ESPÉRANCES DANS L'ACTION DU P. EMERIK
« La prudence de V.S., écrit-il, saura le maintenir dans la foi et l'affection envers le Saint-Siège, mais non dans les espérances car celles-ci aujourd'hui ne valent plus, étant contraires à la dignité du Siège Apostolique, de l'esprit de l'Eglise et surtout à l'humilité religieuse (i) ». Le 16 mars, Bonvisi écrit :
11 Padre Emerico mi hà fatte le più humili espressioni di obbligazioni, e di obbedienza verso Nostro Sig""^, e verso la S. Sede, che si potessero desiderare, e mi hà detto di essersi protestato con l'Imper^^, che con una mano terrebbe il pastorale, e dall'altra il bastoncello di Cappuccino, per ritornare alla sua cella, in caso che non li fosse permesso di esercitare liberamente la sua giurisdizione ; anzi desiderava di ritenere tutto quel piii del suo abito Cappuccinesco, che fosse compatibile coU' episcopale, et io ho risposto, che mi sarebbe parso praticabde, che in cambio di sottana portasse la tonaca di materia décente, et in cambio di cinta, la corda, et anche le scarpe all'apostolica, usando poi tutto il rimanente, come gl'altri Vescovi, salvo il colore délia sua religione ; Non s6 quello, che risolverà, né se dà V. Em^^ fosse approvato, havendo io, stimato di non errare, coltivando i suoi ottimi pensieri, che veramente sono tali, che se vi persistera, haveremo un'ottimo Vescovo capace di fare di gran bene, havendomi assicurato di volerso, staccare da ogni fazzione, e di voler solamente servire à Dio, alla S. Sede, et all'Imperatore ; Et à V. Em^a etc. (2).
(i) Et, le 16 février, Bonvisi lui répond : si le P. Emerik veut rester impartial, il sera l'arbitre en tout, mais s'il s'attache à des factions, il se fera du tort à lui-même et à l'empire ; son amitié avec le maréchal est odieuse à tout le monde, et à eux deux ils ne sont pas capables de gouverner cette monarchie. Je donnerai de bons conseils, mais je ne sais pas si on les mettra er pratique.Je ne ferai pas luire d'espérances n'aimant pas à tromper; ]e sais qu'on a fait des démarches auprès de Valdstein pour qu'il se désiste de sa nomination, mais je ne sais pas si c'est en faveur du P. Emerik ou d'un Neubourg ».
(2) Le g février, Bonvisi assure Cybo qu'Use prévaudra du feuillet contenant la liste des livres défendus, dont on ne connaît à Vienne que la Décadence de l'empire ; on voit que l'auteur n'a pas eu l'intention d'écrire l'histoire de faits déjà connus, mais d'en prendre prétexte pour conclure d'une manière contraire au Saint-Siège ; on dit qu'il y en a un autre, V Arianisme ; celui-ci pourra produire de l'effet sur le groupe des Ardois établis à Altemburg et chassés de la Pologne. Tous les princes devraient
Le 30, il informe que l'empereur a retardé son retour à Vienne à cause de l'indisposition du petit archiduc... Il espère recevoir les instructions touchant la lettre du maréchal de la Cour pour en parler à S. M. « En attendant, écrit-il, le P. Vaix, carme déchaussé, est venu me voir ; c'est un homme très estimé que Neubourg tient auprès de sa fille l'impératrice pour l'assister de ses conseils ; il m'a dit que S. M. et S. A. ont reconnu l'erreur commise en mettant des obstacles au nonce dans l'exercice de ses prérogatives ; que cela avait eu lieu sur le conseil d'un grand personnage, mais que, ayant reconnu cette faute, on a déjà changé d'attitude envers l'ambassadeur d'Espagne, et bien plus le fera-t-on avec le nonce au retour à Vienne. Et il conclut : « j'ai bien fait de ne pas aller à Linz (i) ».
imiter N. S. lorsqu'il supprime ces semences pestiférés, car on a toujours vu que l'hérésie offense Dieu d'abord, puis combat l'Eglise universelle et finalement se révolte contre ses princes mêmes. Le plus grand mal est que des religieux donnent occasion à ces scandales, ce qui les excite à s'arroger des droits même si ce n'est pas de leur ressort, comme il arrive dans le conflit à Olmutz entre les jésuites et l'évêque.
(i) Le même jour, il ajoute : que l'archiduc ayant la fièvre tierce double, qui doit durer vingt jours, l'empereur ne partira pour Vienne que le 9 avril, laissant l'héritier à Linz... (a) que sont de passage à Vienne les person-
(a) Voici ce que de cet archiduc Bonvisi écrivait le 6 juillet.
... Quest' Arciduchessa è notabilmente alzata di statura, e si fà ogni giorno più bella ; E l'Arciduca cresce di bellezza, e di spirito, et intervenue alla commedia con suo gran diletto, e poi mangiô in publico con il padre con gran serietà, e pulizia, servendosi da se stesso. Non piange mai, e conserva sempre il decoro di gran Principe, il che è considerabile in quella età, e fece stupire tutti nel vedersi, che havendoli io ail' improviso pigliata la mano, e baciatala, egli s'inchinô subbito, e congiuntele ambedue mi chicse con gran riverenza la benedizzione. Vero è, che quando lo visitai nel ritorno da Lintz, l'aia mi disse, che mi chiedesse la benedizzione, con tuttocio fù mirabilc, che dop'^o due mesi se, ne ricordasse, e lo facesse di proprio motivo. /
L'Imperatore giubilô à quell' atto, e quando poi mi licenziai dall' assistenza délia ccna, mi fece l'Arciduchino un' saluto particolare, piegandosi tutto, onde si possono fare vantaggiosi pronostici del suo grande spirito.