UNE RÉPRIMANDE À LAURI
Continuando la sua dimora in Alemagna il Sig/ Principe di Purstemberg, liô stimato bene d'inviargli il seconde Brève di N. S/® scritto in risposta délia lettera resa dall'Abbate Morel, e gli hô soggiunto che dal tenore del Brève medesimo potrà egli ben argomentare quai sia l'amor paterno, che S. S.*^' le conserva ; ma più ancora ciô si puô raccogliere dall'ordine dato à me di significarle, che sebene à lettere di simiglianti materie, quale era stata quella scritta da lui à S. B.® non era stato solito di rispondersi da i Sommi Pontefici ; contuttociô nel caso présente haveva voluto S. S>^ far prevalere l'amor suo, con il quale rimira la riguardevol conditione, et il merito di lui, al solito stile délia Segreteria. Onde io da tali dimostrationi, e dalla sollecitudine, che S. B.^ hà mostrata délie cose di lui prima di salire al pontificato, restavo affatto persuaso, che molto più si prenderà il pensiero, et incontrerà le occasioni di favorirlo hora, che per la suprema dignità nella Chiesa, gli è divenuto padre, e che si sono aggiunti nuovi, e potenti motivi di amarlo, e di honorarlo su la speranza che N. S.^'® puô con ragione haver concepita, che le prosperità di lui sieno per ridondare in particolar profitto délia causa publica, e délia Religion Càttolica. Con queste précise espressioni hô io adunque accompagnato il secondo Brève, che hô trasmesso al Sig.'' Principe, ritenendo tuttavia il primo fin hora appresso di me per havere intorno à ciô i più precisi sentimenti del- TE. Vostra,.
Cybo ne fut pas content de cette communication, et, le 6 décembre, il répondit à Lauri, qu'il pouvait transmettre le bref, mais sans écrire en de pareils termes de courtoisie, qui peuvent donner lieu à des interprétations erronées et laisser supposer des mystères, où il n'y en a pas. « Y. S. aurait dû d'autant plus s'abstenir vu le récent exemple de l'affaire des Urbanistes. Que Y. S. veuille bien, dorénavant, agir avec plus de prudence en pareilles circonstances » (1).
(1) Le prince Guillaume succéda à son frère dans l'évêché de Strasbourg, et fut promu cardinal en 1883.
D'après la publication (1) des Dépêches diplomatiques de la Cour de France durant le pontificat d'Innocent, il résulte, qu'en outre de l'ambassadeur de France et de son frère le cardinal d'Estrées, il y avait à Rome d'autres personnages qui écrivaient directement à la Cour, surtout depuis que Colbert de Croissy était devenu secrétaire d'Etat; il paraît qu'on les attachait aux intérêts du roi de toute manière. Ce système d'espionnage n'est pas le meilleur pour connaître la vérité et bien apprécier une situation, car il donne lieu plutôt à une marée d'informations et de potins qui ne font qu'obscurcir l'iiorizon. Rien de semblable, au contraire, ne résulte des dépêches de la Cour de Rome, durant cette période; si des étrangers à la Cour s'adressent directement à la Secrétairerie d'Etat, on en écrit au nonce pour contrôler la véracité de leurs renseignements; et que, si de la part du cardinal Cybo, on conseillait au représentant du Saint Siège d'interposer les bons otîices de quelque ecclésiastique, ce n'était pas pour induire celui-ci à trahir ses devoirs, mais bien pour les lui rappeler.
L'abbé Atto Melani, né à Pistoie en 1626, se rendit à Paris à l'âge de vingt ans et commença sa carrière sous le cardinal Mazarin. Il y demeura longtemps, tout en faisant de fréquents voyages en Italie. De retour à Florence il fut attaché à la personne du cardinal Bonvisi et devint l'ami de son neveu, nonce à Vienne; comme il connaissait personnellement beaucoup de personnages, il fut chargé de quelques missions. Il prétendait aussi être très-lié avec le cardinal d'Estrées, mais il se brouilla ensuite avec lui. Alorft que le cardinal se trouvait à Turin, le nonce, Mgr. Muzio, informe Cybo, le 10 novembre 1677, « que l'abbé Melani a rendu de bien mauvais services au cardinal, dont il rapportait les confidences à ses adversaires ». Mais il ne semble pas que
(1) Louis XIV et Innocent XI, par E. Michaud. Paris, 1882.
