LE PAPE ENCOURAGE PORTOCARRERO
tiers endroit. Le mieux serait de ne ti'aiter avec personne, d'attendre qu'on vienne, et il n'y a pas à douter qu'elle tiendra sa place avec grâce et autorité. »
Dans une seconde dépêche, du même jour, Cybo lui écrit que, voyant que le cardinal Portocarrero est toujours irrésolu sur la question de refuser le main à Don Juan, tandis que le pape reconnaît qu'il en pouvait dériver des conséquences pour la dignité cardinalice, et voyant que Villars en profite, S. S. a décidé d'écrire un bref à Portocarrero pour faire voir l'injustice de la prétention de Don Juan. « Ci-inclus la copie que Y. S. a proposée. Ce bref pourra servir de bouclier à S. Em., qui doit pleine obéissance à l'autorité apostolique... Il est à espérer que le cardinal agira; mais, s'il ne se décide pas, V. S. doit le pousser avec vigueur pour l'encourager. Peut-être la seule excuse pourrait-elle être l'exemple des cardinaux d'Aragon et de Moncada, mais leurs visites avaient lieu incognito, tandis que l'incident de Portocarrero a été public. V. S., poursuit Cybo, lira la feuille ci-incluse pour voir ce qu'exige le cérémonial et comme, on pratique avec les princes de plus haut rang que Don Juan, non seulement de la maison d'Autriche, mais légitimes et fils des principaux souverains ... et cela non pas dans les temps anciens, mais actuellement... Il faut aussi noter qu'avec Aragon et Moncada il ne s'agissait que de visites privées et que, de leur temps, il y avait d'autres préoccupations et qu'il n'y avait pas lieu d'en prendre ombrage, mais, à présent que Villars voudrait s'en prévaloir d'une manière préjudiciable, comme le sait V. S., S. S. et le Sacré Collège sont décidés à ne pas reculer; car ce n'est plus seulement l'affaire de Portocarrero, mais de la Cour de l'Eglise romaine... Y. S. présentera, conclut Cybo, le bref à S. Em., et elle en informera le roi au nom de S. B., en lui faisant voir la feuille du cérémonial. Si S. M. ne se montre pas favorable, Y. S. ne manquera pas de lui faire noter que,
dans ce cas, S. S. sera contrainte, à l'avenir, de ne donner ja pourpre qu'aux personnes qui ne voudront pas souffrir ce préjudice. Le Secrétaire d'Etat déclare qu'il s'en remet à la perspicacité du nonce, l'engageant à avertir Yillars de tout ce qui arrive, et iî observe que, dans le bref, on a réuni les louanges à S. Em. et l'obligation de ne pas céder. »
Mais, le 23, Mellini informe:
Finalmente il Sig. D. GiovaDni alli 17 del corrente un hora incirca dopo il mezzogiorno conchiuse i suoi varii accidenti con la morte. A preghiere délie Monache discalze Keali Austriache fu lasciato in Palazzo nelie sue stanze 24 hore, col dubbio délie dette Religiose che potesse essersi pur tramortito Sua Altezza per accidente ; e con questo venne a godere dell'honore d'infante, mentre solo a questi si permette si lunga dimora in Palazzo dopo morti. Immediatamente il E,e spedi a Toledo alla Regina Madré un espresso coll'avviso di questo avvenimento.
La mattina delli 19 fu esposto publicamente il Corpo di Sua Altezza nelle medesime stanze^ indi aperto, indi l'istessa notte inviato all'Escuriale per la sepoltura. Alli 20 Sua Maestà parti con risoluzione improvisa verso Harangue, da dove si porto a Toledo la mattina seguente e vi giunse aile 11 con molto accompagnamento non solo délie persone condotte seco sin al numéro di 18, ma di altri Cavaglieri e Personaggi délia Corte, e délia Nobiltà Toletana, che già stava cola prevenuta. La Pegina usci a ricever Sua Maestà in una stanza, il Pe le baciô la mano, da poi ritiratisi stettero insieme mezz'hora incirca in ragionamenti indi pranzarono a vista pubblica e passate due hore e mezza si separarono alla Madonna del Sagracia, ritornata la Pegina a casa, et il Pe in Harangue. Hiersera rientrô Sua Maestà in Madrid, e dentro questa settimana seguente ritornerà in Harangue a pigliarvi la Pegina e rivenir con lei alla Corte, trattenendosi nel ritiro. Vogliono alcuni che il Pe habbia presa tal risoluzione da per se, altri per insinuazione di qualche Grande. Il certo è che la maggior parte di essi Grandi ne hanno goduto sommamente, ne si dubita che la Pegina terra le mani nel nuovo Governo. Ho