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LE CAPITAINE DU GOLFE ADMONESTE

Le 31, il écrit : « Ottoboni a rendu compte au Collège d'une conversation avec V.Em.^ que S.S.luia exprimé aussi ses sentiments d'estime et d'affection envers la République et que le Sénat en aurait toujours vu les effets, mais qu'il y a justice et nécessité de lui donner satisfaction au sujet de l'installation des deux évêques ; ajoutant que la République, pour ne pas avoir de préjudice touchant le Quartier,pourrait suivre l'exemple de l'Espagne, car sous peu elle enverra un nouvel ambassadeur. On m'assure que cette lettre a été agréée, mais que le Sénat voudrait attendre et voir quelle attitude on prendra vis-à-vis de l'Espagnol touchant le Quartier. »

Le 14 février, Cybo lui répond : que si Marsili entreprend des négociations, « il faut dire qu'il est fou ; ce qui vient d'arriver devrait apprendre à tout le monde que l'on ne doit pas se mêler d'affaires sans y être appelé ».

Le 21, Jacobelli (i) lui annonce que le Doge a déclaré en plein Collège qu'il ne convenait pas de rester désunis avec le Saint Siège soit comme ses fils soit pour la situation actuelle ; Michèle Foscarini lui a répondu que ce sentiment était général, mais que quelque motif était nécessaire pour entraîner le Sénat et sauvegarder la dignité de la République. « Un confident de Dom. Rubini m'a engagé, de la part de celui-ci, à écrire à V. Em. que : si Ottoboni écrit que V. Em., d'ordre de S. S., l'a assuré que la pension retenue sur le revenu de Spalatro ne sera pas perpétuelle, en y joignant quelque ex-

dire que toute entente est impossible avec le pape à cause du Quartier, tandis que d'autres disent que la République pourrait suivre l'exemple des Espagnols. »

(i) Le 24 janvier, il avait écrit : « il y a des lettres, en public, du résident vénitien à Milan, où il dit que le comte Borromée lui a tenu un long discours en déplorant les différends avec Rome, et que, tandis que S. S. est bien disposée envers la République, celle-ci lui refuse tout, même la reconnaissance de deux évêques ; qu'il l'avait engagé à en écrire au Sénat et que la République en verrait les bons effets. Il ne paraît pas qu'on y répondra car il y en aura qui demanderont sur quel fondement le comte parle de cette manière ».

28o . LA RÉPUBLIQUE DE VENISE.

pression de bienveillance de S. S., l'effet en sera excellent et l'on accordera la possession des églises, car tout le monde est bien disposé. J'écris cela aussi, parce que V. Em. m'a ordonné de tout lui communiquer ».

Le i8 mai, Jacobelli annonce à Cybo d'avoir appris que le Savio de la mer, d'accord avec les Inquisiteurs, a enjoint au capitaine du Golfe d'éviter toute rencontre avec les barques des Etats de l'Eglise, chargées d'huile ou d'autres marchandises, fermant même les yeux s'il en trouve, afin de ne pas donner occasion à des plaintes du pape, car on espère arriver à^ un accord ; il paraît que les Inquisiteurs et le Collège veulent en finir avec la situation actuelle (i).

Le 4 juillet, Jacobelli écrit qu'au Pregadi la crainte de la peste donna occasion au Procureur Ant. Grimani de louer l'autorité de l'Etat, mais il dit aussi que cela ne suffisait pas, qu'il fallait apaiser la colère de Dieu pour tant de péchés, dont le plus grand d'obliger le pape de priver plus d'un million d'âmes de leur pasteur, que par conséquent il fallait donner les églises aux évêques élus, afin que les autres diocèses vacants puissent également être pourvus, et le Savio de la semaine, Ger. Asc. Giustiniani, lui répondit que le Collège était de ce même senti-

(i) La République prétendait être la maîtresse du Golfe, d'imposer des droits de navigation et également à l'exclusivité du commerce. Elle obligeait toutes les barques venant des ports de la Dalmatie ou d'ailleurs, de passer d'abord par Venise et, les barques et les marchandises qui allaient directement à d'autres ports sans passer par Venise, étaient séquestrées. En outre des réclamations pour la liberté du commerce, le pape protestait aussi contre le capitaine du Golfe, l'accusant de ne pas faire la police de la mer contre lescorsaires.il fit présenter un mémorial au Doge à ce sujet, et, le 6jum 1681, Jacobelli lui répond : <^ Sa Sérénité ne m'ayant pas permis de lui remettre moi-même le mémorial de S. Em., par son ordre je le lui fis parvenir par le vicaire de St Marc et Sa Sérénité a Vépondu qu'elle et la République ont grand intérêt à maintenir la sûreté sur la mer contre les barbaresques ; que toutefois on a envoyé de nouveaux ordres au capitaine du Golfe et, qu'en tout cas, je pourrais me rendre aux portes du Collège pour réclamer ».

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