‹ Innocent XIChapitre 8 sur 290 · RÉFORMES FINANCIÈRES · texte numérisé non relu

RÉFORMES FINANCIÈRES

ia direction d'une congrégation religieuse, celle de Santa Maria in Campitelli.

Les travaux publics prirent un grand développement ; •la colonnade de Saint-Pierre fut continuée, et les institutions et œuvres de bienfaisance qui avaient l'obligation de bâtir furent contraintes à la remplir pour donner du travail au peuple. Innocent XI fonda l'institution de Santa Galla Placidia, qui existe encore, pour assurer des logements aux familles pauvres.

Malgré toutes ces dépenses, il put envoyer plus de deux millions d'écus à Vienne et à Yarsovie pour la guerre contre les Turcs, et donner aux Vénitiens et à Raguse, dans le même but, des sommes considérables. A l'occasion d'un tremblement de terre il envoya 50,000 écus à Naples et autant à Bénévent, 25,000 à Vienne, et autant à Prague pour venir en aide aux populations décimées par la peste ; enfin 60,000 en Flandre comme secours à des catholiques anglais qui s'y étaient réfugiés. Toujours prêt à secourir les populations qui souffraient de la disette, il leur envoyait des secours en nature. Dans les Etats de l'Eglise et en Dalmatie, il fit faire de larges distributions de blé (1).

Pour mettre un terme aux abus du clergé et subvenir aux dépenses de la Chambre Apostolique, il obligea tous les prélats à se contenter chacun d'une seule charge; il supprima la congrégation des Brefs. Au cardinal Acciaiuoli, qui se plaignait d'être privé du secrétariat de cette congrégation et en même temps du plat (traitement de cardinal

(1) L'archevêque de Spalato écrit, le 15 juin 1684, au cardinal Oybo pour le remercier « delPhumanissimo foglio onde si è degnata darmi avviso dell'assegnamento dei grani per sussidi de Morlacchi ; lio subito ai Parochi illirici pubblicate le grazie di N. S. e son sicuro che saranno ricevute con lagrime di tenerezza e con cumulo di benedizioni rozze ma cordiali ...» Arch. Vat., Lettere di Vescovl, t. 70.

■pauvre)^ disait qu'on le forçait ainsi à réduire son train de maison et, peut-être à quitter Rome, le pape répondit qu'il valait mieux que les cardinaux eussent moins de revenus et résidassent hors de la Ville Eternelle, que de voir la Chambre Apostolique criblée de dettes et le pape contraint d'abandonner son siège (1). Il défendit les mariages dans les chapelles privées, ordonna la visite des ordres religieux, présida lui-même à l'examen des candidats aux évêchés, et les Italiens durent se tenir à genoux. Il abolit les Clercs de la Chambre et fit faire le service de l'antichambre pontificale par les chanoines de Saint-Pierre. Le bruit courut même qu'il faisait étudier la bulle de Sixte-Quint, pour réduire à 50 le nombre des cardinaux.

Les premiers actes du nouveau pontife produisirent un grand étonnement à Rome. Tout le monde fut surpris de le voir inaugurer un régime si différent de celui de beaucoup de ses prédécesseurs à l'égard du népotisme (2). Il offrit

(1) Le cardinal Acciaiuoli fut nommé ensuite légat à Ferrare.

(2) Après l'exaltation de son oncle à la papauté, Don Livio continua à mener une vie qui, en égard à sa situation financièrej était considérée comme modeste. Il n'avait qu'un simple carrosse avec un nombre restreint de domestiques.

La République de Venise fut la première à donner des signes de considération au neveu du pape, et, dès le 10 octobre 1676^ Cybo annonce à Airoldi que l'ambassadeur vénitien a présenté à S. S. le privilège ducal de l'agrégation de M. Don Livio Odescalco à la noblesse vénitienne, accompagnant cet honneur du respect filial de Sa Sérénité envers S. S, et le cardinal lui transmet la lettre de Don Livio pour le Doge, l'engageant à l'accompagner de vive voix des sentiments dus, car il intéresse à N. S. que Sa Sérénité puisse avoir une idée de l'estime avec laquelle il a agréé la distinction qu'on a voulu accorder à son parent.

Un Avviso de Rome de juin 1677, annonce que « l'ambasciatore di Spagna prego il papa a permettere che Don Livio figu-

Page 1