‹ Innocent XIChapitre 72 sur 290 · LES PLAINTES DU PAPE · texte numérisé non relu

LES PLAINTES DU PAPE

heure; Et comme je ne doute point, que vous ne soyez bien aise de suivre en cela ses intentions. Il ne me reste qu'à vous tesmoigner que je suis, Monsieur, vostre bien humble et bien afF.^® serviteur Arnauld de Pomponne.

Cybo lui répond, Je 30, que N. S. s'est vivement plaint à l'ambassadeur de la conduite de l'archevêque à propos du cadavre du nonce et de l'emprisonnement du capucin.

Et, le 10 décembre, Cybo écrit à ce sujet au nonce à Madrid, Mellini:

Il poco rispetto usatosi daU'Arcivescovo di Parigi, dissimulandolo al He verso il cadavere del nunzio Varese, hà eccitato l'ammiratione univer^^ale ; si che non è gran fatto che ne giunga lo strepito anche in Madrid, e che costi à suggestione anche de reporti di questa Corte, si venga à riflettere alla différente maniera che pratica N. S.^® in risentirsi dei 'torti, che si fanno alla sua dignità da una ô da un'altra natione.

Udendo V. S. 111.™^ tal susurro potrà rispondere primieramente che la pretensione dell'Arcivescovo non è senza quai che fondamento, ma tutto il maie consiste nella maniera poco rispettosa di eseguire. Che gli stili diversi délie nationi inveterati nel corso di molti secoli rendono tal volta tollerabile in un paese cio che non si puô permettere in un altro. Che S. S^^ hà già determinato di chiamare à se domani, ô posdomani questo ambasciatore di Francia, e di parlargli sopra dal successo con espressioni di sentimento non inferiore à quello, che mostrô pochi di sono col Sig."" Cardinal Portocarrero, e col Sig."^^ Marchese del Carpio, quando similmente gli chiamô à se per l'affare costi corrente de chierici minori; e che stà applicata à quello di più^ che stimerà se le convenga. Queste cose perô V. S. Ill.«i^ l'accennerà solamente quando ne vegga il bisogno, e per modo di conhdare un segreto ec. ec.

Le 13 janvier 1679, Lauri revient sur cette affaire. Il raconte que, la veille de la mort de Varese, l'archevêque de Reims, Maurice Le Tel lier, était venu demander des nouvelles du malade et attendit l'arrivée des médecins. Pendant

ce temps le capucin lui dit que, dans la matinée, il avait administré le viatique et rextrême-onction au nonce, racontant franchement qu'il avait pris les saintes huiles chez les Théatins. Le Tellier était convaicu que le capucin avait toute la responsabilité de l'affaire, et, le lendemain, se trouvant à la Cour et^ ayant appris la mort du nonce, il désapprouva l'acte du capucin, et ajouta que, si la chose s'était passée dans son diocèse de Reims, il l'aurait fait emprisonner pour avoir administré les derniers sacrements sans le consentement de l'Ordinaire. Il se moqua de l'archevêque de Paris, qui se présentait au roi. Harlay fit alors appeler le supérieur des Théatins et l'ex-confesseur, et leur dit qu'il avait l'ordre du roi d'emporter de force le corps du défunt, si Lauri refusait de le laisser porter à la paroisse. Les Théatins affirmèrent ne pas avoir donné les saintes huiles, et le capucin déclara qu'il ne voulait plus rien dire sur ce sujet. On croit que l'archevêque de Reims agit de cette manière, ou par ignorance^ ou pour nuire à l'archevêque de Paris auprès de Rome et du roi.

Durant quatre ans environ, après le décès de Mgr Varese, le Saint-Siège n'eut à Paris qu'un internonce, l'abbé Lauri, ancien auditeur.

Le 13 mars 1679, Cybo l'informe que le P. Enrico de Monbason, capucin, lui a écrit être très inquiet, de l'accusation qu'on lui fait d'avoir publié une brochure sur l'insulte faite par l'archevêque de Paris au cadavre du nonce; il ajoute avoir transmis à Rome le manuscrit écrit de sa main et en demande la restitution, dans la crainte qu'il ne puisse tomber entre les mains de ses adversaires. Cybo charge Lauri d'avertir le religieux qu'il n'a rien reçu et de lui demander des éclaircissements.

Et le- 14 avril (1) Lauri lui répond:

(1) Dans un avvlso de Paris, du 7 avril 1679, on lit que les tra-

vaux sont commencés au Bois de Boulogne.

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