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LE SÉNAT FAVORABLE AU PAPE

ment, mais que les tentatives faites auprès du Sénat n'avaient pas abouti et que l'on attendait quelque ouverture ou lumière de Rome pour prendre une décision. And. Valiero se propose de parler la semaine prochaine dans l'espoir d'arriver à un résultat, si de Rome vient quelque chose de clair (i).

Le i^'" août, Jacobelli mande que dans le Pregadi on a lu le projet de la lettre à Ottoboni ; que le Sénat a appris avec reconnaissance le transfert de Mgr Gradenigo à Brescia et que l'on apprendrait avec non moins de satisfaction qu'il soit pourvu à d'autres églises vacantes. Nie. Micheli demanda l'exclusion des papalini et proposa ensuite de donner l'ordre aux deux cardinaux vénitiens de dire au pape que le Sénat ne veut pas installer Cosmià Spalatro si on ne désigne d'abord le pensionné afin d'enlever au pape tout espoir, autrement il ne fera pas de préconisation, ajoutant que c'est aux cardinaux à en faire les propositions ; Micheli conclut en disant qu'il avait pleine

(i) Le 25, il mande que le Pregadi de jeudi dura cinq heures pour l'affaire de Spalatro. And, Valiero a beaucoup parlé, mais sans résultat n'ayant eu dans le premier ballotage que 105 voix en faveur contre 42 négatives et 28 non-sincères; et, dans le second, 107 en faveur contre 34 négatives et 33 non-sincères ; Micheli s'est opposé et a prononcé un discours artificieux et venimeux, auquel ont répondu le Savio BuzinI et le Proc. Grimani ; ce dernier a dit, en pleurant presque toujours, que les raisons de Micheli se reposaient sur des bases artificieuses et diaboliques ; le Proc. Sagredo, Savio, a parlé aussi contre Micheli. Le lendemain, le Doge ayant poussé Valiero à reprendre l'affaire, il lui répondit de n'en avoir pas le courage car les 70 voix semblaient être fixes et qu'il craignait de tout faire tomber. En public, on dit du mal de ceux qui voteront contre ; on les appelle abjects, méchants et ignorants, et on répète que le Sénat est composé de 105 bons, de 34 mauvais drôles, ceux qui refuseront et de 33 ignorants, les non-sincères. Tout l'espoir est dans l'autorité du Proc. Gen. As Giustiniani durant sa semaine, car Mgr Cosmi a trouvé trois exemples de suppression des ristrettezze (à l'obligation de ne point dépasser un certain laps de temps pour la présentation d'une affaire et avoir une décision) à savoir : la dérogation pour le retour des jésuites, par le cadeau à Mgr Villa, et enfin pour l'agrégation de certains nobles après ia guerre de Candie. Aujourd'hui, ajoute-til, est. venu le P. Inquisiteur me présenter les sentiments de plusieurs des bons sénateurs, qui supplient le pape d'être un véritable père et de ne point laisser souffrir les bons.

confiance dans le zèle et la justice de S. S. Le savio Ruzini lui répondit qu'il n'était pas juste de demander au pape la nomination aux églises, du moment que l'on n'accorde pas celle de Spalatro ; et moins encore de faire allusion au refus du Sénat, car les ballottages prouvaient le contraire. La proposition Micheli ayant été mise aux voix elle n'en a obtenu qu'une favorable ; 50 furent non sincères, et toutes les autres négatives. Les Savi toutefois veulent que dans l'assemblée on (^écide d'écrire à Ottoboni en demandant que l'on enlève aux moines la direction des monastères de femmes^pour la donner aux évêques, afin de donner au cardinal l'occasion d'obtenir de S. S. quelque déclaration qui permît de reprendre la question. Jacobelli ajoute, au sujet des ballottages, qu'il y a des exemples qu'après le troisième ou le quatrième, les voix non sincères ne doivent plus être comptées; que l'on fait des recherches dans la Segreta. Lando se prépare pour la prise de possession des évêques.

Le 8, il ajoute: «j'ai exécuté les ordres de V.Em. auprès de l'Inquisiteur, mais l'avis qui parvint plus tard d'Ottoboni au Sénat fut public dans toute la ville et provoqua une joie universelle.Il est impossible de dire combien on a loué la magnanime résolution de S. S. et ses bénédictions au peuple et à la noblesse; le chev. Micheli, qui était le Savio de semaine, a dit dans le Conseil que c'est lui qui présentera la mise en possession ; sa proposition passa sans opposition à l'exception de quatre voix non sincères et une négative. Après la lecture de la lettre au Pregadi le Procureur Sagredo dit publiquement : le pape a fait une action grande et généreuse et il a dix fois plus de cervelle que nous tous. On a fait bien des propositions, mais on décida de renvoyer toute décision à la semaine prochaine sur l'avis du Savio Valiero. Dans le Pregadi de ce soir on a décidé -d'écrire à Ottoboni afin qu'il demande une audience à S. S. pour le remercier de la faveur accordée au Sénat, en employant les expressions les plus respectueuses ». Et, le 15, il écrit que A. Valiero a proposé l'envoi de la lettre de remerciment pour la promesse de la pension, mais comme il y a beau-

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