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DÉCÈS DU NONCE AIROLDI

rait faire cette autre concession à la République, bien que le pape l'ait aussi refusée à la reine de Suède (i).

Le 13 mars, il informe Cybo, qu'étant allé au S^ Office le Proc. Grimani lui a dit : « n'arrivera-t-on pas à s'accorder » ? « J'ai répondu que c'était la République qui mettait des obstacles bien que S. B. eût offert des ouvertures ; que même dernièrement on n'a pas répondu à l'offre de l'empereur. Grimani s'est approché et m'a dit à l'oreille, afin de ne pas être entendu par d'autres : cette affaire doit s'arranger en privé, car on craint d'exciter les soupçons de la France. Il m'a fait dire ensuite par ses amis, d'en écrire à V. Em. pour que Rome procure quelque motif, ce qui permettrait aux Savi, qui sont déjà bien disposés, d'avoir un prétexte pour reprendre l'affaire ».

Le 10 avril, Jacobelli ne doute pas que la nouvelle de \s mort de Mgr Airoldi sera parvenue à S. Em. et il informe qu'il en a donné de suite l'annonce aux portes du Sénat ; qu'aussitôt par un des secrétaires on lui a fait part d'expressions de regrets non ordinaires. Mais il fait observer à Cybo que, par suite du décès du nonce, cessent toutes les facultés qu'il tient et que le nonce lui délégua à son départ; « j'ai suspendu, écrit-il, de faire acte de grâce et de justice, mais comme en ces jours sont nombreux ceux qui se présentent pour l'absolution de censures, je demande de quelle manière je dois me régler. Il y a eu deux précédents : celui de Mgr Aguccia mort en 1632 et de Mgr Cesi décédé en 1646 ; on expédia un brevet à l'auditeur et je remets la copie d'un de ces actes (2). Ici, il y

(i) Mais, le 30, Cybo lui répond :

Il pretender che fanno alcuni di cotesti Sig" che la preconizazione de vescovati dello Stato sia una prerogativa dovuta à i soli cardinali Venetiani, è scnza alcun fondamento, montre in ogni tempo tal funzione è stata dai Papi commessa à chi è loro piaciuto. Sia questa prat»ca de suoi antecessori vuole S. S^-^ che restino le cose per non privar se, et i successori di una libertà cosî giusta, e non lasciarsi prescrivere la legge in un affare che deve unicamente dipendere dal suo arbitrio.

y2 Informatione di tutto ciô che successe nella vacanza délia Nunziaturo per la morte di Mons. Agucchia del 1633.

en a qui mettent en doute la validité de mes actes, et comme j'ai accordé quelques grâces je prie de vouloir les sanctionner afin de dissiper tout scrupule ».

Le 17, Jacobelli informe qu'aussitôt reçu les lettres de S. Em. il en a fait parler à Grimani, qui lui fit répondre de ne pouvoir assurer positivement,qu'après l'accomplissement de la préconisation des deux églises, le Sénat accordera les satisfactions dues, que je devais connaître la constitution de la République, mais que, moralement, il le croyait et que du reste il ferait son possible. « Il m'a fait dire qu'il parlera aux autres Savi touchant le Quartier, surtout après le succès obtenu du côté de l'Espagne, toutefois sous la condition que, si le Quartier

Morse l'anno 1632, po Gennaro Mons. Agucchia nunzio di Venezia nella Terra délia Motta, dove s'era ritirato per causa délia peste, che crassava in questa città, per non esservi ail' hora nella Nunciatura Auditore, ma solo Antonio Massani Segretario : a questo dalla S. mem. d'Urbano VIII fu spedito un Brève di potere essercitare tutte le faeoltà di Mons. Nunzio in data delli X (jennaro del detto anno, corne dalla copia di esso Brève segnato Icttera B. In vigore del quale, senza che fossiî mai licentiato dall' Ecci"o Collegio, egli esscrcitô sempre le faeoltà di Nunzio nelle materie gratiose. Ma perché esso Antonio Massani non era capace di essercitare le materie contcntiose, forse per non essere dottore, nel fine del detto mese di Gennario 1632, fo spedito altro Brève dalla S. mem. di Urbano, nel quale si commisero a Mons. Savio Vescovo di Feltre le sole materie contcntiose, quai Brève apparisce licentiato nel mese di Giugno 1632. Doppo quai tempo Mons. Savio principiô ad essercitare la Giudicatura perche forse per causa délia peste sino a quel tempo non si tenue il Tribunale aperto, e si trova dà libri délie speditioni, e degl' atti, che doppo ambidue essi Delegati, uno nelle materie gratiose, e l'altro in quelle contcntiose, sino alla venuta di Mons. Nunzio Vitellio che fu del mese di Settembre et il suo Brève apparisce spedito in Roma li 31 Suglio di detto anno.

Del 1646 seguî la morte qui in Venezia di Mons. Nunzio Cesio, et il suo Auditore, che era Silvio de Archangelis, parimente essercitô sempre tutte le faeoltà di Mona. Nunzio, come specialmentc Delegatoper Brève Apostolico, quale perô non si trova registrato ne libri, délia cancelleria, ma necessariamcnte vi dovettc essere, perché egli in tutto il tempo délia vacanza si intitolô = Sylvius de Archangelis ad munus Nuncii Apostolici in civitate, et toto Sermo DD. Venetorum Dominio Intérim a SS^o D"o Nostro Papa specialiter Deputatus.

