‹ Innocent XIChapitre 12 sur 430 · LA QUESTION DU CEREMONIAL. 3I · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU CEREMONIAL. 3I

trouvant suffisante la lecture du bref de nomination (i).

Le 18, Bonvisi écrit : que des difficultés surgissent touchant les visites entre lui et les ambassadeurs. « Celui d'Espagne étant venu chez moi (2), je l'ai reçu comme à l'ordinaire en soutane et mozzetta, en disant que je lui rendrais sa visite : il déclara qu'il me recevrait, mais qu'auparavant il désirait savoir de del Carpio quel était le cérémonial en usage à Rome. J'ai répondu que je pouvais le renseigner : que la première visite aux ambassadeurs se fait avec rochet couvert, mais qu'ici on pratique le cérémonial de Vienne, et qu'ont pratiqué les cardinaux de Hesse et Albrizio vis-à-vis des ambassadeurs; que du reste si on voulait le cérémonial de Rome pour une chose il faudrait l'adopter pour toutes. A Rome, les cardinaux et les" ambassadeurs ne se trouvent pas sur le même banc. L'ambassadeur a fini par se contenter. Le 25, il ajoute que les difficultés continuent mais qu'il tient ferme (3). Le 21 février.

(i) En attendant, le 17, Cybo lui avait répondu que jamais on n'avait envoyé de tels brefs, et que le maître des cérémonies avait dû prendre une équivoque. V. Em. a bien fait de gagner du temps ; et si S. M. a toujours le même scrupule, V. E. pourra faire usage du bref ci-joint. Elle doit toutefois le garder et ne le produire qu'au cas de n-^cessité absolue. Et, le même jour, il ajoute que ce fut une erreur de Servantis d'appeler dans l'instruction à l'abbé Spada, bref de commission, celui qu'on a l'habitude de lire avant de donner la Barrette, tandis que ce n'est que le bref de nomination au candidat. Et, le 31, il lui répond aussi que N. S. a été satisfait d'apprendre que l'empereur s'est décidé à lui donner la Barrette sans le bref : «et V. Em. peut le renvoyer afin qu'il ne reste pas de trace pour l'avenir. »

(a) Le II, il avait informé qu'il y avait eu un incident entre l'Ambassadeur d'Espagne et le duc de Lorraine ; celui-ci ayant dit à S. Exe. qu'il désirait lui parler dans un lieu neutre, l'ambassadeur demanda la raison de ce changement, que s'il voulait lui refuser la main il lui refuserait le titre d'Altesse partout où il le trouverait. P. S. le maréchal de Cour, d'ordre de l'empereur, dit à moi et aux ambassadeurs, que c'est par mégarde qu'on a mis le tapis devant la tribune du duc de Lorraine dans la chapelle impériale.

(3) Le ler mars, il répète que tout en maintenant son droit touchant le costume pour les visites, il traite avec les ambassadeurs dans les chapelles ; celui de Venise attend les renseignements demandes par l'Espagnol à

Cybo approuve Bonvisi d'avoir parlé à l'empereur de la conduite du duc de Lorraine qui lui a refusé ce qu'il accorde aux ambassadeurs, agissant ainsi contre ce qui est dû au nonce sur les ambassadeurs (i). Et, le 21 mars, il lui répond (2) qu'il pourra dire à S. M. à propos de sa demande pour la nomination d'un cardinal national, qu'en son temps le pape aura égard à son désir.

Le 22, Bonvisi informe que l'impératrice Eléonore va en Tyrol ; on dit que c'est pour se rapprocher de la reine qui doit accoucher ; mais on croit que c'est plutôt pour veiller à ses intérêts en Italie et pour lesquels Vailardi est ici. On dit aussi qu'elle se rendra en pèlerinage à Lorette, mais l'empereur ne le permet pas à cause des frais.

Le 5 avril, le cardinal Bonvisi écrit :

Sapendo, che i SS""' Ambasciatori ricuseranno di pigliar la mano manca da me, se il Sig"" Duca di Neoburgo seguita à l'esempio del Sig'" Duca di Lorena, col pretesto dell' ugnaglianza coi principi, ancorche gli ambasciatori diano la mano ai consiglieri di Stato, et à i camerieri, non dandola i principi, il che dimostra che non procède in tutto la parità, stimai bene di rappresentare à S. M^^, che mentre S. B^

Los Balbases. « Je tiens bon voyant que même en Espagne Mellini a des difficultés avec les ambassadeurs. » Et le 28, Cybo lui répond qu'il n'a rien à dire sur le cérémonial touchant le costume que les cardinaux portent habituellement dans les visites aux ambassadeurs ; quant aux autres points, Hocher et les ministres se seront convaincus qu'il ne s'agit pas de prétentions, mais des justes ordres de N.S.et dont il a demandé la reconniassancc au card. Pio.

(i) Le 7, Cybo avait chargé Bonvisi des félicitations du pape pour la grossesse de l'impératrice, la conseillant de prendre des précautions en allant à la chasse, l'assurant de la paternelle affection de S. S.

(2) Le 1er mars, Bonvisi annonça à Cybo que S. M. lui avait parlé du comte de Valdstein comme futur cardinal allemand, à présent que de Hesse est mort, « mais j'ai répondu que quoique cette affaire ne soit pa^ de mon ressort, je ferais part à Rome du désir de S. M. ; toutefois j'ai observé que dans les circonstances actuelles l'empereur ne devait pas s'étonner si l'on devait attendre ».

