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RÉVOLUTION DE PALAIS

le peuple et qu'on ne pouvait plus souffrir son gouvernement et sa présence. « Toutefois, ajoute le nonce, le roi continue à soutenir S. M. disant qu'-il ne veut pas qu'elle quitte le palais, mais la reine ne se fie pas à sa jeunesse, qui facilement se laisse influencer. Des lettres du roi et de la reine 'sont parties pour Saragosse, rappelant Don Juan d'Autriche et pour qu'il vienne seul et sans armes; on dit que Valenzuela est parti pour le Portugal d'où il compterait se rendre à Venise selon les accords avec la reine, qui veut faire tout son possible pour le sauver; elle voulait aussi l'envoyer à Vienne, mais l'ambassadeur impérial s'y opposa; le matin Madame Valenzuela avec toute la famille a quitté le palais. « Je continuerai, dit le nonce, à surveiller, tout en me tenant à l'écart». Et le 4 janvier 1677, Mellini ajoute qu'il est question de changement à la Cour; que le marquis Valenzuela, qui s'était retiré à l'Escurial, est rentré secrètement au palais, ce qui a produit une grande émotion parmi les Grands; que le roi avait écrit lui-même à Don Juan de venir avec des soldats, mais que celui-ci avait déjà quitté Saragosse; que vient d'arriver à Madrid le secrétaire du marquis de Castel Rodrigo, vice-roi de Naples, qui dit que dans cette ville la situation politique est très mauvaise, car on craint des trahisons. Et le 18, il informe que, dans la nuit, le roi, ayant été chez la reine-mère comme à l'ordinaire, se retira à l'heure habituelle, mais qu'après avoir été une heure au lit, il se leva et, avec le duc Medina-Celi et le comte de Salona, il se rendit au Buen Retiro; que le lendemain, la reine-mère ayant appris le départ du roi, eut un évanouissement suivi de son mal de tête habituel ; et que, alors que la reine se trouvait en cet état, elle eut la visite du président de Oastille, qui lui communiqua que le roi avait décidé de ne plus rentrer au palais; que au Retiro il y eut affluence de peuple et de nobles; et S. M. dîna publiquement, servie par les Grands, qui toutefois se rendirent le soir chez la

reine-mère, ainsi que l'ont fait durant trois jours les dames de la Cour pour montrer qu'il n'y avait rien contre elle. Le roi a fait demander à Don Juan de presser son arrivée, et le cardinal d'Aragon est allé à sa rencontre. Les Grands continuent à présenter leurs cadeaux au roi ; le roi et la reine, séparément, ont reçu les félicitations pour l'auniversaire de l'archiduchesse, fiancée du roi, quoique^ écrit le nonce, les opinions soient contradictoires sur la possibilité de ce mariage.

Le 7 février, Cybo informe Mellini que Don Juan d'Autriche a écrit au pape à propos de sa résolution de se rendre à Madrid. «N. S. veut que V. S. Illme, pour correspondre à cet acte de respect, aille chez S. A. et fasse les démarches de convenance que Y. S. jugera convenables. » Et, à la même date, il lui écrit: que, malgré la grandeur de la monarchie, on peut craindre que l'éloignement de la reine, mère du roi, ne mette celui-ci sous une mauvaise influence et sous l'empire d'autres volontés; et que l'on comprend que personne ne peut avoir pour lui autant d'affection que sa mère. « Par conséquent il serait mieux que, si l'éloignement de la reine est nécessaire, elle se retire dans un couvent plus rapproché de Madrid. Que V. S. le dise à S. M., car S. S. est prête à faire tout son possible pour Thonneur et la dignité de la reine... »

Le 28, Mgr. Bonvisi, nonce à Tienne, écrivait à Cybo que, d'après les nouvelles d'Espagne, on pouvait croire que Don Juan lui-même travaillerait pour tenir unies les deux Cours; que S. M. avait déjà écrit à sa sœur de se débarrasser de Valenzuela et qu'elle devait chercher à gagner la confiance de Don Juan, parce que les désordres l'appelleraient à la Cour. « Reste la question du titre, avertit le nonce, car il prétend à celui d'Altesse, mais l'empereur finira par le lui donner. On dit qu'il a été saisi beaucoup d'argent à Yalenzuela, et l'on espère qu'on en enverra ici. »

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