RÉSERVE DE PENSION SUR LES ÉVÊCHÊS
bien regrettable que ne régnât pas une bonne intelligence entre le Saint Siège et la République. On a lu cette lettre et, après discussion, on a répondu que toutes les personnes de bon sens voient le danger et que l'on espérait de Rome des ouvertures qui décideraient le Sénat à rétablir l'ancienne correspondance (i). Et, le i^^" septembre, Lauri écrit que : comme il assistait à la messe dans la sacristie des Théatins, l'ambassadeur de Venise y alla aussi et la conversation roula sur les bruits de l'occupation de Casai. S. Exe. parla beaucoup de la nécessité qu'ont les princes italiens et, particulièrement le pape, de réfléchir sur leurs propres Etats (2). «Je l'ai laissé dire, écrit-il, répondant toutefois que j'ignorais les intentions de N. S , très-occupé dans les affaires spirituelles.. Il me demanda ensuite s'il y avait du nouveau touchant l'accommodement avec Venise, et s'il était vrai que le pape aurait déclaré que la pension réservée sur Spalatro n'était que temporaire et non perpétuelle. A ce suiet,j'ai exprimé mon étonnement que la République ne fut pas contente, car je savais que ce n'était pas une chose nouvelle que le saint Siège mette la réserve de telles pensions sur les évêchés de la République : ainsi. Clément IX avait réservé, sur l'évêché de Vérone, 800 ducats en faveur d'une personne à nommer selon la volonté de S. S. ; mais, à la mort du pape, la personne à pensionner n'ayant pas été
(i) Le 2 août, il annonce que dans le Pregadi on a décidé d'écrire à Garzoni, capitaine du Golfe, en des termes rigoureux pour son peu de vigilance au sujet de la police sur mer, qui suscite l'mdignation publique contre lui ; on lui reproche l'insuccès de la barque armée contre les corsaires, près de Pesaro, alors, que lui, chef, se trouvait pour un plaisir à Liesina.
(2) Le 24, Cybo lui répond : « S. S. approuve ce que V. S. a répliqué à l'ambassadeur de Venise touchant les différends entre Rome et la République ; mais s'il lui arrive une autre occasion de rencontrer S. Exe, V. S. doit être prudente en parlant de choses étrangères à la nonciature, à moins d'en avoir reçu de3 instructions ; en tout cas, en répondant, elle doit laisser croire qu'elle en est informée par la voix publique, car peut-être V. S. pourrait faire erreur, et qui l'entendrait pourrait donner de l'importance à l'erreur, l'attribuer à Rome et croire à des intrigues».
Innocent XI — III. x8
choisie, on douta si l'arbitre avait cessé ; on fit une transaction par l'entremise d'Ottoboni et l'évêque Pisani consentit à payer 400 ducats. L'ambassadeur alors s'est plaint de ce que le pape commence les réformes chez les plus faibles ; j'ai répliqué que le pape n'est contraire à personne, mais défend les droits de l'Eglise sans distinction de forts et de faibles et que s'il s'est réservé une pension sur Spalatro, c'est qu'il en avait le droit ».
Le 22 octobre, Jacobelli informe que l'ambassadeur Césarien lui a montré une lettre de S. M. lui ordonnant d'employer ses fonctions et son autorité auprès du Doge pour arriver à un accommodement avec N. S., afin de mettre un terme aux inquiétudes qu'inspire la situation en Italie ; et qu'il doit se rendre au Collège pour offrir sa médiation. « Le comte a demandé des instructions plus précises, et il me pria d'en avertir V. Em. pour savoir si le pape agréait cette médiation» (i). Le i^^ novembre, il annonce que le comte Délia Torre
(i) Le 25, il raconte qu'il a communiqué au comte l'agrément de S. B. touchant l'intervention de l'empereur; « je l'ai engagé à faire des démarches auprès de la République, il répondit qu'il en serait bien content et qu'il a déjà la parole de quelques sénateurs plus sages, qui reconnaissent la nécessité du rétablissement des bons rapports et qu'il n'y aurait pas de meilleur médiateur que S. M., mais dans la crainte que les français puissent croire qu'il s'agit d'organiser une ligue contre eux, on ne peut accepter l'offre. Alors S. Exe. répliqua que, ainsi qu'il l'avait dit à d'autres, S. M. ne désirait que le rétablissement d'une véritable correspondance avec Rome au bénéfice de toute l'Italie; que toutefois on pouvait atteindre' ce résultat, en faisant tout eux-mêmes sans moi, car les difficultés n'étaient pas grandes et que, comme dans l'affaire du Quartier sont aussi intéressées les autres Couronnes, on pouvait la laisser de côté et tâcher de faire retourner le nonce de Milan à sa résidence. Et ce matin l'ambassadeur m'a dit, qu'ayant envoyé une personne chez le Procureur Giov. Morosini, il vint en ville pour en parler au Collège et avec le Doge et que tous s'accordèrent à attendre la réunion du Pregadi, afin de pas.avoir l'air d'enlever par surprise au Sénat l'autorisation aux évêques touchant la prise de possession de leurs Sièges de Cosmi et Zoilo, car Micheli a dit de s'opposjsr jusqu'à ce que Rome promette de correspondre à l'avance qui sera faite. L'ambassadeur dit alors que si on voulait la parole de l'empereur comme gage que la pension de Spalatro ne sera pas perpétuelle et qu'ensuite le pape fera U