SATISFACTION DONNÉE AU PAPE
coup d'absents pour cause de maladie, on a écrit aux cardinaux de répéter dans la lettre les mêmes expressions qui ont été faites le soir dans le Pregadi. « Le confesseur du Doge m'a dit, écrit-il, que Sa Sérénité se plaint de ce que Zoilo n'ait pas encore présenté ses bulles ; on ne comprend pas ce retard car on ne peut rien décider s'il ne les présente pas ».
Le 15 août, Cybo, lui écrit :
V. S. non parla cosa alcuna del foglio, che le fu trasmesso sotto il primo di questo mese, circale bugie dette nell' arringa del Micheli, e Ira le altre, che par non baver Sua Santità soccorsa la Polonia era convenuto a questa di far la pace vergognosa col Turco. Ne invio con questa il duplicato perche ella possa spargerne opportunamente le notitie, e smentire l 'arringa tore.
E anche da avvertirsi che fu giâ esposto in Senato da persone astute, e maligne, subornate, per quanto si congettura, da gente che pratica questa corte, usare il Papa grande ingiustitia alla Repubhca ricusando di trasferire a preghiere di lei mons. Zollio ad altra chiesa, mentre per incontrar le sodisfationi del duca di Parma non hebbe difficoltà di trasferire da Parma a Genova mons. Gentile. L'inganno è palpabile. Gentile era semplicemente destinato a Parma. Nel rimanente non era ne pure esaminato per esser vescovo, e viveva in stato di semplice frate, ove all'incontro mons. Zollio è stato proposto in concistoro, e consecrato vescovo di Crema. Si vaglia V.S. délie notitie, se occorrerà.
Et, le 22, Cybo écrit encore :
La presa poco fa seguita di una barca d'oglio, e l'esattione del datio fatta da Venetiani, con esempio non più udito, dentro il porto d'Ancona contro le galeotte Ragusee, hanno recato qua gran stupore. V. S. ritrovi il padre Inquisitore, e gli ordini che riconvenga quel Signori ad istanza de quali egli impetro per mezzo di V. S. da Sua Santità l'abolitione délia pensione di Spalatro, interrogandoli, quai legge, e quai usanza di gratitudine sia questa, dopo di baver riportata una gratia cosi segnalata, pagarla con una si grave ingiuria.
Le 29, Jacobelli annonce que les deux cardinaux ont transmis les plaintes du pape contre la prise de la barque et on espère qu'elle sera restituée (i). Et, le 5 septembre, il annonce
(i) Et, le même jour, il informe qu'à la suite des réclamations d'Ottoboni, on voulait lui envoyer un rapport sur les contrebandes de Trevisono, mais
que, au sujet du fait d'Ancône, on a écrit énergiquement au capitaine du Golfe; et on a même voté de l'envoyer à Peschiera, ce qui serait une punition. Et, le 24 octobre, Cybo informe qu'Ottoboni a annoncé qu'on a ordonné la restitution des droits sur les barques de Raguse, payés dans le port d'Ancône au capitaine du Golfe ; et S. Em. a ajouté qu'il est question d'infliger une notable mortification au capitaine (i).
Le 2 janvier 1683, Jacobelli écrit : « une personne de la confiance du Doge m'a dit que Sa Sérénité veut faire quelque tentative pour se rapprocher de Rome, à présent que dans le Collège tout le monde a de bonnes intentions ; les adversaires en sont sortis et restent Pietro Valiero, Federigo Cornaro et le Proviseur Vei^iero ; les trois nouveaux sont : le Procureur Da Mosto, Michèle Foscarini et Paolo Morosini animés de sentiments droits. Ici on traite en secret la mission du prince d'Esté ». Et, le 23, il ajoute que le confesseur du Doge lui a dit que Sa Sérénité se plaint de voir qu'il y a des personnes qui lui sont contraires à Rome, parce que S. S. a l'idée fixe de ne pas concéder la préconisation des évêques aux cardinaux vénitiens. Il conclut que peut-être S. S. pour-
comme la restitution des barques avait été proposée, il a été décidé de ne pas l'octroyer sans une demande de restitution, car ce serait porter atteinte à la domination de la République sur le Golfe. A tous égards on a désapprouvé le fait d'Ancône, quelques sénateurs ont traité le capitaine du Golfe de fanfaron, disant qu'il veut mettre la discorde entre le pape et la République. Le capitaine prétend que le fait a eu lieu près d'Ancône, mais non dans le port. Et, le 17, Jacobelli ajoute que le capitaine pour justifier la saisie des barques de Raguse, dit que les matelots sans opposition, offrirent de payer les droits. Ici tout le monde est absent et l'on ne pourra pas prendre de décision.
(i)Le 26 septembre, Jacobelli écrit : « dans le Pregadi on avait lu le rapport du général en Dalmatie au sujet du fait de Zcmonigo. et les raisons des Morlacques pour empêcher les Turcs de se mettre en possession des biens qui sont en question, faisant ressortir que les Morlacques sont provoqués par les Turcs. On a écrit au Bailo à Constantinople, de dire que ces populations sont indomptables, et en l'engageant à arranger l'affaire même avec de l'argent, de crainte que le gr. vizir en prenne prétexte pour ses prétentions sur Glissa ».