi les accusations espagnoles à Innocent d'être partial pour la France, il y eut aussi celle que le pape aurait consenti à l'achat, par la France, du duché de Bracciano appartenant au prince Flavio Orsini; et il dut se défendre.

Le 26 novembre 1677, Mellini informe Cybo qu'il fit connaître à S. M., aussi bien qu'au duc de Médina Celi et à don Gerolamo, la fausseté de la nouvelle que S. S. ait donné au duc de Bracciano l'autorisation de vendre à l'ambassadeur de France à Rome, duc d'Estrées, tous ses Etats. .. «Le duc s'étonna de cette déclaration car la nouvelle lui venait de quatre ou cinq personnes et de l'ambassadeur du roi, qui l'avait donnée comme un fait positif, désignant même les cardinaux qui auraient été les intermédiaires, et cela pour payer les dettes du duc. Le nonce répondit que ce bruit n'avait pas l'ombre de vérité; que les lois déclaraient félon tout vassal qui cédait ses droits sans autorisation. » Malgré cela, le 10 décembre, le nonce transmettait à Cybo un billet du duc d'Alva dans lequel, acceptant la déclaration au sujet de Bracciano, il exprime l'espoir que le pape ne donnera jamais son autorisation pour de pareils faits.

Le 17 avril 1678, Cybo répète à Mellini que la vérité est aussi invariable qu'elle est une, et qu'il doit s'en ré-

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férer à tout ce qu'il a déjà écrit, à savoir que la prétendue cession de Bracciano n'existe absolument pas et que tout n'est que la conséquence de discours mal fondés, comme on le voit dans la feuille annexe, par laquelle on répond, point par point, au billet de don Pietro d'Aragon que le nonce venait de transmettre au cardinal. Et voici l'annexe :

Al biglietto del Sig.'' D. Pietro d'Aragona, et aile individualità, che vi sono espresse, si risponde per notitia di V. S. I. :

che il Sig.^ Ambasciatore di Francia non fece altra parte che quella di pregare la Signora principessa di E-ossanoàsospender la missione del commissario in conformità del decreto ottenuto dalla Oongregazione de' Baroni ; con parola, che il Sig.'' Duca di Bracciano le haverebbe assicurato il credito suo dotale colla percezione dei frutti, corne poi segui mediante pnblico strumento ex persona del medesimo Duca;

che nel particolare del Marchese Santa Croce il medesimo Sig.'" Ambasciatore altro non fece, che pregar Mons.'" De Luca Auditore di N. S. à concedere al Sig.' Duca di Bracciano qualche dilazione per il pagamento, il quale fù poi susseguentemente adempiuto dall'istesso duca ;

che le vendite dei fondi nominati non sono in alcun modo trattate dal Sig.'" Ambasciatore di Francia; ma dal medesimo Duca di Bracciano, il quale vorrebbe pur troppo poter eifettuarle per sodisfare ai suoi creditori ; ma ancora non è ciô seguito per non essersi convenuto nel prezzo;

che non hà l'Ambasciatore di Francia potuto per verun conto cedere ad un Cardinale la presuposta facoltà di vendere ecc, perche Egli ne l'hà, ne puô haverla: mentre se il Duca di Bracciano s'arrischiasse à dargliela per questo solo capo incorrerebbe nella pena délia caducità, al che si deve precisamente rifiettere ;

che Mons.'" Orsini non hà parlato nel modo che si è presupposto, a Monsignor Tesoriero, d'avanti al quale intanto i creditori del Duca han sopraseduto di promuovere le loro istanze, in quanto sono stati dal medesimo intenzionati délia loro sodisfazione col prezzo dei fondi, che traita e spera di vendere;

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