LA PRINCESSE COLONNA
d'Allemagne. Le 4 février, Cybo lui répond qu'il regrette d'apprendre cette nouvelle; que cette résolution a beaucoup déplu à S. S. et qu'il l'engage, soit par ses bons offices, soit par ses exhortations, à persuader la princesse à rentrer au couvent. Et le cardinal, ajoute, qu'il doit s'abstenir de tout ce qui peut avoir l'air de violence.
Le 5 mars, Mellini avertit que la Colonna avait été enfermée dans le couvent par ordre du roi et que l'on craignait qu'elle ne voulût pas y rentrer. Mais, le P"" avril, il annonce que la princesse demeure dans l'appartement de Don Ferdinando Colonna, parce que les nonnes ne l'ont plus voulue, la trouvant de trop mauvaise humeur.
Toutefois, le 16, il informe Cybo que la Colonna sera mise dans un autre couvent qui a deux issues et où il y aura moins de rigueur. Le nonce ajoute qu'on fait son possible pour décider le connétable à venir; et il fait appel à la parenté de S. Em. avec la maison Colonna, car il faut absolument faire quelque chose, d'autant plus qu'il ne paraît pas facile de corriger les caprices qu'elle peut avoir en tête, et « ici, on a de la vénération envers les femmes ». Le 13 mai, il fait savoir que la Colonna a été internée dans un autre couvent de Santiago et qu'on attend des lettres du connétable. Enfin le 27, il annonce au cardinal que le connétable Colonna a écrit au roi afin que sa femme rentre en Italie; la princesse lui a déjà répondu.
Une cause de différends entre le gouvernement du pape et celui de Naples fut le refuge que trouvaient les brigands napolitains dans les Etats de l'Eglise et vice versa. A Rome, comme à Madrid, on sentait la nécessité d'un accord et de mesures à la frontière, mais il paraît que l'hostilité de Carpio contre le pape à Rome et ses attaches avec le vice-roi de Naples paralysaient, même à cet égard, les bonnes intentions des chefs des gouvernements. Ce n'est que plus
tard, que l'accord put se faire. Voici quelques pièces sur ce sujet.
Le 1®^ octobre 1677, Mellini informe que le duc d'Alva lui a écrit en regrettant que les bandits de Naples se réfugiassent dans les Etats de l'Eglise, ajoutant que, s'il y avait un accord, il ne se produirait pas tant d'incidents déplorables. A son tour, le 31, Cybo lui écrit qu'à propos des brigands qui trouvent un refuge dans le royaume de Naples, l'autre jour dans la campagne près d'Ascoli, Gasparro Serraini a été capturé par 20 brigands, qui le traînent d'un endroit à l'autre. Leur chef serait Pietro Paoio di SilviO; dit Barbarossa, de la province d'Ascoli, ayant avec lui certain Carlo Yitelli et d'autres, lesquels ont libre entrée dans le viceroyaume. Et, le 9 janvier 1678, il ajoute qu'après la capture du gentilhomme d'Ascoli — mis en liberté après bien des dépenses et des misères — un autre attentat plus odieux encore a été commis sur la personne de Clementino Poggiodono au Castello di Cascia, par plusieurs brigands venus du royaume de Naples; qu'ils l'ont emmené à Valle Castellana, possession du duc d'Atri. On a écrit à celui-ci, ainsi qu'à Don Fr. Navaretta, un des présidents de Chieti, pour chercher d'obtenir la délivrance du prisonnier, et on a craint une invasion de ces scélérats à Spolète^ tolérés dans le royaume. Dans cette ville, mal garnie de murailles, on a été fort inquiet, comme l'a écrit le cardinal Fachinetti : « que V. S., conclut Cybo, en parle au duc d'Alva, en faisant observer combien sont hardis ces réfugiés dans le vice-royaume. »
Le 21 août, Cybo se plaint à Mellini que le bandit Resta, condamné à la peine de mort comme coupable de crimes énormes et dont la tête a été mise à prix pour une forte somme, vive, avec d'autres bandis, sur le territoire de Naples, et à Tagliacozzo juste aux frontières de l'Etat pontifical. Les bons rapports entre deux Etats voisins demanderaient d'autres procédés. Le cardinal engage le nonce à