LA COUR RETOURNE A VIENNE
Le 13 avril, il annonce qu'il ne lui fut pas possible, dans la première audience qu'il eut de l'empereur, de lui parler du cérémonial, de façon à pouvoir aller ce jour-là à la chapelle. En effet, la conversation se borna aux félicitations pour mon retour et sur les justifications touchant mon absence. Mgr de Vienne, qui se montre toujours reconnaissant envers V. S. et le Saint-Siège, veut commencer lui-même les négociations. S. M. me témoigna sa bienveillance habituelle et, en causant des affaires du monde et de la Pologne, je saisis l'occasion pour lui faire observer en passant, le profit qu'il y aurait à ce que l'Espagne accordât l'exaction des dîmes. Elle m'assura qu'elle écrirait de nouveau (i).
Et, le 18 mai, il mande : '
Il gran patimento che hebbi Domenica passata nel consagrare Monsigi" Vescovo di Vienna con la febre addosso, mi hà soggettato questa settimana à continue alterazioni. Tuttavia mi sono sforzato di andar in giro à parlar à questi ministri restati quà doppo l'andata dell'Imperatore à Luxemburgo, per impedire che non si piglino impegni à favore degrEretici d'Ungaria, e la maggior parte di essi, mi ha detto sperarsi di poterh acquietare, che non pretendino la restituzione délie ch'ese, e de i béni di fondazione de Cattolici ma dubitare che siano
nés de la suite et les effets du feu duc de Radzivvill, qui se rendent en Pologne... Et qu'on a appelé à Vienne les principaux magnats hongrois de la frontière du côté de l'Autriche, pour les consulter touchant la Diète... Le 6 avril, il annonce que le chev. Giusciniani, ambassadeur vénitien, va partir ; et le 13, que les princes protestants de Ratisbonne ont écrit à l'empereur pour qu'il traite avec bienveillance les protestants hongrois ; et par contre on assure qu'on est en train de publier un livre contre les catholiques.
(i)Le même jour, il ajoute que l'empereur lui a communiqué que son résident à Constantinople a écrit que l'on croyait que la paix était conclue entre les Turcs et les Moscovites, et qu'on y" attendait l'ambassadeur du Czar pourla signer ; toutefois S. M. n'y croit pas, parceque cette nouvelle n'est pas conforme à celles venues de Pologne ; il peut se faire que les Moscovistes trompent les Polonais en faisant des propositions pour gagner du temps.
28 INNOCENT XI ET LÉOPOLD r»".
per far gran strepito per rihaver le chiese fabricate dà gl'Eretici, ô almeno la permissione di farne di nuove, con che se li restituischino i béni, che délie proprie sustanze havevano assegnati à i predicanti per loro mantenimento. E trovo che à molti par giusto che se li rendano, non essendo fondazioni ecclesiastiche. lo perô ho resistito anche à questo per haver tempo di sentire il parère di V. E., poichè se sopra questo si potesse iisare qualche facilita, crederei che in parte si placherebbero gl'animi, e si verrebbe aU'aggiustamento, stante il pericolo che sovrasta dalla parte de Turchi, stimandosi quà indubitata la pace de Moscoviti coi medesimi, et il Sig'" Ambasciatore di Venezia l'altro giorno mi disse, che non la mettessi in dubbio, mentre il Bailo ne avissava le condizioni, ch'erano il permetter à i Moscoviti il pacifico possesso deU'Ucraina di là dal Boristene, e di Chiovia con dieci leghe di paese aU'intorno. Tuttavia V. E. sarà meglio informata da Monsign^ Nunzio di Polonia, al quale mi rimetto, con farle humilissima riverenza (i).
Le 15 juin, il informe que l'évêque de Vienne lui a communiqué avec regrets le refus de la congrégation des évêques de lui permettre de garder auprès de lui deux capucins, comme il le faisait jadis lorsqu'il était simple religieux. Il désire conserver en privé les règles de sa propre Religion, ne voulant se fier qu'à ses frères, d'autant plus que, bien souvent, il est
(i) Le 24, Cybo lui écrit : « à plusieurs égards, je me sens toujours obligé de considérer comme m'étant propres les satisfactions de quelques personnages qui me sont unis aussi bien par parenté que par affection, et voulant à présent en donner une preuve, par l'intermédiaire de N. S., je fais appel à l'autorité de César. Par l'entremise du duc de Modène, on a arrêté le mariage d'une fille du duc délia Mirandola avec le prince de Bozzolo ; il y eut des discussions sur la dot, mais elles furent aplanies par le duc de Modène. Toutefois le prince, sous de nouveaux prétextes, renvoie la célébration du mariage, ce qui rend les ducs perplexes, parce qu'ils se trouvent ainsi empêchés de négocier une autre alliance. Je prie V. S. de prier à son tour l'empereur de voir s'il peut intervenir par son autorité auprès du prince, pour qu'il tienne sa parole. On craint que si cette alliance n'a pas lieu, le feu puisse s'allumer dans toute l'Italie. » Et, dans une feuille à part, Cybo ajoute : « afin que V. S. ait quelque éclaircissement sur les ptétextes du prince, je l'informe qu'il est lié d'amour avec une certaine femme; mais V. S. doit garder le secret, parce que si cette nouvelle était connue, l'accord pourrait de suite être rompu. »
BONVTSI PROMU CARDINAL. ^g
affligé parla goutte, et dans l'impossibilité d'écrire lui-même ; S. M. même ne voudrait pas qu'il se fiât à d'autres qu'à ses anciens compagnons. « L'évêque me pria, écrit-il, de supplier pour obtenir cette grâce qui lui est effectivement nécessaire ; et je crois qu'il y a de l'intérêt de V. S., à satisfaire ce prélat, qui marche à grand pas pour devenir le premier des conseillers de l'empereur » (i).