BREF A l'auditeur JACOBELLI. 287

se rétablissait, la République l'aurait aussi. Il ajoute, à ce propos, que S. B. pourrait faire la déclaration que l'ambassadeur de la République jouira en tout temps des mêmes prérogatives que ses collègues. Touchant Zoilo, Grimani croit que son installation pourrait passer en se servant du moyen terme : d'écrire à Ottoboni que le Sénat a mis fin à cette affaire pour satisfaire S. S., bien que Zoilo n'ait pas été préconisé par les vénitiens. Comme pour les autres évêques, on croit que, sauf quelques exceptions, la préconisation a été toujours faite par des cardinaux vénitiens ; on espère que S. B. pourra accorder la même grâce à l'avenir, cela serait le plus opportun pour vaincre toute difficulté. Quant aux barques et aux huiles Grimani ne doute pas que l'on donne satisfaction au pape. Enfin, Grimani a dit en terminant que, ces derniers jours, il a toujours trouvé les meilleures dispositions ; il m'a aussi donné sa parole de me tenir au courant » (i).

Le 24, il remercie de l'envoi du bref par lequel on lui concède l'administration de la nonciature ; il en fit parler au Doge qui en fut content et lui fit dire de le présenter au secrétaire Cavanis. J'ai suivi le conseil ; le bref fut porté à la Consulta et les Savi l'ont remis au Collège. On s'attendait à ce qu'il fût de suite licencié, mais Nicolo Micheli parla contre. Tout en se déclarant favorable à la personne de l'auditeur il s'y opposa, dans la crainte que, de cette manière, le pape renonçât à la nomination d'un nonce, et, dans la discussion, il allégua un précédent qui n'existe pas. La crainte de n'avoir pas un nonce paralysa un peu l'assemblée

(i) Et, le 24, il écrit que, touchant les plaintes du card. Légat de Ferrarc, on répond, qu'au contraire, c'est la République qui a motif de se plaindre car les nouveautés viennent de Ferrare ; entre autres on cite le fait que l'on y donne refuge à un bandit de la République, ce qui l'oblige à tenir armée une barque pour empêcher les incursions de ce bandit ; et enfin qu'on a brûlé la barque de cannelle parce que l'on savait quelle tenait cachée en contrebande de l'huile du juif ferrarais Vita et d'un certain Trotti, métayers de terres aux frontières. « Afin de pouvoir réfuter tout cela avec fondement, j'en ai écrit au cardinal Légat, »

et tout fut suspendu,même la licence que demandait le patriarche pour publier l'Indulgence, selon la lettre que j'avais reçue du cardinal Carpegna ; j'écris en chiffre » (i). Et, le même jour, il écrit : « Grimani m'a fait savoir que ce qui est arrivé hier soir n'est pas un malheur et qu'il espérait vaincre l'obstacle soulevé par Micheli touchant l'envoi d'un nonce ; si N. S. le nommait cela ferait bon effet, car on le désire beaucoup. C'est Soranzo qui veut proposer la licence du bref et de l'Indulgence ; et le P. Emo m'a fait demander si j'ai des précédents à citer, car il a été chargé par les Savi d'écrire que le bref doit être accepté. On m'a dit, conclut-il, que l'on n'écrira pas à Ottoboni à propos du bref, mais seulement de l'incendie de la barque des cannelle et comme d'un incident qui peut arriver dans toute localité de frontière ».

A la même date, Cybo lui répond que « N. S. a bien apprécié le bon désir du procureur Grimani touchant les affaires avec Rome, mais il faut avertir que dans le chiffre à V, S. on n'a pas dit de pourvoir à deux églises, mais seulement à une ou deux selon la volonté de S. S. On doit enlever au Procureur tout espoir à propos du Quartier, qui n'est qu'une pure usurpation introduite depuis 20 ans environ. Le pape n'en tolérera l'usage à n'importe quel représentant qui viendra à Rome. Au sujet des présentations aux églises, Grimani se trompe en croyant qu'elles ont toujours été faites par des cardinaux nationaux ; N. S. ne pourrait donner ce droit à la République, voulant se conformer à ce qu'ont fait ses prédécesseurs. S. B. a dit tout cela à Ottoboni, afin qu'il en écrive au Sénat » (2).

(i) Le 24, il avertit Cybo que le card.Carpegna lui ordonna d'envoyer une circulaire aux évêques de la nonciature les invitant à publier l'Indulgence plénière. Après la mort du nonce, j'en ai porté une copie au patriarche, qui croyait qu'elle ne rencontrerait pas de l'opposition, et, dès l'arrivée de mon bref, il en fit instance auprès du Proviseur da Mosto, Savio de la semaine, mais, remise au Pregadi, l'instance fut considérée comme dépendant du bref et aussi suspendue.

(3) Le ler mai, Jacobelli répond que l'on a bien précisé à Grimani : préconisation d'une ou deux églises mais selon la volonté de N. S,, et lorsque V. Em. aurait l'assurance que le Sénat accordera Crema. Quant à la préco-

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