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LE SÉNAT REFUSE LA LICENCE DU BREF

Le i'^'' mai, Cybo répond que S. S. a trouvé étrange qu'à Venise on veuille tarder à reconnaître ce que N. S. a gracieusement concédé au bénéfice des âmes de cet Etat, d'autant plus que le bref qui donne cette concession est conçu dans les mêmes termes que ceux expédiés après le décès des nonces Azucchia et Cesi, et que la République a admis sans difficulté (i).Et,le 8, il déclare ne pouvoir que répéter qu'Ottoboni a été averti du bref et qu'on ne le lui a pas remis pour ne pas l'importuner. «A V. S. il ne reste qu'à connaître ce que fera le Sénat ».

nisation, j'ai dit que S. S. voulait suivre le style de ses prédécesseurs. Du reste Grimani, plus tard, m'a fait répondre qu'Ottoboni avait écrit dans les mêmes termes ; que tout le monde avait été content de cette lettre et qu'on lui répondait de s'insinuer pour l'accord ; le Procureur a ajouté qu'il écrivait au cardinal en privé pour l'encourager à continuer ses démarches. Le Doge m'a répété les mêmes choses, et, lui ayant fait demander si je pouvais me présenter aux portes du Collège, il m'a fajj; répondre que cela n'était pas nécessaire car il avait remis mon écrit aux consulteurs pour avoir leur avis comme d'habitude ; qu'enfin il espérait en Dieu que tout s'arrangerait, surtout si par l'ordinaire arrive une lettre d'Ottoboni aussi agréée que la dernière. Il paraît que sa Sérénité a trouvé qu'à Rome on avait manqué en n'avertissant pas Ottoboni de l'expédition du bref et remis à moi avec la concession de l'indulgence ».

(i) Mais, le même jour, Jacobelli lui expédie deux lettres : la première annonce que dimanche sera publiée l'Indulgence et, dans la seconde, il prévient que son bref a été présenté au Pregadi et a eu 50 voix favorables, 9 pour la suspensive de Micheli et 70 non sincères. Micheli a exprimé de nouveau la crainte que, comme le bref accorde toutes facultés à l'auditeur, on ne nommât pas le nonce; mais Lando a répliqué avec énergie; il déclara qu'il était nécessaire pour Venise que la nonciature fut ouverte, étant impossible de recourir toujours à Rome. Il sera donc bien difficile de refuser la licence. «Le comte Délia Torre m'ayant-dit que le Doge aussi trouvait que le bref n'était pas rédigé dans les termes ordinaires, j'ai fait voir l'équivoque en citant ce qui se fit en 1632. J'ai demandé ensuite si je devais en présenter un mémoire aux portes du Collège ; l'ambassadeur me dit que le Doge avait fini par se déclarer satisfait et lui avait assuré que tout sera repris. On a réuni les consulteurs ; on y appela le Primicerio de S^ Marc pour avoir des explications touchant les facultés accordées dans le bref ; et on a fini par licencier l'Indulgence sans parler du brel.

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Le 8, Jacobelli informe que l'Indulgence a été ouverte dans l'église de S*^ Marc durant trois jours; que le Doge y a pris part avec le Collège et un grand concours de peuple pour implorer l'aide divine contre les Turcs (i).

Le même jour, il répond qu'on ne parle plus du bref, que toutefois le Collège a discuté sur la manière d'en obtenir l'acceptation par le Sénat. On espère dans les réponses d'Ottoboni, car on l'a chargé, d'ordre public, de rapportera N. S. les expressions de respect de la République et de son désir de reprendre les anciens rapports. Le Sénat, satisfait de la déclaration touchant le nonce, a décidé ce soir qu'il sera reçu dans la manière habituelle. « Le Savio Giustiniani m'a fait dire, écrit-il, que, même si la lettre du cardinal ne contient pas la désignation du nonce, mais que l'on ait la certitude que S. B. le nommera, il espère que le Sénat acceptera le bref, quoiqu'on ait décidé d'attendre la semaine du Savio Lando pour qu'il puisse répondre à Nicolô Micheli si celui-ci renouvelle son opposition ; on équivoque sur le bref tandis qu'il est pareil à celui qui fut envoyé après la mort de Mgr Cesi. Grimani m'a fait dire d'assurer à S. S. que tout le monde ici veut l'accord ; mais qu'il serait opportun que la République eût une déclaration positive du pape que l'ambassadeur vénitien jouira de toutes les prérogatives des ambassadeurs royaux qui viennent à Rome ; on ne se contente pas de ce qu'a écrit Ottoboni touchant les pontifes futurs, car si ceux-ci permettent le Quartier aux ambassadeurs qui n'y ont pas renoncé, la République devrait avoir le même traitement, d'autant plus qu'ici on dit que l'Espagne n'accepte pas l'abolition du sien si la France n'y renonce aussi » (2). Le 15, Jaco-

(i) Le 32, l'abbé Borghi remercie S. Em. de ce qu'on lui a alloué 17 écus par mois pour son entretien comme secrétaire de la nonciature.

(2) Le 15, Cybo lui ordonne de s'abstenir de parler du bref, n'étant pas de la dignité d'insister sur cette demande. « Ottoboni n'a présenté ici à S. S. aucune des expressions de respect envers N. S. que V. S. dit que le Sénat aurait chargé S. Em. de faire part. Le pape a toujours désiré jàe reprendre l'ancienne correspondance avec la République, et n'a demandé que la pure justice. S. S. ne parlera plus du Quartier ; elle s'étonne que l'on s'obstine à appeler prérogative ce qui n'a aucun fondement. »

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