LE P. LA CHAISE, CONFESSEUR DU ROI
Le 18 septembre 1679, l'abbé Lauri, internonce à Paris, informe Cybo qu'on lui a dit que l'abbé Cabanes se trouve à Fontainebleau pour obtenir que Don Angelo Altieri, à son arrivée à Paris, soit reçu par le roi, le cardinal étant prêt à faire acte d'humilité. Et, le 2 octobre, il ajoute que Colbert a obtenu de S. M. la permission pour Don Angelo de venir en France, mais non de se présenter au roi ; qu'ici on lui aurait déconseillé de venir à Paris, et que c'est aussi l'avis du cardinal Bonsi, tandis que lui est d'opinion que Don Angelo ne doit pas laisser voir que l'unique but de son voyage est de s'humilier devant le roi, mais qu'il mette à profit sa Tenue pour demander audience; et, qu'à présent on attend de savoir ce que le roi aura répondu. Et, le 30 octobre, il annonce l'arrivée à Paris de Don Angelo Altieri, qui a fait demander au roi d'être reçu, mais inutilement; que Pomponne aurait dit à l'abbé Cabanes, qui lui parlait en faveur de Don Angelo, que celui-ci aurait dû commencer ses démarches auprès de l'ambassadeur à Rome. En cette occasion, ajoute Lauri, j'ai cru bien faire de « rappeler à Pomponne que S. S. avait montré précédemment son désir de voir le cardinal réintégré dans les grâces du roi, et je l'ai prié de vouloir bien travailler à ce que le présent acte d'humiliation du cardinal Altieri eût l'effet désiré; le ministre promit d'en référer au roi. Lauri termine en disant que le cardinal Bonsi a parlé à Don Angelo, avec la permission du roi, et qu'il l'a traité avec politesse, sans cependant entrer dans la question. » Mais, le 3 novembre, il écrit que Pomponne lui a déclaré que le roi ne voulait pas recevoir Don Angelo Altieri.
Dans la correspondance d'Innocent avec le nonce, on se rend compte que le pape faisait aussi fonds sur le P. La Chaise, jésuite et confesseur de S. M., pour obtenir l'assentiment du roi à des actes qu'il lui demandait, recommandant
souvent à Varese, et ensuite à Lauri, d'en parler toujours au P. La Chaise, vis-à-vis duquel le pape fat, également, large de grâces.
Ainsi, le 1®^ mars 1679, Cybo écrit à Lauri:
Oltre le cose che ho scritto in piano da rappresentarsi al Sig.^ di Pomponne, et al Padre La Scese circa il procurare i vantaggi délia Peligione Cattolica in Pomerania, et altrove, V. S. dovrà insinuare al Padre La Scese la gran sollecitudine che porta N. S.^e dell'eterna sainte di S. M.^=^. La quale perô hora, che le sono con la présente pace cessate in gran parte le occupationi militari, che assorbivano intieramente il suo animo, desidera S. S.*^^ che per corrispondere aile segnalate gratie, che le fà Iddio con prosperar tanto le sue armi, e con renderla cosi potente, e cosi riverita frà gli huomini, voglia riflettervi giornalmente almeno per un'ottavo d'hora, e benedirne il S.^® con internarsi parijnente nella meditatione dell'eterna vita, e délia caducità délia gloria, e de' béni temporal!. Non dubita N. S.^® che il Padre La Scese non istilli per se medesimo nella mente del Pè questi, et altri pensieri santi, come richiede l'istituto del suo ordine, e molto più il debito délia persona che sostiene appresso S. M.^àdi suo confessore. Crede con tutto ciô, che la M.*^ Sua sia per abbracciar più volentieri questi consigli quando gli vegga dettati dalla paterna charità di S. B.® Assicuri il Padre La Scese, che farà cosa gratissima alla S.*^ Sua, la quale da un tal principio sperarebbe infiniti béni alla Chiesa.
Dalle risposte, che darà il Sig.'^ di Pomponne à quello che scrivo à V. S. in piano per insinuarlo à S. Ecc.^^ circa la speranza di S. S.*% che il Pè debba con particolar cura custodir la pace conclusa con la Spagna, e coll'Imp.^® per poter volgere le armi contro il comune nemico, potrà ella ricavar qualche inditio se siano ben fondate le gelosie de principi Italiani.
Et, le 19 mai, Lauri lui répond qu'ayant parlé au P. La Chaise, il lui manifesta l'agrément de N. S. pour la célérité ■qu'il a mise à insinuer au roi, au nom de S. S., la conve-