‹ Innocent XIChapitre 57 sur 290 · LA QUESTION DES BRIGANDS · texte numérisé non relu

LA QUESTION DES BRIGANDS

-en parler à Don Juan, pour que celui-ci écrive au vice-roi •de Naples de remettre ce bandit aux autorités pontificales.

Mais, le 16 octobre 1678, Cybo écrit au nonce qu'il est content de voir la façon dont on procède, d'accord avec les autorités du vice-royaume, dans la poursuite des bandits, et que S. S. le prie de présenter ses remercîments au roi. Et, en post scriptum, il ajoute que Navarretta ne peut agir mieux <iu'il ne le fait, et le prie d'en faire part à S. M.

Le 21 décembre, Mellini lui répond que Resta se trouve à Madrid chez le connétable Colonna, et que même on Ta vu en son carrosse; qu'il en a demandé la remise à Don Gerolamo ; mais que le bandit se dit innocent et demande à être jugé ici... et qu'il a répliqué que si Resta est innocent il doit se rendre à Rome. « On m'a répondu, conclut le nonce, qu'on en parlerait au roi. » Le 19 janvier 1679, il répète qu'il a fait de nouvelles réclamations au sujet du séjour de Resta chez le connétable, et que Don Juan a été étonné de voir -que l'on n'avait pas exécuté les ordres du roi. Mais, le 2 mars, Mellini écrit qu'il a sollicité Don Juan de faire livrer Resta ou de le faire partir; que S. A. lui a dit que S. M. a changé <i'idée, parce que del Carpio a écrit qu'à Rome se trouvent 300 Messinois; qu'ils y sont bien accueillis et que même pour eux le pape demande le pardon ; qu'on ne comprenait pas comment on les gardait après qu'ils ont fait tant de mal à la Couronne, et le duc ajouta que tout ce qu'il disait c'était en confidence, car S. M. agirait par une autre voie. « J'ai répondu que je n'avais pas connaissance de cela, mais que Resta était connu et condamné comme coupable d'un crime énorme, tandis que beaucoup de ces Messinois sont peutêtre innocents; que, s'étant réfugiés sous la protection du Vicaire du Christ, ils ne pouvaient pas offenser S. M »

Cybo répond à Mellini, le 2 avril 1697:

Mi sono giunte molto inaspettate le querele fattesi dal Sig.^® D. Grio. intorno à Messinesi, che sono in Roma in proposito del-

l'istanza per l' espulsione del Resta da cotesti regni. È reo il Resta immediato, e convinto di delitto di lésa maestà commesso in faccia délia Corte in una maniera ch' è quasi peggiore del delitto medesimo. Dopo di che non hà egli ne dato segno di pentimento ne provato castigo alcuno, 6 diminuito l'ardire, e l'insolenza ; ma più temerario che mai è portato in planta di mano, esulta per cosi dire, e trionfa délia sua impunità sotto l'ombra altrui; ne vale à salvare il Resta il manifesto da lui publicato in sua difesa; perche se le cose ivi allegate, fossero vere come sono falsissime, poteva comparirle e dedurle in Roma, dove la giustitia tiene aperto il seno ad ognuno. All'incontro i poveri Messinesi, i quali si trovano in Roma, non si sa che siano rei di S. M.^^ Catt.*^* se non per concomitanza, e per dependenza da delinquenti, del quai reato sono stati gravemente puniti come ognun vede con la. perdita délia patria, e di ogni lor sostanza; onde vivono hoggi in estrema nécessita, oggetto délia commiseratione di tutti ; mentre caduti da una fortuna prospéra, e da un trattamento molto civile, in cui sono nati, e sempre vissuti, mendicano hoggi in Roma i miseri alimenti, mostrati à dito come ludibrio délia sorte, e si-^ mulacri délie vicende humane.

Cacciati dalla patria, e da altri regni, rifuggirono à Roma, et al Papa, cioè alla madré et al padre comune de fedeli per trovar qualche scampo alla famé et alla nudità, che sogliono muovere à pietà le nationi ancora più barbare, e più nemiche. Con- \ sideri il Sig.^ D. Grio. quai esempio di charità christiana havrebbedato al mondo il Vicario di Christo se havesse negato di dare à questi meschini il ricetto che non si nega ad alcuna sorte di eretici, ô d'infedeli quando si contentan di vivere nel modo, che conviene.

