‹ Innocent XIChapitre 102 sur 430 · UNE BARQUE PONTIFICALE CAPTUREE. . 27I · texte numérisé non relu

UNE BARQUE PONTIFICALE CAPTUREE. . 27I

Le i^^ janvier 1681, Jacobelli écrit encore que l'objet des entrevues de d'Estrées avec l'archiduchesse de Mantoue, a été le bâtard du duc, auquel elle s'intéresse beaucoup. Et, le 4, il ajoute que samedi est arrivé le prince César de Modène; mais il est reparti le soir même du jour du départ de S. Em. Toutefois, lundi, dès l'aube, il est allé au Lido, au monastère des Bénédictins, où peu après il fut rejoint par le cardinal d'Estrées ; ils causèrent ensemble durant deux heures dans une chambre ; après l'entretien, le cardinal alla entendre la messe, mais encore à la sortie de l'église il eut de nouveau un entretien avec le prince sur la porte. Mardi, le prince est allé à la Madonne dell'Orto et, quoique d'Estrées se trouvât alors en visite chez le cardinal Delfino, malade, il attendit son retour ; ils eurent encore une conversation qui dura une heure. De toutes ces entrevues et de la brièveté du séjour du prince César à Venise, on en déduit qu'on a signé un traité dont la négociation fut entamée à Bresciello, avec le duc Rinaldo. « J'ai rapporté cela à l'ambassadeur impérial, qui se propose de tout découvrir ; il exclut qu'il s'agisse de mariage et suppose que ces intrigues tendent à inquiéter le pape en conseillant aux princes de renouveler leurs anciennes prétentions auprès de la Chambre Apostolique, ou bien de combiner quelque mouvement que voudrait faire le très-chrétien en Italie » (i).

depuis quelques jours, S. Em. n'a pas vu le duc de Mantoue ; l'ambassadeur de César et celui d'Espagne sont bien attentifs. Le 28, il écrit qu'on a appris que, dimanche, le cardinal d'Estrées a envoyé présenter ses compliments au duc ; ensuite on est convenu de se trouver au couvent de S. Stefano, le second jour de la fête ; l'entrevue a eu lieu mais on en ignore l'objet. L'ambassadeur dit que l'on n'a pas discuté d'affaires, toutefois, aujourd'hui arrive le comte Vialardi. L'ambassadeur espagnol censure l'entrevue dans cette église à cause de la fête ; il dit que le voyage de d'Estrées n'a pas de but positif, et que le cardinal Delfino l'a déconseillé de parler au sujet d'un accord entre Rome et Venise.

(i) Le 25, il avertit que le comte Délia Torre lui a déclaré que d'Estrées a été à Modène sous le prétexte de ne pas vouloir faire une différence avec les autres Cours amies de la France. S.Exc. croit qu'il s'agit de la prétention

Le 21 juin, Jacobelli informe que vient d'arriver un courrier du cardinal légat à Ferrare, avertissant de la saisie d'une Marsigliana chargée d'huile, à la pointe du port de Goro, et que l'on demande de faire instance afin qu'elle soit libérée. M. Borghi s'est rendu aux portes du Collège pour en parler à M. Blanchi ; celui-ci refusa de le recevoir sous le prétexte que ce jour-là ne siégeait pas le Collège mais le Pregadi ; et Borghi ayant réphqué qu'il retournerait lundi, Blanchi haussa les épaules faisant voir que c'était inutile (i).

Le 26 juillet, Jacobelli rapporte qu'on lui anaonce qu'une personne de Rome a écrit aux Inquisiteurs que S. B., en faisant allusion aux préparatifs turcs et aux malheurs qui pourraient en dériver pour l'Italie, (2) aurait dit que c'était

du duc de Modène sur Comacchio et aussi de son mariage avec une des filles du prince Borghese ; et même il m'engagea à prier V. Em. d'appuyer ce projet afin d'empêcher le duc de contracter une autre union dans l'intérêt de la France.

(i) Le 25, Airoldi exprime à Cybo son regret du refus du mémorial contre le capitaine du Golfe et pour la Marsigliana ; « on eut dû se servir du card. Delfino, de Cosmi, de Mocenigo ou d'autre ecclésiastique mais non aller aux portes du Collège, car on refuse de recevoir toute démarche ayant le caractère de venir de Rome. Et, le 28, Jacobelli annonce que le card. Delfino a expliqué que Blanchi n'a pas reçu Borghi parce que le Collège ne siégeait pas et que manquait le Doge ; mais il a dit aussi que l'on voulait régler l'affaire sans paraître y avoir été poussé par le cardinal légat. En effet, on a décidé de mettre en liberté la barque sous la condition de payer double droit : celui de l'entrée et celui de la sortie ; mais on a tardé d'expédier la lettre à cause de l'absence de l'Inquisiteur des douanes. Comme on avait mis l'huile dans les magasins, le card. légat a écrit de nouveau et, sur le conseil du card. Delfino, Borghi s'étant rendu aux portes du Collège, Blanchi a refusé de recevoir le mémorial. Et, le 5 juillet, il annonce que la Marsigliana fut renvoyée avec l'ordre de payement et que la lettre d'Ottoboni ne peut plus servir à rien.

(2) Le même jour, il informe qu'on lui a dit que le Podestat de Crema a écrit qu'il estbien difficile de mettre en état les fortifications, faute d'argent il propose d'y allouer le capital accumulé des revenus du siège épiscopal vacant. Les Savi n'ont pas répondu à ce sujet; mais il y en a qui disent que s'il s'était agi des 20,000 ducats accumulés à Vienne, que l'on aurait peut-être décidé différemment ; à Crema le revenu est bien peu de chose,

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