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LE CARDINAL ALTIERI ET LE ROI

M'étaut ensuite rendu a Saint-Germain chez le roi, il me complimenta aussi... J'ai été également chez Pomponne pour lui annoncer que ce n'est plus Altieri, mais Y. Eminence qui est léirat à Avignon, et il s'en est montré satisfait, me chargeant de présenter à Y. Em. ses félicitations. »

Et, le 12 février 1677, il ajoute qu'ayant fait part au P. La Chaise de sa nomination comme nonce ordinaire « le confesseur du roi le félicita et lui dit, que S. M. avait l'intention, aussitôt la guerre finie, d'abolir tous les magistrats des hérétiques, et que tous ses efforts tendraient à l'extirpation de l'hérésie. »

11 paraît que Yarese, en sa qualité de nonce extraordinaire, avait gardé une attitude très réservée, car, le 17 novembre 1676, Cybo lui fait observer que, tout en n'étant que nonce extraordinaire pour la paix et ne devant parler que de ce sujet avec le roi, il peut cependant renseigner Rome sur ce qui se passe à Paris et aussi en ce qui touche les grâces qu'on demande en France, pour juger de la convenance à les accorder et des personnes qui- les sollicitent. En conséquence, le 1®^ décembre, il lui demande dans quelle situation se trouvent les intérêts du cardinal Altieri auprès du roi. Lui réitère cette demande à plusieurs reprises, car le pape avait beaucoup à cœur que la Cour de Eome, étant impartiale, fût bien vue de tout le monde, et, pour y arriver, il cherchait à détruire tout esprit de parti à Rome et à écarter les occasions qui pouvaient Ty faire renaître. Il désirait qu'Altieri rentrât dans les bonnes grâces du roi, car sa disgrâce entraînait celle des cardinaux de la dernière promotion de Clément X, à qui l'ambassadeur refusait de faire visite. Et, le 25, Yarese lui répond qu'ayant parlé à Pomponne au sujet d'Altieri, le ministre lui répondit que le roi avait en considération le cardinal alors que celui-ci était ministre, mais que, pour lui, maintenant, il est comme s'il était mort; que le cardinal de Bouillon lui a rapporté la

même chose touchant S. M., mais que l'évêque de Strasbourg chez qui il a dîné, lui a promis de s'occuper en faveur d'Altieri. Le nonce conclut, que d'ailleurs, il n'espère pas grand chose car cet évêque n'a pas d'influence.

Le 9 mars 1677, Cybo engage Yarese à demander à Pomponne, à propos de ce que ce ministre lui a dit d'un ordre du roi au duc d'Estrées touchant sa visite aux cardinaux, à quelle formalité ceux-ci ont manqué, pour expliquer le refus de l'ambassadeur de leur faire visite, car, étant nouveaux, ils peuvent avoir commis quelque erreur; « N. S., ajoute Cybo, désirant dissiper tout malentendu, V. S. lUme doit chercher de savoir en quoi ils ont manqué, car ils sont prêts à donner toute satisfaction. » Cybo recommande ensuite au nonce, quand il abordera ce sujet avec Pomponne, de lui demander quelque explication sur la disgrâce d'Altieri et de chercher à connaître la volonté du roi; N. S., dit-il, désire qu'il rentre en grâce, et il en a parlé déjà deux fois à l'ambassadeur et à son frère le cardinal. » Et, le 26 mai, il lui recommande qu'en faisant ces démarches il n'engage pas trop l'autorité de N. S. ; il ne faut pas que S. M. puisse croire que S. S. tend à favoriser ceux qui lui déplaisent, et, pour le bien de l'Eglise, le pontife désire conserver la confiance du roi. Le 6 août, le nonce lui répond que le roi n'entend rendre sa confiance au cardinal Altieri que si celui-ci, avec les cardinaux de son parti, lui rend un service notable ; le nonce ajoute que, toutefois entre Altieri et les cardinaux français il y a échange de lettres, et que le roi a su qu'il a travaillé pour la concession gratuite à l'évêque de Tarbes (1).

(1) Dans un avvlso de Rome, du 17 septembre 1678, on lisait: que le duc d'Estrées avait commencé ses visites aux cardinaux de la dernière promotion de Clément X.

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