LA FAMILLE 0DE8CALCHI
Sa grande préoccupation était déjà, dès cette époque, la guerre contre les Turcs; c'est ainsi qu'il envoya à l'empereur Léopold et au roi de Pologne Casimir plus de 90,000 florins d'or, dont il venait d'hériter d'un oncle (1). Il fut bientôt reconnu officiellement comme protecteur de la Pologne. Des souvenirs de famille l'attachaient au sort de ce pays et à sa lutte contre le Croissant ; Giulio Odescalchi avait été chargé par Pie V de porter la bénédiction papale à la flotte qui devait gagner la victoire de Lépante, et Bernardo Odescalchi, de la Compagnie de Jésus, avait été envoyé par Grégoire XIII auprès du roi de Pologne Bathory, afin de l'aider à répandre la religion catholique en Transylvanie (2).
Outre Giovanni Battista, évêque de Novare et autres proches parents, Benedetto avait un autre frère, Carlo, et une sœur, Lucrezia, qui épousa Erba de Milan, et leur fils Anton Maria Erba, sénateur, jouit de toute la confiance de son oncle le cardinal, qui lui avait confié la haute direction de son patrimoine en Jjombardie (8).
(1) Le card. B. Odescalchi à A. M. Erba de Milan, 7 mars 1671: « Ho ricevuta la menuta délia procura per l'heredità del S. Marc Antonio b. me., conforme la quale ne inviarô l'istromento acciochè si possa metter mano agii atti necessari se bene se questa cautela si fa per le cose del S. Tomasso non era forse di bisogno per non essere l'herede mai tenuto ultra vices hereditarlas per il debito del defonto conforme la dottrina di Fusinaccio alla ques. X, n. 65. »
(2) Mgr. Fraknoy, Innocenzo XI e V Ungherla.
(3) La marquise Amélie Erba-Odescalchi, fille du marquis Antoine, prince de Monteleone, épousa en 1823 le comte Albertoni de Crémone et apporta avec elle une centaine de lettres du cardinal Odescalchi et plus tard du pontife, à l'adresse du sénateur A. M. Erba, toutes datée de Home. Ces lettres, la plupart inédites, sont conservées à Agliate-Brianza, dans les archives du comte Alberto Albertoni. Les premières finissent par la formule « ed a tal fine saluto V. S. con tutta l'anima. Zio aifmo B.
Carlo Odescalchi, l'aîné de la famille, épousa M^^^ CusaDi et eut deux enfants, Livio et Giovanna. Celle-ci, la première année du pontificat de Benedetto, épousa le comte Carlo Borromeo de Milan, et, par simple courtoisie envers le gouvernement qui possédait cette ville, le cardinal Cybo, secrétaire d'Etat, fit donner connaissance de ce mariage au cabinet de Madrid par Tentremise de Mgr. Mellini, nonce en Espagne (1). Benedetto s'occupa beaucoup de son neveu
card. Odescalchi, » et celles du pape, par la formule <^ con tal fine Vi diamo la nostra benedizione » (sans signature).
Ces lettres, à l'exception de quelques allusions à la guerre contre les Turcs, ne traitent que d'affaires d'administration familiale, mais elles révèlent chez leur auteur un grand esprit pratique, pieux et éloigné de tout le faste et des habitudes de l'époque. Ainsi il ordonne que les revenus de ses bénéfices ecclésiastiques soient tenus rigoureusement séparés de ses biens patrimoniaux, qu'on maintienne les aumônes de ses parents et que l'on continue à secourir les couvents et familles pauvres. Et, le cardinal écrivait le lî) mai 1674... « Havendo nel mio testamento fatto un legato di scudi due mille alla Casa délie Convertite nuovamente eretta in Como e stimando bene di sodisfarlo anticipatamente acciô possino valersene ne suoi presenti bisogni ; Do ordine con la congionta al sig. Pietro Martire Lucino di farne il pagamento pigliandone ricevuta per atto publico con dichiarazione che sono insodisfatione del sud. Legato ...» Et le 7 septembre 1675, il ajoute « Sento volentieri che mons. Vescovo facesse provare il rigore délia giustizia al can. Odescalco si per correzione sua come ad esempio- degli altri, giacchè intesi, che ancora nel capitolo vi fossero disordini, ne lasciai di parlarne al can. Peregrino quando fu da me a licenziarsi per il suo ritorno. »
(Ij Sur l'ordre de Cybo, Mgr. Mellini avait fait part de ce mariage au roi d'Espagne et à don Juan d'Autriche, en communiquant, à son tour, à la cour de Rome, leurs remercîments. Cependant, le 9 janvier 1678, le cardinal informe Mellini que le gouverneur de Milan a reçu de Madrid l'ordre de traiter le comte