DÉCLARATIONS DU CARD. D'ESTRÉES
au comte que S. S. ne demande pas d'intermédiaires, car elle se trouve dans son droit, qu'il est du devoir de la République de le reconnaître ; j'ai aussi exprimé le doute que le cardinal s'en occupe » (i).
Le 19 octobre, après avoir informé que Foscarini écrit de Paris que les évêques contraires à la Régale se réunissaient pour en délivrer leurs églises, Jacobelli ajoute que l'ambassadeur de France lui parla du voyage du cardinal d'Estrées, qui n'arriverait ici qu'à la fin de novembre, parce qu'il voyagerait par étapes de quatre jours en s'arrêtant à Lyon, Turin, Milan et Venise, où il serait en public les premiers quatre jours et autant incognito à l'ambassade. « Ici court le bruit qu'il négociera un accord entre la République et Rome, mais à cet égard je n'ai rien appris de Paris ; si S. Em. fait quelque démarche il sera aidé, car les Savi actuels sont tous favorables : Soranzo va au gouvernement de Padoue et Marcello sort du Collège ; en général les sénateurs voient la nécessité de l'accord et on me dit que Pietro Valiero, dernier général en Dalmatie et qui en décembre sera Inquisiteur,aurait déclaré qu'aussitôt en fonctions il mettra la main à cette affaire » (2).
(i) Le 7 septembre, Cybo lui répond :
Air ambasciatore dell' imperatore ch' entrô con V. S. nell' aggiustamento fra Roma, e Venetia, rispose clla opportunamente con dire che a Sua Santità non tocca di muovere un passo, ma a cotesti signori che sono debitori di molto alla Santità Sua ; tanto piià hora, che si è dichiarata di non voler nuovi ambasciatori regii colla pretentione de' quartieri, il quai ordine già si vede messo in pratica dal Sig*" duca di Radzivil.
Convien perô che V. S. abboccandosi in buona opportunité col medesimo ambasciatore cesareo gli faccia apprendere, che per parte di Sua Santità non si farà motto alcuno al Sig, cardinale d'Estrées circa l'aggiustamento sudo, e quando havesse voluto intraprenderne il trattato, non havrebbé havuta confidenza in alcuno più che in sua Eccz-i.
(2) Et, le 26,il annonce que Foscarini a écrit au Sénat que d'Estrées étant venu le voir, il lui a annoncé son voyage à Venise et qu'il a décidé de s'offrir en public afin de négocier un accord entre Rome et Venise : qu'il comptait en parler d'abord au card. Delfino. Il peut se faire que d'Estrées ait écrit à Delfino, car celui-ci, à chaque ordinaire de France, envoie à l'ambassade pour avoir des nouvelles du cardinal, et c'est lui qui s'occupe de l'incident des gens de l'ambassadeur à Malamoco.
Le 20 novembre, de Milan, Airoldi écrit à Cybo : Prima d'invitare il Sig. Cardinal d'Estrées in questa mia casa, stimai convenienza par gli riguardi, che V. E. puô considerare, far confidentemente significare al Sig. Conte Governatore questo mio pensiero, allegandogli il debito che mi corre, come a Ministre délia S. Sede, di non trascurare si fatto complimento ; pero che avanti di prenderne l'impegno desideravo haverne i sensi di Sua Ecc^^ ; la quale mi fece rispondere, che gradiva molto la mia attentione, e che non haveva cosa alcuna in contrario. Si crede che il Sig. Card^^ non passera di quà, ma sia per imbarcarsi sul Pô, dicendosi vada a Mantova per trattar con quel Duca, di cui tutto il mondo resta ammirato, che si sia portato a Venetia alli suoi soliti divertimenti, pendendo ancora le maie sodisfationi, che ha ricevute dalla Republica negli incontri seguiti al suo Résidente, e specialmente nella prigionia di quel Barcarolo preso con la livrea del Résidente medesimo, e con patente propria del Duca, e poi strozzato segretamente ne Camerotti (i).
Le 23, Jacobelli mande qu'on attend d'Estrées et qu'en outre de l'accord avec Rome il voudra s'occuper de Casai ; mais on a décidé de ne l'entendre ni pour l'une ni pour l'autre affaire (2).
(i) Mais, le 11 décembre, il lui écrit : « d'Estrées m'a dit de n'avoir aucune mission, qu'il est très dévoué au pape et que s'il trouve un terrain favorable il est sûr que son roi sera content s'il a du succès ; qu'il tient beaucoup aux conseils que lui donnera le Gard. Delfino ; que S. M. aurait pu choisir une personne plus intelligente, mais non une ayant une plus grande affection envers le pape ; ajoutant qu'il connaît déjà, d'après le passé, l'utilité de bons rapports entre le pape et la France et qu'il veut y contribuer. Le cardinal annonça enfin que sa tournée en Italie est provoquée par la curiosité. Il a avec lui le P.Peira, dominicain de Nice, qui m'a dit qu'il est envoyé à Rome par la duchesse de Savoie pour des affaires particulières ; il a été le théologien du card. Marescotti ; c'est un homme hardi et très écouté par d'Estrées ».
(2) Et, le 21 décembre, il annonce que le cardinal au cours de son voyage a vu, à Plaisance, le duc de Parme qui s'y était rendu exprès; on en ignore le motif, n'admettant pas qu'il s'agisse du palais Farnesc habité par son frère le duc. L'Ambassadeur impérial a dit que dans une localité près de Brescello S. Em. s'est rencontrée avec le prince Rinaldo de Modène, quelle s'est randue ensuite à Mantoue pour voir l'archiduchesse mère et la duchesse régnante ; le cardinal a été logé aux frais de l'Etat et régalé souvent de rafraîchissements. Toutefois, on note que tout en se trouvant à Venise