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EUPTURE DES FIANÇAILLES DU ROI

d'attendre pour voir si l'empereur aura un héritier; que l'archiduchesse ne serait pas l'héritière, et il ne servirait à rien de faire le gendre roi de Rome, car le roi d'Espagne aurait l'héritage en ligne masculine. »

Le 23, Cybo (1) engage Bonvisi à chercher à gagner de plus en plus la confiance de l'impératrice Eléonore, afin d'obtenir adroitement les nouvelles les plus intimes et les plus sûres touchant les affaires du jour entre cette Cour et celle d'Espagne, au sujet du mariage et des conséquences qu'on attend; et il informe que le nonce de Naples vient d'écrire qu'il serait arrivé une lettre à une grande dame espagnole portant la nouvelle que le parti de la reine augmente contre Don Juan et que le roi montre de l'antipathie à S. A. et une grande affection pour sa mère... « Que V. S. Illme veuille bien vérifier si c'est vrai, même dans ses conversations avec l'empereur. Elle doit pourtant s'abstenir de conseiller quoi que ce soit touchant le mariage, mais, parlant en général, elle doit rappeler à S. M. qu'il lui est utile d'entretenir de bons rapports avec la Cour d'Espagne, en s'accommodant aux nécessités du moment et en prenant exemple sur la tolérance de S. S. envers l'ambassadeur d'Espagne à Rome, qui répond si mal à toutes les grâces qu'on lui a faites, bien que la faute en soit en grande partie au cardinal Pio, comme on le sait déjà dans cette Cour; malgré tout cela, N. S. cherchant à vaincre sa mauvaise humeur intérieure et à dissimuler le plus possible, il attend toujours que l'on vienne à résipiscence, voulant ne recourir qu'en dernier lieu à la rigueur de la justice déjà préparée. » A ce moment, il y avait brouille complète entre la Cour de Rome, l'ambassadeur del

(1) Le 9 décembre, Mellini avait informé Cybo que dans l'expulsion de tous les Français et aussi des vassaux de cette nation, voulait l'Espagne encore comprendre les Avignonnais; et qu'il avait protesté parce que les Avignonnais sont sujets de S. S.

Carpio et le vice-roi de Naples, et Cybo avait écrit à Bonvisi à Tienne invoquant l'entremise de Tempereur. Le nonce, le 26 décembre, lui répond qu'il a rapporté à S. M. ce que le cardinal lui a écrit, ajoutant qu'on ne comprenait pas qu'un ambassadeur pût rester sans recevoir d'audience ; et que l'empereur s'est plaint hautement de la conduite des ministres d'Espagne, qui procurent toujours des adversaires plutôt que des amis à leur pays ; que S. M. l'assure avoir écrit souvent à Madrid en faveur de S. B., «mais je doute fort, écrit Bonvisi, que l'empereur puisse grand'chose en Espagne, parce qu'il se voit • abandonné, sans les secours promis et sans être mis au courant des négociations qui se font par l'intermédiaire du roi d'Angleterre, de manière que tous croient qu'on apprendra que la paix a été conclue moyennant le mariage du roi Charles avec la fille du duc d'Orléans, et après les accords des Espagnols avec les Hollandais. Pour toutes ces raisons cette Cour est très méfiante à l'égard de l'Espagne, et l'on voit que S. M. Ces. a dans le cœur quelque chose qui l'oppresse. »

Le 23 janvier 1678, Cybo engage Mellini à chercher qu'en donnant un remplaçant à l'Auditeur de Rote, qui vient d'être nommé Grand Chancelier à Milan, S. M. choisisse une personne de vie intègre et de forte doctrine. « Parmi les affaires les plus urgentes de S. S. il y a celle de rendre son ancienne splendeur à la Rote, et le pape est décidé à n'y admettre que des personnes de premier rang et d'une probité et doctrine bien reconnues. » Et le cardinal ordonne au nonce de faire observer à S. M. l'inconvénient qu'il y aurait à voir refuser la personne choisie, parce que n'ayant pas les qualités requises.

Le 24 février 1679, Bonvisi écrit à Cybo que, d'après les courriers arrivés de Nimègue, le marquis de Los-Balbases s'est rendu en France afin de demander la main de made-

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