l'abbé atto melani 183
l'abbé ait eu lieu d'être satisfait du résultat de ses intrigues, car, dans une lettre de lui, qu'on trouve dans un registre de la nonciature de France, sans le nom du destinataire, qui paraît avoir été son protecteur, il se plaint que le pape lui ait refusé la concession de l'abbaye en commende que le roi lui avait donnée :
Gliene rendo per tanto umilissime grazie, e la supplice di credere, che conserverô perpétua memoria di questo favore nel modo stesso ch'avrei fatto, se la grazia ch'io domandava, mi fosse stata conceduta. lo non mi dolgo che délia mia sventura, e d'essermi reso importuno a tanti amici, e padroni ; e di non haver prima compreso, ciô che l'esperienza m'ha fatto conoscere da cotesto lato: ancorchè pur troppo sapessi, che non hà il mondo scuola megliore di cotesta Corte per conoscere il suo disinganno.
Melani chercha à jouer le rôle d'informateur auprès du Saint-Siège, surtout au sujet de la question du Quartier, mais Yarese découvrit bientôt qu'il jouait double jeu et visait seulement à tirer profit de la bienveillance que lui témoignait Pomponne. Il obtint du roi en commende l'abbaye de Robec, en faisant croire qu'il obtiendrait la confirmation du pape, qui, au contraire, sur l'avis delà Congrégation, la refusa. Voici une partie de la dépêche par laquelle Lauri informe Cybo de la réponse de Pomponne à la protestation que, par son ordre, il lui avait adressée à ce sujet:
. . . e l'E. S. mi hà risposto che simili arresti si davano tutto il giorno in Prancia, in caso che in Roma si rifiutassero le belle : poiche allora davasi il possesso temporale al nominato dal Pè, obligandolo nondimeno à spedir le bolle prima di aver il possesso dello spirituale. Cosi aver proveduta la sua badia il vescovo di Noyon, avanti che gli fusse fatta la grazia da Nostro Sig.''^ di dargliela in commenda : Cosi pure aver proveduto per lo spazio di alcuni anni la chiesa di Reims il Cardinal Antonio, pendente il tempo, che la S>* M. d'Innocenzio X ; per l'incompatibilità
pretesa col camerlangato (sic) gli ricusava le bolle; e cosi praticarsi in altre mille occorrenze. Questa risposta non mi è giunta nuova, perche in effetto si praticano in Francia quotidianamente simili possessi, che sogliono darsi dal Parlamento; e se in quest'occasione il Melani hà avuto ricorso al Consiglio privato del Rè, ciô hà fatto solamente per far tassare la somma pretesa dalli convertiti alla fede^ à favore de' quali hà S. M-^^- riservato il terzo délie vendite de' benefizii, finche non siano in effetto spedite le bolle apostoliche : Onde replicai à S. Ecc.^^ due cose ; la prima che questa era un'abuso, che non doveva tolerarsi, mentre senz'il titolo canonico erano intrusi quelli, che prendevano i frutti de' benefizii; la seconda poi, che in questo caso particolare l'arresto era fondato su la narrativa, che la Congregazione avesse décrétât© à favore délia commenda pretesa dal Melani, e che il segretario di detta Congregazione abbia ricusato di dar fuori il decreto, l'uno, e l'altro de' quali fondamenti era insussistente par le ragioni, ch'io aveva già riferite à S. E. Onde per l'uno, e l'altro capo era luogo alla rivocazione dell'arresto controverso ; Ma tutto questo non è stato già bastante à persuadere il Sig/' di Pomponne^ il quale ha seguitato pure à rispondere, che questi possessi tutto il giorno si danno in Francia, e che vi sono moltissimi, che presentemente godono i possessi temporali di simili benefizii in vigore di tali arresti. Cosi dunque puô Vostra Em.^^ vedere^ che per li continui abusi, che tutto il giorno si praticano in questo regno in simili materie, non sono state ne pure in questo caso, considerate le buone ragioni addotte da me : onde attenderô i nuovi comandamenti .dell'Em.^^ V. se altro dovrô in questo proposito, e me le inchino profondamente. Di V. Em. ec. Parigi 30 Xmbre 1678.
