DOLÉANCES DE L'EMPEREUR
moiselle d'Orléans pour sou roi; qu'il avait été convenu que la fiancée serait conduite à Perpignan au mois de mai, pour s'y rencontrer avec son fiancé; que de Milan on annonce que le duc de Mantoue a vendu Casai à la France, que la nouvelle court aussi qu'on négocie le mariage du Dauphin avec une archiduchesse pourvue d'une grosse dot ; et que le roi de France veut gagner la Cour de Florence pour s'opposer au duc de Savoie et obliger celui-ci à lui céder la citadelle de Turin et Nice en vue de battre les Génois. « Ici, continue le nonce, on discute si l'on doit rompre avec l'Espagne, ou feindre d'ignorer son mauvais procédé et offrir l'archiduchesse au Dauphin en se vengeant ainsi des Espagnols ; d'autres conseillent de donner cette princesse au prince électeur de Bavière; on ne sait quel parti prendre, conclut Bonvisi, la paix sera ratifiée, mais on craint qu'elle ne soit pas durable...» Et le 26, il répète avoir appris de l'impératrice Eléonore que S. M. Césarienne était très irritée contre l'Espagne au sujet de sa fille, surtout parce que cette Cour n'a pas préalablement donné un avis à ce sujet... «Un ministre toutefois m'a dit, écrit le nonce, que le roi d'Espagne a écrit à l'empereur pour lui représenter rimpossibilité d'attendre que l'archiduchesse fût en âge de se marier, en demandant le consentement de S. M. pour une autre alliance. Cela aurait irrité davantage Tempereur. » Le 14 mai, il écrit de nouveau: qu'il redoute la rupture entre les deux Maisons d'Autriche, parce que l'empereur ne peut pas tolérer le mariage du roi d'Espagne avec mademoiselle d'Orléans, et que Don Juan ne lui a pas encore répondu. Et le 28, autre dépêche du nonce à Vienne : « Je sais que c'a été un artifice de Don Juan de se montrer satisfait de la lettre impériale polir pouvoir ainsi remercier S. M. du consentement donné au mariage, consentement qui n'a jamais été donné. Par conséquent S. M. croit qu'on se moque d'elle. » Le 12 juillet, il informe que l'ambassadeur d'Espagne l'a
prié d'annoncer à N. S. la demande faite à l'empereur par le prince Guillaume de Furstenberg, de la part du roi de France, de la main de l'archiduchesse Maria Antonia sa fille pour le Dauphin; que l'on a convoqué à cet effet le Conseil secret de quatre dignitaires, que trois furent pour la France et un pour le prince de Bavière; qu'au moment où l'Empereur allait donner son avis favorable, l'ambassadeur d'Espagne survint, qui lui parla de haut contre ce projet et obtint de faire ajourner toute résolution. Et S. M. Ces. aurait ensuite répondu au prince Guillaume que ce n'était pas encore le moment de parler du mariage de sa fllle. L'ambassadeur aurait dit au nonce que ce mariage serait très mal vu en Espagne. . . Et, le 3 décembre, lorsque la Cour se trouvait déjà à Prague, Bonvisi écrit à Cybo, de Sorrects que le bruit court que Colbert passera par Prague afin de demander à l'empereur la main de l'archiduchesse pour le Dauphin, ajoutant: « que bien du monde espère que la nouvelle est exacte et que le mariage aura lieu. »
Mellini écrit à Cybo, Madrid 31 août 1679:
La mattina dei 25, giorno di S. Ludovico furono li Mini s tri Pubblici e tutta la Corte con gala a complimentar Sua Maestà per il nome che tiene la Regina Sposa di Maria Luisa, e sua Maestà si fece vedere con ricchissimo habito, e spécial allegrezza.
La notte delli 26 entré segretamente il Sig. Gard. Portocarrero in Madrid, aile 29 dopo pranzo si porto a riverire Sua Maestà nella quale occasione fu risarcito a Sua Eminenza il pregiudizio delPomissione che haveano commessa le guardie reali nel non aver prese l'Armi, quando S. E. fu la prima volta a visitare la Maestà Sua, et il risarcimento fu maggiore del pregiudizio istesso, poichè furono raddoppiate le Guardie che alzarono l'Armi, ricevettero Sua Eminenza alla Carrozza e l'accompagnarono alla medesima sempre battendo le labarde come sogliono fare a Sua Maestà la quale pure con dimostrazioni singolari di stima e di affetto accolse l'Eminenza Saa, e quella délie Guardie fu stimata singolare
rORTOCARRERO ARCHEVÊQUE DE TOLÈDE lUl
per considerarsi corne sodisfazione précisa datale da Sua Maestà per la dicliiarazione fatta da Sua Eminenza di non poter senza questa ritornar alla Corte. Finita questa funzione se ne ritornô Sua Eminenza a Casa senza andar per allora a visitar Sua Altezza, ma vi si porto di nette in zimara, stando Sua Altezza nel letto a cagione di una ricaduta nella sua terziana clie sul principio diede qualche apprensione per certi accidenti. (jrià Sua Altezza si è cavato sangue restando un poco più sollevata.