Le 31 Août, Bonvisi informe que l'empereur à propos des dîmes, a avoué que les difficultés venaient de la part des Espagnols et qu'il a promis d'écrire de nouveau à Madrid, mais qu'il espérait recevoir quelque subside des autres princes italiens ; d'autant plus que son résident à Varsovie lui avait écrit que la Pologne avait obtenu un emprunt, tandis que lui n'en a pas moins besoin pour les affaires de Hongrie. S. M. a parlé avec résignation de la volonté du pape ; ajoutant que, quoique le roi de Pologne transmette la nouvelle des mauvaises intentions des Turcs, toutefois les dernières lettres de Constantinople font espérer qu'il n'y aura pas cette année de mouvements en Hongrie, mais on ne donne aucune assurance pour l'avenir, car le gr. Vizir pousse à la guerre contre l'Autriche et finira par vaincre la résistance du Sultan. Le comte Caprara se prépare à partir pour sa mission ».
Dès le commencement de juin Mgr Bonvisi se trouvait
(i) Le 21 décembre, Cybo lui écrit :
...Nel Brève che S. Stà serive al Padre Emerico in risposta délia sua lettera, non si maravigli V. S. Illma che si presupponga una forte, et assoluta renitenza ad accettare il vescovato ; quantunque il buon religioso nel fine délia medesima lettera, si mostri molto pieghevole agli ordini délia Stà Sua. Hà giudicato S. B^ convenire alla qualita del negotio, al credito deU'Ordine Capuccino, et à quello del medesimo Padre Emerico, che apparisca nel Brève Pontificio, una generosa, e costante resistenza di lui fino ad obiigare il Papa a commandargli di cedere alla vocatione in virtîi di santa obedienza V. S. lUma aiuterà questo intento mostrando con tutti, e col Padre medesimo Emerico d'esser cosi persuasa, lodando perô l'umiltà e moderatione sua.
près de la Cour, à Edembourg où était réunie la Diète de Hongrie ; c'est dans cette ville qu'il reçut l'annonce de son élévation au cardinalat.
Le !*''■ septembre 1681, Cybo lui écrit : « dans le Consistoire de ce matin N. S. s'est plu à ajouter au Sacré Collège la personne de V. Em, et quinze autres sujets. S. S. a pris en considération les vertus singulières de V. Em. et son long service envers le S. Siège et avec grand profit. S. S. veut qu'on expédie à V. Em. un exprès, afin de lui faire parvenir la nouvelle le plus vite possible ». Et le cardinal Bonvisi, le 14, écrit au pape : que prosterné aux pieds de S. S. avec une profonde vénération, il vient lui faire humblement ses remercîments pour la bonté infinie qu'elle a eue de l'élever au cardinalat avec tant d'autres sujets très-dignes, qui par leurs vertus suppléeront à sa faiblesse (i).
La remise de la Barrette cardinalice, de la part de l'empereur, a subi un retard. Rentré à Vienne, le 28 décembre, Bonvisi écrivait à Cybo : qu'il était absolument nécessaire que l'on envoyât un bref autorisant l'empereur à imposer la Barrette ; il lui transmettait l'instruction que le maître de Chambre, Mgr Semanzio, avait remise à l'abbé Spada porteur de la Barrette ; je tâcherai, conclut-il, d'obtenir la Barrette sans le bref, toutefois il serait opportun de l'avoir. Le 9 janvier 1682, il ajoute: « S. M. m'a fait dire par le comte Valdstein, qu'elle ne désirait pas que je lui parle de la remise de la Barrette avant d'avoir fixé le cérémonial. On ne veut pas me la donner sans un bref spécial, ne se contentant pas de lire seulement le bref relatif à ma nomination, apporté ici par l'abbé Spada. On fait des recherches sur les précédents ». Mais, le II, il écrit que S. M. a fini par lui remettre la Barrette
(i) Dans un Avis de Vienne du 18 janvier 1682, on lit : Dimanche dernier, l'empereur a donné la Barrette au nonce ; S. M. siégait sur son trône entouré des chevaliers de la Toison d'or, et les impératrices se trouvaient dans les tribunes ; après la cérémonie, S. M, fit don au cardinal d'un diamant de grande valeur... Le comte Albert Caprara est allé, en cavalcade à la turque, prendre congé de l'empereur.