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Charles II était roi depuis 17 ans, lors de l'avéDemeDt d'Innocent; il ne paraît pas avoir eu sa confiance. Porté sur le trône à l'âge de trente ans, au milieu de la sympathie et des espérances de la nation, Charles n'avait pas réussi à vaincre les grandes ditfîcultés que lui opposaient le Parlement et les partis adversaires.
Doué de belles qualités naturelles au moral et au physique, il semblait n'avoir rien appris dans l'art de gouverner, et vouloir continuer le genre de vie incertaine qu'il avait mené dans l'exil. Jamais il ne fit montre d'un programme sérieux pour régner, mais il est vrai que la situation intérieure de l'Angleterre n'était guère rassurante.
La nation anglaise n'était pas habituée à la vie de magnificence et d'inconséquence que le nouvel absolutisme venait de mettre à la mode sur le continent. Les subsides, que le Parlement, toujours méfiant envers l'autorité royale, accordait au roi, ne suffisaient pas à ses dépenses. Son intimité avec Louis XIV, dont le frère avait épousé la sœur de Charles II; l'incertitude de sa politique étrangère et les guerres avec la Hollande ne le rendaient pas populaire. Dans le Parlement les anciennes factions qui, sous le nom de chevaliers à la tête Ronde, avaient tant agité la nation^ continuaient à exister et à menacer le pouvoir royal. Les querelles religieuses, qui, au début de la restauration, semblaient assoupies, prirent bientôt une nouvelle ardeur, et le protestantisme devint, de plus en plus, soupçonneux et agressif.
Le mariage du roi avec l'Infante de Portugal ne fut pas heureux. Elle apporta bien à l'Angleterre Bombay, Tanger et un demi million de livres sterling, et si elle ne réussit pas à captiver toute l'affection du roi et à lui donner un héritier, bien que deux fois elle fut sur le point de le rendre père, il faut reconnaître que sa piété et sa modestie empreinte de dignité, imposèrent toujours le respect à son royal époux. Catholique, ce fut contre elle que les protestants s'acharnèrent davantage, et, pour cette même raison, c'est à son sort qu'Innocent XI s'intéressa plus particulièrement.
Le pape montra, du reste, son peu de confiance dans l'impartialité et le sérieux du roi d'Angleterre, alors que, aux négociations de Nimègue (1), médiateur lui-même, il chercha à avoir un autre collègue dans la médiation, en plus de Charles IL
Le duc d'York, frère du roi, était intelligent, brave à la guerre, zélé pour les affaires publiques. Yeuf de la fille
(1) Dans le chapitre: « La médiation du pape au Congrès », on verra mieux quels étaient ies sentiments d'Innocent à l'égard de l'Angleterre officielle. Mais voici quelques pièces qui font ressortir les incertitudes du gouvernement anglais.
Le 24 janvier, Bevilacqua, qui était sur le point de quitter Vienne pour se rendre, comme nonce médiateur à Nimègue, écrit à Cybo « que l'envoyé d'Angleterre aurait dit à l'ambassadeur de Venise que l'opposition des plénipotentiaires anglais au séjour du nonce du pape à Nimègue n'était qu'apparente et, selon l'expression française, par grimace^ a£n que le Parlement ne puisse soupçonner qu'il y a des intelligences entre le pape et le roi. qui en ce moment se trouve contraint de sacrifier les catholiques à la haine de la Chambre basse et à l'impérieuse nécessité d'obtenir de l'argent, bien que dans son cœur il les aime et les considère comme ses meilleurs vassaux. Que cela soit vrai, je , ne le sais pas, conclut le nonce, mais c'est mon devoir d'en référer à V. Em. »