E se la S.^^ Sua passô da principio qualche offitio à lor favore fu come effetto non tanto délia pietà dovuta à miserabili da chi hà senso d'humanità non che obligatione di padre, quanto del paterno a£Petto, con cui s'intéressa nella gloria, e nelle félicita di S. M.^à apprendendo, che dovesse essere attione molto meritoria presso Dio e di gran Iode presso gli huomini il perdonar generosamente à Messinesi, che non erano rei in capite, particolarmente alla misera turba délie femine, e de fanciulli col fine an-

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cora di non mettere in disperatione quella afflitta gente, onde potessero restarne gravi pregiuditii alla monarchia di Spagna.

A tutto ciô si aggiunge che quando vennero quà i Messinesi, dubitando io, che potesse ritrovarsi frà loro qualche primario delinquente, mi feci intendere dal Sig.^ Marcliese del Carpio, che se :S. Ecc/'^ havesse rincontro asservi tal sorte d'huomini, si compiacesse di avvisarmene, e di darmi in nota il nome, et i contrassegni per riconoscerlo, che io l' havrei fatto allontanare, es- -sendo mente di S. S.^^ che il Rè non havesse occasione di dolersi. In tutto questo tempo S. Ecc.=^^ non mi hà fatto mai saper niente, ne hà fatta istanza alcuna contro i Messinesi, eccettuatone uno, il quale conscio à se stesso délia sua colpa, non si lasciô mai vedere, diffidando di trovar luogo negli Stati di S. S.^^, Anzi il medesimo Sig.^ ambasciatore si è mostrato pronto à passar ufïicii per i Messinesi ; e questi sono stati veduti publicamente pratticare nel palazzo di S. Ecc.^'"^ con speranza che alcuni loro deputati al Re Cattolico fossero accompagnati da lettere dell'Ecc.^^ Sua, nella quale occasione essendo ricorsi da S. S.*^ supplicando per due righe di Brève à S. M.^^ in loro raccomandatione hebbeno la ripulsa. E pure il Sig.^ D. Gio. hà dette à lei che il Marchese del Carpio hà fatte più vol te istanze per la loro depulsione da Roma; cosa non mai da me udita, ne meno per sogno. Di qui puô V. S. 111, ma far comprendere à S. A. se vale l'argomento de Missinesi (sic) à favor del Resta, e se possono caminar bene le cose in ordine alla buona corrispondenza continovando nell'ambasciata di Koma il Marchese del Carpio etc.

Le 10 mai 1679, Mellini répond à son tour qu'il ne met pas en doute les bruits au sujet des Messinois à Rome; qu'il en a parlé à Don Juan conformément à la dépêche du 2 avril en lui faisant observer dans quelles équivoques toml)e toujours Carpio: «Je lui ai fait noter aussi, ajoute-t-il, la différence de fait qui existe entre Resta et les Messinois, •car Resta a éié condamné pour un crime énorme; on m'a promis de Texpulser. »

Dès le début du pontificat d'Innocent, on prévoyait quece pape aurait à lutter avec Louis XIV, encore jeune, et dont le règne était alors dans tout son éclat. La lutte fut d'abord sourde et circonspecte, ensuite elle se déclara ouvertement, au point que, durant une longue période, on put faire passer Innocent XI pour un des plus durs adversaires de la France.

Il est injuste cependant de considérer comme adversaire quiconque, ayant des intérêts suprêmes à défendre, ne se montre pas disposé à en faire bon marché à l'avantage de ses amis. Or tel était le cas d'Innocent, car bien désireux à complaire Louis XIV, trouvait, dans ses obligations de chef de l'Eglise et dans sa conscience, des limites qu'il lui était impossible de franchir. On a youIu donner pour unique cause de ces difficultés entre les deux princes, le fait que Louis XI Y, qui avait pour programme l'abaissement de la maison d'Autriche, n'hésita pas à s'entendre avec les Turcs eux-mêmes pour affaiblir l'empire, et qu'il se heurta à la politique d'Innocent, qui, pour vaincre les infidèles, voulait, au contraire, rendre plus fort l'empereur. Mais ce ne fut pas là la seule cause; cet antagonisme avait des raisons plus profondes encore.

D'abord la piété de Louis XIV, comme le disait de Louis XII Claude de Seyssel, archevêque de Turin, « semblait plus superstitieuse que religieuse, puisque tout, son étude, ses désirs et ses fins tendaient à être craint et obéi

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