LE P. MARCO d'avIANO A VIENNE. - 33

s'interessava tanto nei vantaggi dei principi di Neoburgo, speravo che il S"" Duca di Neoburgo non vorrebbe seguitare l'esempio del Sigr Duca di Lorena, e che haverebbe trattato con me conforme ail' antico ceremoniale del Sacro CoUegio, e S. M'^ mi rispose, che quando anche S. A. non havesse trovato l'esempio, stimava, per i discorsi altre volte fattili daS. A., ehe non vorrebbe trovarsi con alcun Cardinale senza il trattamento pari, perche solo dai principi d'Italia si consentiva alla disuguaglianza, e che fuori non era ammesso questo stile ; risposi esser questa una novità troppo pregiuditiale al Sacro CoUegio, e molto piià à S. S^'S che conferiva questa gran dignità ; non esser minori i principi d'Italia di quelli di Germania, e la dignità cardinalitia esser l'istessa in ogni luogo. Non costarmi che alcun Cardinale havesse ceduto à questo punto, ne introdotto cattivi esempij in Germania, e che se pure l'havessero fatto i nationali, questo forse haverebbe obligato ad andar più considerati nel promuoverli, se non ni fosse saputo corne sarebbero trattati, per non pregiudicare à tutto l'ordine. Che questo era un toccare la pupilla delli occhi délia S. Sede, e che non havrebbe giovato agi' interessi dei figlioli del Sig"^ Duca di Neoburgo, il mettersi egli ancora in questa pretentione.

Le 2 mai, Cybo informe que l'ambassadeur césarien de Venise ayant fait part du désir de S. M. de voir à Vienne le P. Marco d'Aviano avant qu'il aille à Madrid, comme il en a eu la permission, N. S. non seulement y a consenti, mais lui a encore accordé, au bénéfice du peuple de Vienne, de donner l'indulgence plénière à tous ceux qui prendront part à la communion générale que l'on fera, selon la pieuse habitude du dit religieux, en un jour à destiner ; et il lui transmet un bref pour qu'il soit conservé (i).

(i) Le 24, Bonvisi répond que l'empereur a été bien consolé en apprenant que S. S. a permis au P. Marco d'Aviano de venir à Vienne avant son départ pour Madrid ; « et aussi à propos du bref pour les indulgences, que je remettrai au Père à son arrivée. » Et, le 7 juin, il annonce :

Arrivô martedî sera il P. Marco d'Aviano, et hiermattina fô da me, e li diedi moite notizie, con le quali potesse esercitare il suo zelo nell' Audienzc particolari,che haverà da S. M ,egli le gradi,mà mi disse, che non bisognava pensare à quello che si doveva dire, ma lasciarsi guidare dalle inspirazioni

Innocent XI. — III. 3

Le 30, Cybo mande à Bonvisi : « que Los Balbases soit convaincu ou non de l'inconsistance de ses observations, jamais V. Em. ne devra tolérer quelque préjudice à la dignité de son caractère et â sa prééminence ; et du moment que ce n'est pas l'habitude que-les cardinaux portent le rochet, soit en recevant les ambassadeurs, soit en leur rendant visite, V. Em. ne doit rien changer à ce sujet. Si les ambassadeurs s'obstinent à ne pas vouloir se conformer à l'ancien usage, V. Em. ne cherchera pas de tempérament parce qu'aucun ne recevrait l'approbation de N. S. ; du reste il semble tellement décidé sur ce point que je crois inutile d'en écrire davantage » (i). Le 4 juillet, Cybo déplore que l'évêque de Vienne soit souvent affligé de souffrances, et qu'ainsi viennent à manquer les exhortations, de la part d'un sujet grandement zélé et écouté de S. M. Le 11, il transmet la circulaire à tous les nonces.

L'Asscmblca del Clero hà publicato aile stampe un altra lettera sotto li 6 di Maggio passato, diretta a S. S., c vuol che si crcda cssersi vediita dalla StàSua Hà parimente divolgata una protesta fatta contro i Brevi Pontificij, volendo parimente, che si creda, esser questa stata intimata ail' Abbate Lauri, Auditor délia Nunziatura in Parigi.

È falsissima l'iina, e l'altra, ne à N. S>"e fu renduta mai detta lettera, anzi ne pur presentata ad alcun Ministre Apostolico, ô ad altri per rendcrsi à S. Bne Ne air Abbate Lauri fù fatta mai, benchè tentata detta intimazione, di che il medesimo si è dichiarato, a l'hà fatto costare in Parigi.

dello Spirito Santo, Viddi in lui gran modestia, et humiltà, accompagnata da ottimi sentimenti, e spero gran bene dalla sua venuta ; Credo perô che rindulgenza non si publicherà prima del ritorno di S. M., e rassegnando à V< E. la mia puntual obedienza,le bacio etc. Le 27 juin, Cybo lui répond que N. S. s'est réjoui de l'heureux voyage du P. Marco d'Aviano, ainsi que des nombreuses notices que la prudence de S. Em. lui a fournies et dont il pourra se valoir à la plus grande gloire de Dieu et à l'avantage de ces peuples et à la satisfaction de la Cour césarienne.

(i) Déjà, le 2 mai, Cybo avait écrit : « Le mérite du long et fidèle service dans la science militaire du comte Paolo Ceschi de Trente, peut contribuer, ainsi qu'il le désire, à l'obtention de quelque charge dans cette branche. Il désire une recommandation de ma part, par conséquent je mets en avant celle de V. Em. »

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