‹ Innocent XIChapitre 53 sur 290 · MALADIE ET MORT DE DON JUAN · texte numérisé non relu

MALADIE ET MORT DE DON JUAN

sisteva per raccomandarle l'anima. I inedici veduto un maie cosi stravagante che ne conclude con. la vita, ne colla morte, gli hanno cominciato a dar varie interpretazioni, chi con sospetto di veleno e chi di malia ; et in efFetto vi è stato pensiero di raetter in opéra anche il rimedio degli esorcismi, ma non si potè effetture perché Sua Altezza non sentiva. Non so se ciô facciano. perché veramente cosi giudichino, o pure per ricoprire l'incertezza con cui la curano, perché a me pare che il maie habbia sin'hora proceduto molto naturalmente coi termini e Taccessioni regolari délie febri, e degli accidenti, e coi soliti peggioramenti nei giorni critici.

Questa mattina Sua Altezza si é trovata un poco sollevata essendosegli sminuito il grave letargo e ritornata qualche maggior sensibilità intendendo^ e conoscendo, ancorché le sia venuta la sclita accessione, nulladimeno persistono i medici nel temere e nel credere che non vi sia per Sua Altezza scampo, se non per miracolo.

Si é osservata in S. A. una gran melinconia, accresciuta per quanto si dice dal non haverla mandata a visitare la Regina Madré, la quale finalmente hier l'altro vi mandô il suo Maggiordomo.

Il Re non vi é mai andato. solo il giorno decimo quarto del suo maie si credette che volesse scendervi, ma poi non l'esegui, né ha dato mai gran segno di compatimento se non hier sera all'avviso che già S. A. stava spedita. In questi momenti havendo fatta diligenza di saper dai medici lo stato présente di Sua Altezza, mi hanno fatto intendere che non l'hanno potuto far pigliar cibo alcuno, che quando non dorme délira e che la risipola non gli havea fatto giovamento, onde disperavano del tutto la sua sainte. Et a V. E. fo profondissimo inchino.

Le 17, Cybo recommande à Mellini d'être aimable avec l'ambassadeur de France, mais aussi d'être prudent, afin de ne pas donner d'ombrage. Et le même jour, il lui écrit encore qu'il approuve la déclaration de Portocarrero de ne vouloir donner la main à aucun des Grands d'Espagne, car

cela convient à sa dignité, et c'est aussi l'avis de N. S. et du Sacré Collège. « Mais on n'approuve pas que S. Eminence déclare ne pas se soucier que personne n'aille chez elle, préférant aller voir les autres lorsque c'est nécessaire ; puisque les Grands n'y vont pas pour ne pas donner la main, il n'est pas convenable que S. Em. aille la chercher... Tout au plus le cardinal pourra-t-il les voir dans un tiers endroit et cela même avec une certaine circonspection, afin qu'on ne trouve pas que cela porte préjudice à la dignité du cardinalat. Les exemples des cardinaux d'Aragon, Moncada et autres sont à blâmer, quoiqu'on ne les fréquentât qu'en secret et incognito. Il est nécessaire que le cardinal fasse la même déclaration et observe la même conduite avec Don Juan, de son propre mouvement et sans s'occuper de ce que fait Yillars, parce que, sur le principe de vouloir la main avant sur les cardinaux^ qu'on sacrifierait dans ce cas à S. A. avec sa prétention de l'avoir, les ambassadeurs voudraient l'avoir aussi sur les cardinaux; ce serait une prétention nouvelle, et, prenant pied, elle présenterait une occasion de discorde et d'abus dans les autres Cours. J'ai déjà écrit comment V. S. doit régler sa conduite avec Don Juan ; elle doit en avertir le duc, s'il y a nécessité, et suivre l'exemple des autre ambassadeurs. V. S. doit dire aussi à Portocarero qu'il tient dans ses mains la dignité du Sacré Collège (1); et que, dans la fréquentation avec les Grands dans un tiers endroit, sa dignité pourrait souffrir préjudice, car, comme ce ne serait qu'un moyen terme, on avouerait que les Grands ne veulent pas donner la main dans la maison de S. Em. et qu'elle n'est pas contente. Il est à espérer que S. Em. ne se trouve pas avec les Grands, même dans un

(1) Le 10 décembre, Cybo envoya à Mellini une lettre du Sacré Collège à Portocarrero pour le remercier d'avoir tenu haut le prestige du cardinalat.

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