‹ Innocent XIChapitre 43 sur 290 · LA QUESTION DU « CURIOS » ET DE L' « ASPERGES · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU « CURIOS » ET DE L' « ASPERGES

l'eau fut donnée au roi, et ensuite un autre chapelain, qui s'était joint à celui qui l'a toujours donnée, s'éloigna en même temps de l'autel ; le chapelain ordinaire vint à moi, le nouveau alla près de S. A., et ils donnèrent V Aspe7^ges. Celui qui alla près du duc retourna à sa place, et l'autre continua ses fonctions comme les autres fois. Le fait provoqua un vif mécontentement chez les ambassadeurs, qui en écrivirent à leurs gouvernements, mais S. A., l'ayant appris, fit faire un décret dont j'expédie copie à Y. Em. et dont les articles me paraissent porter une nouvelle atteinte, étant donné le cas qu'un cardinal, en chapelle, reçoive l'eau après Don Juan. Selon mon faible raisonnement, il me paraît toutefois (ju'il serait mieux de ne pas y faire attention, car les choses restent dans le même état, à part le nouveau chapelain qui vient pour S. A. Mais le fait du Courios est plus grave, parce qu'il est explicite. On peut du reste faire toujours de nouveaux décrets pour arriver à la préséance sur les ambassadeurs et les cardinaux. On croit que la nomination de l'Infant est inévitable. »

A ces dépêches, Cybo répond à Mellini, le 29 mai: «Du moment qu'on ordonne de donner V Asperges à Don Juan et aux ambassadeurs, il semble qu'on peut tirer la conséquence qu'il y a la consigne de se couvrir tous en même temps. Toutefois V. S. Illme doit se tenir, le plus possible, loin de tout engagement pour ne pas être suspectée d'exciter les autres à des contestations... et avec sa prudence, elle saura se conduire, en sorte que ses collègues ne puissent pas dire qu'elle se borne à rester spectatrice ».

Le 24 juin, Mellini répond avoir fait son possible pour se tenir loin de tout engagement et qu'il continuera à pratiquer ce système pour l'avenir. Il trouve qu'il a été bon de ne lui ordonner aucune démarche tant pour V Asperges que pour le Courios, parce qu'il aurait difficilement obtenu justice. « Le cardinal d'Aragon, ayant assisté à la chapelle le

jour de la Fête-Dieu, a été traité comme nous, car le roi a dit Coîi?'ios d'abord à Don Juan, ensuite au cardinal et à nous en même temps, et de cela Son Eminence n'a pas porté plainte. Mes collègues ont reçu de leurs gouvernements la réponse d'avoir à se régler d'après moi ; par conséquent, si je faisaiB trop de ditïicultés, l'odieux en retomberait sur N. S.»

Le 16 septembre, Meliini écrit que les présidents de Castille prétendent ne donner la main à personne de la Cour, sans faire exception même pour le nonce et les représentants des princes ; que quoiqu'il n'y ait rien de positif, il n'y a pas d'exemple que les ministres aient cédé; et que ainsi, lorsqu'il y a urgence de traiter avec l'un de ces présidents, c'est l'habitude qu'il se déclare indisposé, et il reçoit le ministre au lit. « Don Giovanni délia Puente, ecclésiastique, ayant été nommé président de Castille avec tous les honneurs de sa charge, comme je le connaissais déjà et que j'avais un besoin pressant de lui parler, je lui ai envoyé un message. Il m'a fait répondre qu'il agréait ma visite, et je suis allé le trouver. Après avoir monté les escaliers, je l'ai aperçu m'attendant au milieu d'une salle, c'est-à-dire, deux pièces avant le salon de réception. Je fus surpris de la nouveauté, craignant que cela pût donner lieu à quelque contestation, au cas où il ne m'aurait pas donné la main. Dans le doute sur ce que je pouvais faire, j'ai accepté sans me gêner et avec désinvolture ses politesses ; j'ai pris la préséance tant pour traverser les portes que pour occuper la première chaise d'honneur. Un des familiers vint parler à l'oreille du président, qui se tenait debout; ayant compris de quoi il s'agissait, j'insistai pour que le président s'assît, ce qu'il fit. Je lui ai présenté mes félicitations pour sa nomination, l'assurant que je voulais rester toujours en rapports d'amitié avec lui et être averti de tout ce qui se

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