Già sono stati a visitar Sua Eminenza questo Mons. Nunzio et il Sig. Ambasciatore di Venezia ; non perô quello di Francia che pare habbia qualche pretonsione di riceverne la mano. Sua Eminenza perô ha dichiarata la risoluzione di non darla ai Grandi ne di poterla dare a Sua Eccellenza, ciô non ostante già alcuni Grandi sono stati a visitar Sua Eminenza.
Oggi si è fatta nel Gran Salone di Palazzo parato délia più ricca tappezzaria délia Guardaroba Realè, la funzione di giurare il Re le ratificazioni délia Pace, assistendovi . tutti li Presidenti dei Consigli dietro aile lore sedie, stando S. M. in piedi sotto il baldacchino col Sig. Cardinale Arcivescovo a destra che lesse le sudette ratificazioni, et il Sig. Ambasciatore di Francia a sinistra che ricevette il giuramento reale prestato sopra gli Evangelii.
Non si è poi verificato il sollievo del sig. D. Giovanni, anzi se gli è aggravato il maie in maniera che dà molto da temere ai medici.
E arrivato un Straordinario di Parigi il quale ha portato il ritratto délia Regina al Pe e la notiza che la Ceremonia dello sposalizio dovea farsi hieri, e che la Regina si sarebbe messa in viaggio la meta di Settembre entrante.
Questa mattina Sua Eminenza ha restituito la visita al Nunzio con molta publicità, ostentazione e puntualità.
Già si è publicata qui la salute contro la Peste essendo cessata la mortalità in Antequera e Malaga, e per miracolo délia 3gma Vergine, anche in Granata.
Les questions touchant le cérémonial avaient, comme on l'a déjà remarqué, une grande importance à cette époque; et en Espagne elles en prirent surtout à l'occasion de la
présence de Don Juan d'Autriche à la Cour; Je duc prétendait avoir droit aux honneurs d'Infant d'Espagne, sans l'être, et à la préséance sur le nonce et les ambassadeurs.
Le 2 avril 1677, Mgr. Mellini écrit à Cybo que, le matin même, alors que le roi sortait de sa chambre pour se rendre à la chapelle, un gentilhomme vint dire à l'ambassadeur impérial que Don Juan d'Autriche venait en public avec S. M. et qu'il suivait immédiatement le roi avant les autres ambassadeurs. « Cette nouvelle a mis dans l'embarras, ajoute le nonce, l'ambassadeur impérial et celui de Venise et moi-même, parce que le roi était très près de notre salle, et qu'il n'y avait pas moyen de discuter. L'ambassadeur impérial avait déjà résolu de s'arrêter, mais on vint nous dire que Don Juan était sorti pour prendre rang parmi les Grands. L'ambition de Don Juan est d'être Infant, mais le comte d'Harrach ne veut absolument pas le reconnaître pour la succession possible; il a même demandé des instructions à ce sujet. » Et le 24, il écrit que, « toutes les fois que Don Juan vient à la chapelle avec le roi, et cela arrive rarement, on a observé que S. M. dit Coimos d'abord au duc, ensuite aux ambassadeurs et enfin aux Grands; tandis que. Don Juan n'y étant pas, le roi le disait d'abord aux ambassadeurs... C'est pourquoi nous sommes dans l'agitation, car le roi le considère le premier parmi les Grands et son vassal, comme en a décidé le Conseil d'Etat; et, par conséquent, le duc n'est ni supérieur ni même égal aux ambassadeurs; en suite d'une conversation avec ceux-ci, on a été d'accord qu'au premier Courios ils aient à se couvrir ; mais plus tard ils ont résolu de surseoir jusqu'au départ du roi et, en attendant, d'en écrire à leurs gouvernements. Il y a un autre fait au préjudice des ambassadeurs.
« Dimanche on donna l'eau (bénite) d'abord au roi, ensuite à moi, écrit le nonce, et à tous les chapelains, puis aux ambassadeurs et aux Grands; mais, deux dimanches.