LES REMONTRANCES DU PAPE
Mais S. S., profitant de la Chapelle fPaiijourd'hui, et de l'audience qui a suivi, a dit à l'ambassadeur, qu'en Italie il y avait de fortes craintes, alors qii'on était en droit d'espérer, qu'après la conclusion de la paix entre l'Empire et la France, S. M. très chrétienne ne voudrait pas envahir l'Italie. L'ambassadeur répondit qu'on avait tort de craindre (1) et que ces préparatifs se faisaient contre Genève]; mais le pape répliqua, que cela était peu croyable, car Toulon n'avait rien à faire à propos de Genève. N. S. fit observer que tout cela peut entraver l'accord que l'on cherche à conclure entre les princes chrétiens contre les Turcs. Ce qui augmente les craintes de S. S., c'est que la Cour de Madrid est excommuniée à cause de l'amende infligée (2) à Y. S. ; de même le viceroi de Naples, est excommunié pour les violations des immunités de l'Eglise, dans l'affaire des capucins, ainsi que le gouverneur de Milan pour les mêmes motifs et pour ce qu'il a osé faire au chevalier Cusani; pour toutes ces raisons il est à craindre que Dieu, indigné, ne prépare sa vengeance. « Que y. S., conclut le cardinal, cherche d'insinuer opportunément ces considérations quand l'occasion s'en présentera.»
De son coté Muzio informe Cybo, le 8 mars 1679:
Hieri sera solamente, per quelle intendo, Madama si assicurô délie intentioni délia Francia, che sono; che il Sig.^" Duca di Mantova adempisca il contratto fatto di Casale per il prezzo di quattro millioûi di franchi già depositati in Brianzone, da cui quell'Altezza vorrebbe retrocedere à persuasione de' SS.^i Vene-
(1) Lanri, écrit de Paris, le 20 avril, que Pomponne déclare que le roi ne veut pas la guerre en Italie; mais pourtant, poursuit Lauri, on continue à dire qu'on la fera contre Gênes dans l'intérêt de la Savoie.
(2) Voir chap. Immunités ecclésiastiques.
tiani ; e per sforzarvelo, il Rè di Francia habbia inviate le truppe che sono in questi confini, et allestica l'armamento di Mare per divertire li Spagnuoli nelle coste del Finale, caso che volessero opporsi agli di lui disegni, e cosi ricominciare una nuova guerra con quella natione; e dicesi che le nevi habbino sino ad hora trattenuto che non si sia tutto ciô esseguito; corne pure che Mr. di Lonnoy (sic) stii aspettando l'avviso che le truppe siino in Italia per portarvisi esso pure ad effetto di facilitar Pimpresa premeditata. Il corriero Mancini passô di qui sono tre giorni, et in vece di proseguire il viaggio che diceva di fare, voltô camino e si porto à Casale, da dove credesi che passarà à Mantova; supponendosi che porti à quel Duca l'intimatione di mantenere il promesso. Nel reste non hô per ancora potuto sapere se il dette contratto comprenda tutto il Monferrato, ô la città sola di Casale, ô pure si restringa ail' introduzzione di guarnigione Francese in quella piazza; ma in qualsisia degli detti modi dispiace molto à questa Corte, che per impotenza è astretta à non disapprovare quelle, che non puô impedire etc.
Au sujet de Casai Bonvisi écrit, le 12, de Tienne à Cybo « que le duc de Mantoue vient de répondre à l'impératrice, sa tante, qu'il n'a pas vendu Casai, quoique les Espagnols ne lui donnassent plus de subsides et qu'il ne puisse pas entretenir la forteresse. On croit, pourtant, que les doutes ne sont pas disparus ici, surtout par crainte de la tante et de l'empereur. Et le duc a écrit aussi à ce dernier, qu'il ne céderait pas volontairement Casai aux Français, mais que s'ils osaient le prendre par force, il ne pourrait pas leur résister.» Dix jours après Muzio écrit de nouveau:
Di Torino 22 marzo 1679 (Dec.^^ a 2 aprile).
Arrivano continuamente nuovi soldati nel Delfinato, ma non calano ancora di quà da monti à causa délie nevi. Il presidio di Pinerolo si dice ingrossato sino seimila huomini, e frà gli altri preparamenti vi fanno li Francesi lavorare quantità grande di eacchi aggiustati à potersi con essi portare dagli huomini paglia