LA CONCESSION DES GRACES
nance de la méditation durant un quart d'heure chaque jour; qu'il encouragea le confesseur à continuer, et que le Père en a été très content; il ajoute:
Queste insinuationi fatte da me à nome di S. S.*^ sono state attentamente sentite dal Padre confessore, il quale poi mi hà detto, ch'era prontissimo à portar nuovamente qnesti paterni, e zelanti ricordi di S, B.^^ alla M.^à Sua, dalla quale, si assiçurava che sarebbono stati ricevuti con ogni veneratione. Si è steso in ultimo à riflettere su la earità di N. S.^® per la salvezza del Rè, e mi hà detto che havrebbe ponderato alla M.*^ Sua questo pensiero, che S. S.^^ teneva délia sua eterna salute.
Les premiers actes du nouveau pontife témoignèrent de son désir de tout réformer dans l'administration de l'Eglise et d'empêcher le plus possible les abus; il est naturel qu'il y eût beaucoup de mécontents, même pour sa parcimonie à accorder des grâces, qui souvent tendaient à être abusives. Cependant la France n'avait pas à se plaindre sous ce rapport, car Innocent fut plutôt large de grâces à son égard (1). Bien souvent Cybo écrivait qu'il répugnait à S. S. de concéder les abbayes en commende; mais la Cour de France adoptait un moyen très simple: le roi faisait la nomination par brevet, que le commandeur, ainsi créé, présentait au Conseil privé du roi et non au Parlement, dont l'approbation eût pu être douteuse; c'était ainsi qu'il entrait en possession du bénéfice en attendant la bulle pontificale, que très souvent on ne demandait même pas. Du reste, voici quelques lettres se rapportant à des demandes de faveurs. Le 28 mai 1677, Cybo écrit à Varese que N. S. a été bien content d'apprendre qu'à l'avenir S. M. sera plus réservée à demander des grâces du genre de celle qu'elle a sollicitée pour l'évêque de Noyon, qui était impossible à
(1) La famille Colbert obtint du pape une douzaine de grâces.
accorder; et il l'engage à rappeler, selon l'occasion, cette bonne intention du roi, comme aussi « la ferme décision du pape de ne point suivre les exemples de ses prédécesseurs, trop larges en ce genre de concessions, de même qu'il ne les imite pas en beaucoup d'autres choses. »
Le 10 novembre, il lui écrit qu'on a appris que le roi, par brevet, a concédé en commende au cardinal de Bouillon l'abbaye de Vigagné, de l'ordre des Prémontrés, située dans le diocèse de Cambrai, et que cela est désapprouvé pour deux raisons. D'abord, S. M. dispose de ce qui ne lui appartient, ni par concession, ni par induit apostolique — il y a seulement quelques mois, que cette abbaye appartenait encore à l'Espagne — ; ensuite le roi a donné en commende une abbaye qu'habituellement on donne en titre, et il a agi ainsi sans le consentement apostolique, ce que n'ont fait jamais les rois de France, pas même pour les abbayes qui sont à la disposition de la Couronne. Et le troisième mal, plus grave encore, c'est qu'un cardinal, célèbre par sa piété et son zèle, puisse donner lieu à pareil abus d'autorité, et accepte la concession sans en avertir N. S. « Que V. S. lUme exhorte Son Eminence à se purger de cette faute et travailler à persuader au roi de s'en purger lui-même. »
Et, le 5 janvier 1678, Cybo lui mande « qu'il est bon que le cardinal de Bouillon demande le bref apostolique au sujet de la commende de Vigagné; mais comment couvrir le fait, du moment que cette concession n'eût pu être accordée ? »
Le P"" février, Cybo l'informe que, la veille, on devait proposer en consistoire de concéder en commende à l'évêque de Langres le monastère de saint Sequano de l'ordre de S.-B. ; que N. S. éprouva une grande diifîculté à l'admettre, pour le motif que ce prélat possède deux autres monastères, autant de prieurés et une prévôté, tous avec